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Nkamba : l’implication de F.Tshisekedi facilite le lancement des travaux de la route « Chemin de la passion »
Ça y est ! C’est désormais officiel. La route « Chemin de la passion » qu’avait parcourue le prophète Simon Kimbangu en 1921 jusqu’à Thysville (aujourd’hui Mbanza-Ngungu) pour être jugé par le pouvoir colonial belge sera réhabilitée. Le go des travaux a été donné par le représentant du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, Jacques Kangudia, Coordonnateur de la cellule « Changement des mentalités », lundi 12 octobre 2020 à l’occasion du lancement des préparatifs des activités du centenaire de l’église Kimbaguiste prévu, sauf changement, le 06 avril 2021. Ce, à la suite de l’implication personnelle du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi. La concrétisation de ces travaux sont une façon pour l’église Kimbaguiste, de rendre hommage aux 37.000 familles déportées entre 1921 et 1957.
« Monsieur le représentant légal, son excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi me charge d’accuser réception de votre lettre Ref/067/EJSK/CS/01/KC/12/2020 du 09 août 2020 par laquelle vous sollicitez de sa part l’autorisation de construire le Chemin de la passion de Papa Simon Kimbangu sur le tronçon Nkamba – Mbanza Ngungu et de vous en remercier. Y faisant suite, j’ai l’avantage de vous notifier par la présente l’autorisation accordée par la haute hiérarchie sans préjudice des dispositions légales et réglementaires en vigueur. Sur son instruction, il est demandé aux autorités gouvernementales qui me lisent en copie de bien vouloir prendre dans les limites de leurs compétences respectives les dispositions appropriées pour vous accompagner sur cette voix de la réalisation de la dernière volonté de vos trois illustres prédécesseurs », a écrit le professeur Désiré Kolongele Eberande, Directeur de Cabinet ai du Chef de l’État dans une lettre lue lors du lancement des activités du centenaire à Nkamba Nouvelle Jérusalem.
En réaction, le Chef Spirituel et Représentant légal de l’église de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu (EJCSK), Son Éminence Simon Kimbangu Kiangani, a remercié le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi d’avoir concrétisé une promesse de Dieu qui date de 1921.
« Nous saluons l’implication personnelle du chef de l’État. Aujourd’hui, le chef de l’État a dit cette route là qu’il (Simon Kimbangu) avait emprunté à pieds doit se faire. Aujourd’hui nous construisons également le musée. Avec la coupure du ruban, nous débutons notre fête du centenaire jusqu’au mois d’avril de l’année prochaine. Mettons-nous au travail pour la réussite de cette fête, les gens ne doivent pas se reposer pour ce centenaire, activons-nous dans tous les programmes », a-t-il lancé dans son mot de circonstance.
La demande a été faite bien longtemps depuis l’existence de nos pères, rappelle Son Éminence Simon Kimbangu Kiangani, mais Dieu a exaucé la prière en son temps, mon temps où je suis à la tête de l’église Kimbaguiste. « Réjouissons-nous, toutes nos souffrances prendront fin et c’est une nouvelle page qui s’ouvre dans l’histoire de l’homme noir », a-t-il recommandé aux fidèles de l’église Kimbaguiste venus de tous les coins de la République démocratique du Congo.
Un musée à la grandeur de l’église Kimbaguiste
Outre, le lancement des travaux de la route du chemin de la passion qui quitte Mbanza-Ngungu jusqu’à Nkamba, l’église Kimbaguiste est entrain de construire également le musée, un bâtiment imposant où seront conservés et exposés des objets historiques dans le souci d’enseigner aux gens le Kimbanguisme. Ces deux ouvrages, seront inaugurés, sauf changement, le 06 avril 2021 jour de la célébration du centenaire.
Rappelons-le, la date du 12 octobre est un grand jour pour l’église Kimbaguiste. D’abord, les fidèles de l’église Kimbaguiste se souviennent de la mort de Simon Kimbangu décédé dans la ville d’Élisabeth Ville (actuelle Lubumbashi) considéré par ses fidèles comme un envoyé Spirituel de Dieu. Ensuite, la fête de naissance de l’actuel Chef Spirituel et Représentant légal de l’église Kimbaguiste, son Éminence Simon Kimbangu Kiangani, qui a totalisé 69 d’âge cette année.
Il sied de noter que d’autres activités sont encore prévues ce mardi 13 octobre 2020.
MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT, Envoyé Spécial de CONGOPROFOND.NET à Nkamba/KONGO CENTRAL
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
