Education
Protection de l’enfant: Le cepef dans le travail social de rue
Le travail social de rue est une intervention en faveur des populations vulnérables ou en grandes difficultés vivant dans la rue et présentant une diversité des problématiques telles que les enfants et jeunes travailleurs, les enfants de la rue, les enfants dits « sorciers », les personnes toxicomanes, les filles prostituées ou sexuellement exploitées, les enfants et jeunes en conflit avec la loi ou privés de liberté, les personnes victimes des violences physiques, les personnes traumatisées etc.
Osée MUKOKO BUKAKA BUZANGA, chargée de communication du CEPEF
Des enfants de la rue ne sont pas tous en rupture familiale complète et certains gardent des contacts avec leurs parents (par exemple, dans des cas de décès d’enfants, il est rare que la famille ne se manifeste pas pour demander le corps). Le départ et l’éloignement de la famille se fait quelquefois progressivement (tant en distance qu’en temps d’absence du foyer), les enfants étant amenés à fréquenter la rue pour y travailler et trouver de quoi vivre, du fait de l’absence de prise en charge de la part des parents.
Certains évènements conflictuels entre les enfants et les parents ou le voisinage peuvent provoquer une rupture qui empêche l’enfant de revenir. Dans certains cas, l’intervention d’un adulte médiateur très tôt permet un retour de l’enfant en famille et évite la rupture. Les accusations de sorcellerie contre les enfants cautionnées par certains pasteurs ou simplement proférées par les parents, viennent dans 70% des cas étayer leur rejet de la part de la famille ou de leur entourage proche.
Légalement, la situation des enfants des rues est actuellement prise en compte par la Loi portant protection de l’enfant dont la particularité ne reconnait pas le vagabondage des enfants comme une infraction. Elle crée plutôt les corps de métiers de protection des vulnérables et prévoit pour un placement des enfants en rupture familiale dans une institution privée ou publique avant de réintégrer leur famille. Les chercheurs universitaires et les acteurs sociaux sous la conduite du Professeur Raoul Kienge Kienge réfléchissent sur l’évaluation de l’impact de cette loi.
Autrefois, en l’absence d’institutions adaptées et du fait de l’inexistence d’un système judiciaire spécialisé pour les mineurs, les enfants étaient interpellés par la police lors de rafles dont on ne connaît pas toujours la raison et la source, étaient directement placés en prison et quelquefois amenés dans d’autres provinces.
Le travail du CEPEF se focalise sur plusieurs aspects : L’assistance sur le terrain, l’accueil à l’abri diurne ou nocturne, la remise à niveau ou l’alphabétisation, la sensibilisation sur les infections sexuellement transmissibles La sensibilisation sur les maltraitances ou autres violences.
Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD, Psychologue clinicienne, Vice-Présidente du CEPEF
Le travail consiste à soutenir ces enfants dans la recherche des solutions alternatives à leur survie.A l’abri, à part la possibilité de passer la nuit en toute sécurité, les enfants, surtout les plus jeunes ont la possibilité de se laver, faire la lessive. Les éducateurs et les assistants sociaux sont à leur disposition en permanence pour les écouter et éventuellement les orienter pour les problèmes de santé vers les services compétents. Les enfants qui sont stabilisés sont réunifiés avec leurs familles suivant l’approche de réunification et d’autres selon le cas et l’âge sont orientés vers le centre d’hébergement transitoire en attendant l’aboutissement du processus de réunification. Les assistants sociaux sont plus dans les enquêtes sociales car ils ont la mission non seulement d’accompagnement mais plus de médiation en cas de conflit, d’orientation vers les structures spécialisées et de coordination de tous services en faveur de l’enfant bénéficiaire en leur qualité d’ experts de la mobilisation communautaire.
Le CEPEF s’assure l’accès des enfants vulnérables aux services sociaux de base et veille à la qualité des services à leur offrir pour l’amélioration de leurs conditions de vie grâce à la collaboration efficace avec les services du Ministère des Affaires Sociales et l’expertise de l’équipe du CEPEF sous la conduite de son Président Zagor MUKOKO- SANDA.
Le Secrétaire Général aux Affaires sociales,Hilaire KALUME en séance de travail avec le Président du CEPEF Zagor MUKOKO
Le travail de recherche du CEPEF conduit au renforcement des capacités des acteurs sociaux grâce aux échanges d’expériences pour capitaliser et vulgariser les expériences porteuses. Le CEPEF contribue à la protection et à l’amélioration de l’environnement de l’enfant car sa survie et son développement en dépendent. Les experts de haut niveau dont la plupart sont des professeurs d’universitésorganisent avec la participation des bénéficiaires des plaidoyers auprès de l’Autorité pour veiller au respect des droits de l’enfant.
D’autres expériences de travail social de rue se sont aussi développées en milieux urbains à travers toute la RDC.
Magalie MUKOKO BUKAKA BU- ZANGA Celcom/CEPEF
À la Une
« Bourse Bora » de Fifi Masuka : Un programme qui ouvre les portes de l’université aux meilleurs élèves du Lualaba dès 75 %
À l’occasion du huitième anniversaire de la Fondation AMANI, les jeunes de Kolwezi ont mis à l’honneur leur marraine, Fifi Masuka Saini, en consacrant une méga-conférence à ses réalisations en faveur de la jeunesse. Parmi les initiatives les plus saluées figure le programme Bora, considéré comme l’un des plus ambitieux mécanismes d’appui à l’excellence scolaire en République démocratique du Congo.
Au cours des échanges, les intervenants ont présenté les retombées du programme Lualaba Bora, qui récompense chaque année les élèves ayant obtenu au moins 75 % aux examens d’État. Ces lauréats bénéficient d’une bourse leur permettant de poursuivre des études supérieures dans les meilleures universités du pays et de l’étranger, contribuant ainsi à la formation d’une nouvelle génération de cadres pour le développement de la province et de la RDC.
Les organisateurs ont particulièrement insisté sur la spécificité de cette initiative. Contrairement à la Bourse Excellentia portée par Denise Nyakeru Tshisekedi, qui exige un minimum de 85 % aux examens d’État, le programme Bora de Fifi Masuka fixe le seuil d’éligibilité à 75 %, élargissant ainsi le nombre de bénéficiaires de l’excellence académique. Autre particularité majeure, les lauréats reçoivent une bourse couvrant cinq années complètes d’études universitaires, leur offrant une garantie de continuité dans leur parcours académique.
Pour les responsables de la Fondation AMANI, cette politique traduit la vision de Fifi Masuka Saini, qui considère l’éducation comme un levier stratégique du développement. En investissant durablement dans les talents de la jeunesse, la gouverneure du Lualaba entend créer une élite compétente capable de relever les défis économiques et sociaux de la province et du pays.
La célébration des huit ans de la Fondation AMANI a ainsi servi de tribune pour rappeler qu’au-delà des infrastructures et des projets de développement, le capital humain demeure la principale richesse du Lualaba. À travers le programme Bora, les jeunes ont voulu témoigner leur reconnaissance envers leur marraine, dont les actions en faveur de l’excellence scolaire constituent, selon eux, une source d’inspiration pour toute la République démocratique du Congo.
Victor Kalenga Nsana/CONGOPROFOND.NET
