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Relocalisation des réfugiés centrafricains de Yakoma : Jocelyn Yambengia choisit de rester dans sa famille d’accueil
Les réfugiés sont libres de choisir d’habiter les sites apprêtés par le HCR ou de vivre dans des familles de Yakoma qui leur offrent l’accueil.
Entre les deux, Jocelyn Yambengia, qui a fui les conflits armés au village centrafricain de Ngbele, 30 ans, mère de 5 enfants, a choisi une famille qui lui a offert son hospitalité au Quartier Uele, dans la cité de Yakoma.
Rencontrée par CONGOPROFOND.NET, ce mardi 10 août, Jocelyn a raconté le périple qui l’a conduite à la frontière de la RDC. « Nous avons fui la guerre, la rébellion des anti-balaka nous a fait des problèmes », a-t-elle dit, la voix perdue dans les soucis.
Mais les raisons pour lesquelles Jocelyn NN ne veut pas de camps de réfugiés sont floues ou ne tiennent pas la route.
« Je ne veux pas aller à Modale [le site choisi par le HCR pour la relocalisation des réfugiés, NDLR]; là on nous fait travailler, on ne nous paye pas depuis que je suis ici… ».
A première vue, la réfugiée semble paresseuse ! En effet, elle argue sur les travaux domestiques qu’elle est appelée à faire pour nourrir sa famille et mise sur l’aide humanitaire.
En réalité, Jocelyn NN a trouvé l’amour chez le jeune congolais qui lui a offert son hospitalité. Elle est devenue femme et mère et attend les démarches pour avoir la nationalité congolaise avec les enfants de son premier lit.
Rappelons que les anti-balaka sont des milices d’auto-défense mises en place par des paysans en République centrafricaine. Elles prennent les armes en 2013 contre les Seleka lors de la troisième guerre civile centrafricaine.
Les milices anti-balaka sont formées en 2009 afin de lutter contre les « zaraguinas », des bandits de grands chemins et des coupeurs de routes actifs au nord et à l’ouest de la République centrafricaine.
Au cours de l’année 2013 émergent les anti-balaka, une constellation de milices villageoises qui se mobilisent d’habitude contre les éleveurs dont le bétail piétine leurs champs.
Selon une version, le terme d’anti-balaka signifierait « anti-machette », les miliciens s’affirment ainsi comme des combattants invulnérables aux machettes et aux sabres. Ces milices sont elles-mêmes essentiellement armées de machettes et d’arcs
Émile YIMBU/CONGOPROFOND.NET, Envoyé spécial à Yakoma
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
