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« Mwant Jet » clouée au sol : La LIGADHOP dénonce une “mafia judiciaire” impliquant de hauts magistrats et un conseiller présidentiel
La Ligue africaine des droits de l’homme et des peuples (LIGADHOP), basée à Brazzaville, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de dérive judiciaire à connotation mafieuse autour du dossier de la compagnie aérienne Mwant Jet. Dans une circulaire datée du 18 octobre 2025 et parvenue à CONGOPROFOND.NET, l’organisation pointe du doigt 2 hautes personnalités congolaises : Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ainsi que Taylor Lubanga, conseiller à la Présidence de la République.
Selon la LIGADHOP, ces deux responsables seraient au cœur d’une manœuvre orchestrée pour déstabiliser la compagnie Mwant Jet, dont l’avion reste immobilisé à Kinshasa depuis le 15 septembre dernier, sur ordre du Parquet général de Kinshasa/Matete.
Des accusations de trafic d’influence et d’intimidation
Dans son document, l’ONG dénonce une “mafia à ciel ouvert” où des ordres présumés venus du sommet de la hiérarchie judiciaire et présidentielle seraient utilisés pour justifier des actes d’intimidation et de trafic d’influence.
« Le président du Conseil supérieur de la magistrature et un conseiller du Président de la République, Monsieur Taylor Lubanga, dont le cabinet est celui de Madame Gueda Yav, se présentent comme des exécuteurs d’ordres du Chef de l’État. Plusieurs chefs de juridiction s’en plaignent, dénonçant des pressions et manipulations systématiques de dossiers judiciaires », indique la LIGADHOP.
L’organisation affirme que Dieudonné Kamuleta aurait personnellement instruit le Parquet général de Matete de prendre plusieurs réquisitions abusives, notamment :
– la désignation d’un administrateur pour gérer l’aéronef de Mwant Jet SARL ;
– la validation forcée du procès-verbal d’une assemblée générale contestée ;
– et la nomination de nouveaux pilotes en dehors de toute procédure légale.
Un conflit d’associés instrumentalisé ?
La LIGADHOP rappelle que ce dossier oppose depuis plus de trois ans Gueda Yav, ancienne gérante de Mwant Jet, à Michael Yav, son associé. Selon l’organisation, le cabinet de Taylor Lubanga, qui défend les intérêts de Madame Yav, instrumentaliserait la justice en se réclamant de la Présidence pour influencer les décisions des magistrats.
« Il n’est pas normal que le nom du Chef de l’État soit associé à des pratiques mafieuses visant à étouffer une initiative privée, alors qu’il prône lui-même la promotion de l’entrepreneuriat congolais », souligne la circulaire.
Appel à la justice et à la vigilance présidentielle
La LIGADHOP appelle le Procureur général près la Cour de cassation à sortir de sa “léthargie” et à agir face à ce qu’elle considère comme un abus de pouvoir systémique au Parquet général de Kinshasa/Matete. L’ONG recommande notamment la suspension du procureur général et du magistrat instructeur impliqués dans cette affaire.
En conclusion, la ligue prévient que l’affaire Mwant Jet n’est pas qu’un simple conflit commercial, mais un test grandeur nature de l’indépendance du système judiciaire congolais face aux interférences politiques et personnelles.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
