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RDC/JAPON: l’ambassadeur Hiroshi Karube fait ses adieux à Marie Tumba Nzeza
La mise d’État, ministre des Affaires étrangères, Marie Tumba Nzeza, a reçu en audience jeudi l’ambassadeur du Japon en RDC, Hiroshi Karube, venu lui dire ses, adieux après quatre ans et demi en RDC.
A l’issue des échanges, le diplomate japonais a salué l’excellence des relations qui existent entre la RDC et son pays.
Il a vite détaillé quelques projets qui ont été développés durant son mandat en RDC. Il s’agit de la construction de INPP à Lubumbashi et à Mbuji mayi, la réhabilitation de l’INRB, les échanges des notes des plusieurs dons tels que des aides alimentaires, ainsi que les fournitures des équipements et matériels médicaux à la RDC.
*Zoom sur le diplomate et la JICA*
Hiroshi Karube fit son entrée en diplomatie en 1978 et a exercé plusieurs fonctions.
Dans son pays, il a occupé des fonctions au bureau “Affaires économiques“, au bureau “Politique étrangère” et au département “Affaires culturelles“, etc.
A l’étranger, il a servi comme ambassadeur du Japon au Pays-Bas, au Sri Lanka, au Canada et en Asie, en Republique Democratique du Congo et Congo-Brazzaville.
Quant à la coopération japonaise en République démocratique du Congo, elle remonte aux années 1970, alors que le pays s’appelait encore Zaïre.
Au cours des décennies qui suivirent, la JICA, l’Agence Japonaise de Coopération Internationale a apporté une aide vitale pour la construction des infrastructures du pays, notamment pour l’approvisionnement en eau, la santé et le développement des ressources humaines.
Le Japon a également partagé son expertise en matière de séisme sur des projets de surveillance de l’activité volcanique. Ces activités ont malheureusement été interrompues en 1991 à cause de la guerre civile.
Après les élections présidentielles de 2006, le Japon a décidé la reprise intégrale de l’aide bilatérale en faveur de la République Démocratique du Congo.
Depuis, la JICA assure une aide pour la reconstruction dans trois domaines principaux : le développement des ressources humaines en faveur des forces nationales de police afin de garantir la paix ; la construction d’infrastructures et la formation professionnelle pour le développement économique ; et la mise en place de services de santé adaptés et d’un approvisionnement en eau salubre, ainsi que l’amélioration de l’accès aux services sociaux.
Le soutien à la formation des forces nationales de la police congolaise constitue une part centrale du travail de la JICA dans le pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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UDPS 2028 : Avant même le crash, ils répètent déjà la scène du pillage de l’épave
Il fallait avoir le cœur bien accroché et le sens de l’absurde chevillé au cervelet pour suivre les derniers épisodes de la sitcom UDPS. On a d’abord vu Peter Kazadi, honorable cadre du parti présidentiel, adresser une lettre incendiaire au Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, André Mbata, oubliant au passage que l’un comme l’autre portent le même maillot.

Puis, summum du vaudeville institutionnel, ce même André Mbata s’est fendu d’un ricanement sardonique après la victoire de son poulain au Sankuru face au candidat du Secrétaire Général Augustin Kabuya, proclamant urbi et orbi que “l’Union Sacrée a gagné contre l’UDPS”. Voilà le décor planté : un parti où la victoire de ses propres structures satellites est célébrée comme une défaite de sa direction. C’est moins une scène de ménage qu’une répétition générale pour un chaos bien plus grand.
La médiocrité de ces querelles byzantines n’est pas un simple défaut de cuirasse ; elle est l’aveu public d’une impréparation stratégique qui donne le tournis. Ce théâtre d’ombres a révélé au monde entier ( et surtout aux Congolais qui attendent encore un projet structurant ) que les cadres au pouvoir ne pensent pas en termes de Nation, mais en termes de casting. Ils ne plancheront jamais sur une vision à 50 ans parce qu’ils sont incapables d’avoir une vision à 50 jours qui ne concerne pas leur propre nomination.

Leur horizon temporel s’arrête au prochain remaniement ministériel ou à la prochaine rotation des mandats provinciaux. Pas un seul d’entre eux n’a porté un débat de fond sur l’industrialisation, la démographie galopante ou la souveraineté énergétique. Non. Leur seul projet structurant, c’est de s’assurer que le voisin de bureau ne récupère pas leur fauteuil. Ce sont des court-termistes purs jus, des opportunistes pour qui le pouvoir est une fin en soi, et non le levier pour transformer un pays.
Ce qui les maintient encore dans une forme de cohésion tectonique, c’est uniquement l’aimant surpuissant de la figure tutélaire de Félix Tshisekedi. Mais 2028 n’est pas une hypothèse d’école lointaine, c’est un mur qui se rapproche à grande vitesse. Le jour où ce point de gravité viendra à disparaître du bulletin de vote, la force centrifuge actuelle n’aura plus aucun frein. Entre Peter Kazadi, André Mbata, Augustin Kabuya, Gecoco Mulumba, Nicolas Kazadi, André Wameso, Judith Suminwa et la longue cohorte des frustrés en réserve, ce ne sera pas une primaire.

Ce sera une curée. Une guerre de tranchées où chacun voudra la peau de l’autre pour hériter des ruines. Ils ont passé huit ans à ne rien bâtir ensemble, et à peine quelques heures à se déchirer pour une élection provinciale. Imaginez ce que donnera la bataille pour le royaume tout entier quand le roi ne sera plus candidat. Ce sera sanglant, et surtout, terriblement inutile pour le Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
