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RDC : L’impératif de l’Union Sacrée de la Nation demeure un Combat (Interview avec Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame)
Le 23 octobre 2020, le Chef de l’État Félix- Antoine Tshisekedi Tshilombo avait lancé un appel à tous ses compatriotes, toutes tendances confondues, de se rassembler dans une Union Sacrée de la Nation, autour de principes, de valeurs et d’actions dédiés au service de la population. Cet appel a été réitéré dans son discours sur l’état de la Nation tenu le 14 décembre 2020 au Palais du Peuple. Au regard des conséquences de cet appel sur la scène politique congolaise, Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame, Cadre de l’Udps et Conseiller du Président Jean-Marc Kabund, explique à CONGOPROFOND.NET les contours et les conséquences de cette nouvelle mosaïque au pouvoir. Interview.
Congoprofond.net : Le Président de la République nommera un informateur aux fins d’identifier une coalition. Donc, votre parti Udps quitte une coalition pour une autre. Est – ce la bonne solution ?
Me Elvis Mayo Bieme : Je paraphrase d’abord le Chef de l’État qui a dit que la coalition Fcc – Cach était devenue paralysante pour l’action du Gouvernement. En effet, une des parties n’a pas su surpasser les divergences et a brillé par des animosités personnelles et ambitions individuelles en nous plongeant dans un haut degré de conflictualité. Avec l’Union Sacrée, nous sommes dans une dynamique de rapprochement politique prêt à souder les Congolais de toutes tendances. Nous avons quitté l’ancien navire pour un mouvement unanimiste qui tient plus du pacte républicain et patriotique. Le ton est donné avec la déchéance du bureau Jeanine Mabunda à l’Assemblée nationale.
Congoprofond.net : Qu’est ce qui vous rassure que la nouvelle mosaïque au pouvoir rallumera le feu de l’espoir de tout le peuple ?
Me Elvis Mayo Bieme : Partant du principe que les coalitions partisanes constituent des jeux à motifs mixtes, jamais totalement conflictuels ni coopératifs, il s’agit de comprendre comment s’articulent ces deux dynamiques contradictoires, identifiables dans les moments de constitution, d’entretien et d’évolution de la coalition. Dans le cas présent, l’Union Sacrée demeure l’une des formules magiques pour sauver la nation à ce stade. L’option prise par le Président Félix contient donc un sens acceptable pour une vision salvatrice de notre société. Voilà pourquoi il y a manifestement une grande adhésion partisane et populaire. Nous devons espérer.
Congoprofond.net : Quel a été vraiment le fondement de cet appel à l’Union Sacrée de la Nation ?
Maître Elvis Mayo Bieme : Tout ce qui relève de la politique nécessite le dialogue, la prise en compte d’autrui et le compromis. Le Chef de l’État a fait ce choix qui n’est pas simplement stratégique, mais qui le met également à l’épreuve car dans la nouvelle configuration, les affrontements ne disparaîtront pas entre partis coalisés, mais changeront de cadre et, ce faisant, de forme, devenant dès lors moins perceptibles qu’autrefois avec le FCC face auquel on avait des postures idéologiques clivées.
Congoprofond.net : Le gouvernement d’Union Sacrée de la Nation une fois formé, le travail en harmonie avec le Président de la République sera-t-il garantie ? L’Udps ne sera pas engloutie ?
Maître Elvis Mayo Bieme : La formation de coalition résultera d’une stratégie spécifique. Les équipes sont à pied d’œuvre sur les modalités et passent en revue les réalisations et les leçons apprises de la coalition Fcc- Cach. Des négociations à la mise en route, les leçons tirées de l’ancienne coalition constituent une bonne expérience pour obtenir une image plus claire des impacts positifs et négatifs quant aux rapports gouvernementaux. Tout se basera sur la stratégie coalitionnelle à adopter car il ne faut pas se leurrer, la susceptibilité d’une reconfiguration des rapports de force pourrait élire domicile. Cela nécessitera un entretien constant de cet espace de concurrence ; et l’exécutif de mon parti, l’Udps, dirigé par Jean-Marc Kabund, n’est pas du tout dans la distraction sur ce point.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
