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Ebola : avec un taux de létalité de 17%, le gouvernement rassure et souligne les premiers cas de guérison en RDC
Invité du Briefing hebdomadaire coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, ce jeudi 4 juin 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba Mulamba, a présenté la situation sanitaire réelle de l’épidémie d’Ebola, vingt jours après l’annonce officielle de cette résurgence en République démocratique du Congo.
Selon le ministre de la Santé, 381 cas confirmés d’Ebola ont déjà été enregistrés dans le pays, avec 63 décès, soit un taux de létalité estimé à 17 %. À ce jour, sept personnes sont déclarées guéries, dont six en Ituri et une à Goma.
Le gouvernement indique que seulement trois provinces sont touchées par cette épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec près de 95 % des cas confirmés. Le Nord-Kivu compte 19 cas, tandis que le Sud-Kivu en enregistre 3.
Le Dr Roger Kamba a insisté sur l’importance d’une prise en charge rapide des personnes contaminées afin de limiter les décès.
« Nous avons la possibilité de sauver les gens si les personnes contaminées rejoignent rapidement les centres de prise en charge », a-t-il déclaré.
Le ministre a également rassuré l’opinion nationale et internationale concernant les déplacements des Congolais à l’étranger, notamment dans le cadre des compétitions sportives internationales.
« Il n’y a aucune raison de fermer les frontières ou d’empêcher les joueurs et supporters congolais de participer au mondial. Ce n’est pas la nationalité qui représente un risque, mais le contact avec une personne infectée », a précisé le ministre.
Abordant la question du suivi des patients guéris, le ministre de la Santé a expliqué que le virus Ebola peut rester présent dans le sperme jusqu’à deux ans après la guérison. Pour cette raison, les survivants continuent d’être suivis médicalement afin d’éviter tout risque de transmission à leurs partenaires.
Toutefois, il a affirmé qu’une personne guérie d’Ebola ne peut pas contracter une seconde fois le même virus.
Parmi les principales mesures de riposte recommandées par les autorités sanitaires figurent le lavage régulier des mains et l’évitement de tout contact avec les personnes contaminées ou suspectées de l’être.
Glodi Bukasa
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« Maîtrisez-les n’est pas torturez-les » : La Cour militaire siégeant à Ndolo acquitte Philémon Mambabua
L’épilogue judiciaire de l’affaire dite des « Enfants Mushobekwa » est tombé ce jeudi 4 juin 2026 à 13h20, dans le décor solennel d’une audience ouverte par les honneurs militaires. L’affaire PR 540/026, appelée par le greffier, a vu comparaître physiquement Philémon Mambabua et les deux policiers Bope Tshende et Ebukalela Aaron, tandis que les parties civiles (Marie-Ange Mushobekwa et Ntabaza) étaient présentes, les 3 garçons étant représentés par leurs conseils.

Le Premier Président de la Cour, devant l’épaisseur du jugement, a dispensé l’assemblée de la lecture exhaustive pour se concentrer sur l’exposé des faits. Il est revenu sur cette soirée pyjama organisée par Malaïka, fille de Philémon Mambabua, et sa cousine Leonnie, qui invitèrent Sakina, laquelle fit appel à son petit ami Claudien Likulia vers 1h du matin fraîchement revenu de Paris. Contre toute attente, ce dernier fit irruption vers 3 heures du matin avec deux autres garçons (son petit-frère Christopher et son ami Noah), bien après l’heure convenue. Une situation qui affecta Malaïka et qui, au retour inopiné de son père, fit éclater le stratagème. Ce dernier exigea que les parents soient appelés pour une discussion au petit matin. Marie-Ange Mushobekwa présenta alors ses excuses et demanda à ses garçons d’en faire autant. L’affaire, à cet instant précis, était close.
C’est le lendemain que le cours des événements bascula, avec le dépôt d’une plainte par Me Claude Mulemba Benoit, avocat de Madame Mushobekwa auprès de l’auditorat militaire, évoquant torture et séquestration. Pourtant, au fil des audiences, Philémon Mambabua et les deux policiers ont constamment nié. La Cour, dans son office de vérification et de reconstitution des faits, a relevé que la volonté de Philémon Mambabua avait été viciée : la dissimulation des 3 garçons dans la salle de bain prouve qu’il n’avait jamais autorisé leur présence à son domicile. Sur le cœur du dossier — la torture —, la Cour s’est livrée à un examen méthodique des preuves. Elle a constaté que si les victimes ont décrit des actes sous l’effet de traumatismes, la nature et l’exactitude de leurs récits pouvaient en être altérées, notamment sur le nombre de policiers impliqués et l’instrument utilisé. Mais surtout, Sakina, témoin central, a toujours affirmé n’avoir jamais entendu Philémon Mambabua donner l’ordre de maltraiter les garçons. La Cour a donc retenu le doute sur l’incitation, rejetant la qualification du Ministère public et rappelant que l’ordre de « maîtriser » ne saurait être confondu avec celui de torturer. Faute de preuves matérielles et d’élément intentionnel caractérisé, Philémon Mambabua a été purement et simplement acquitté.
La Cour, s’en tenant aux faits et non aux définitions ontologiques, a ainsi déclaré l’infraction d’incitation non fondée en droit pour le prévenu principal. Cet acquittement emporte des conséquences civiles directes : Philémon Mambabua, déclaré non responsable, ne devra verser aucune réparation. Le droit a été dit, et pour l’ »avocat de la société » comme pour la défense, le message est limpide : sans preuve, l’accusation ne tient pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
