Connect with us

Analyses et points de vue

Message du 30 juin à la jeunesse congolaise : « Jeunesse congolaise, sois lumière, 65 ans d’indépendance, l’heure du réveil et de la grandeur ! »

Published

on

Chers jeunes du Congo,

En ce 30 juin 2025, notre nation se souvient avec émotion et dignité du jour où, il y a 65 ans, elle accédait à l’indépendance. Le monde entier entendait alors les paroles enflammées du Premier ministre Patrice Emery Lumumba, dénonçant les blessures de la colonisation et appelant à la renaissance d’un Congo libre, maître de son destin.

Mais aujourd’hui, la vraie question n’est pas : « Que s’est-il passé en 1960 ? »
Elle est plutôt : « Que faisons-nous aujourd’hui de cette liberté chèrement acquise ? »

Chers jeunes, le Congo a besoin de vous. Il vous appelle à sortir du sommeil.

Nous ne pouvons pas célébrer l’indépendance tout en étant esclaves de la médiocrité, de la distraction, de la paresse morale et intellectuelle.
Nous ne pouvons pas honorer nos martyrs tout en nous rabaissant dans les délires numériques, les fake news, les scandales en ligne, ou l’usage irresponsable de l’intelligence artificielle pour tricher, mentir ou manipuler.

Le Congo de demain ne se construira pas avec des selfies vides, des buzz stériles et des insultes virales. Il se construira avec des cœurs vrais, des esprits éclairés, et des jeunes debout.

Et pour cela, nous avons déjà des modèles.

Le Bienheureux Isidore Bakanja, jeune laïc, mort pour sa foi et sa fidélité au Christ. Modèle de courage, de foi vécue dans la chair.

La Bienheureuse Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta, martyre de la pureté, symbole d’une jeunesse digne, résistante face à la violence et à l’humiliation.

Le jeune Floribert Bwana Chui, assassiné pour avoir refusé la corruption dans son travail à la DGDA à Goma. Un exemple de loyauté, d’intégrité et de courage civil.

Voilà la jeunesse que nous devons devenir : libre, forte, intègre, fidèle.

En ce jour sacré, prenons un engagement ferme :

Je choisis de bannir la médiocrité.

Je refuse d’être esclave du numérique, du paraître, de l’instantané.

Je m’engage à cultiver l’intelligence, la vérité, le respect, et la foi.

Je marche dans les pas de Bakanja, d’Anuarite, de Floribert.

Chers jeunes, notre avenir ne tombera pas du ciel. Il se construira par le réveil de nos consciences, par des actes courageux, par un refus clair de participer aux « délits du siècle » : mensonge, fraude, paresse, moquerie, haine et division.

Ensemble, devenons cette génération qui fait honneur à l’indépendance de notre pays.

Une génération qui lit, réfléchit, et agit.

Une génération enracinée dans sa foi, sa culture, et sa dignité.

Une génération qui ose dire non à ce qui détruit, et oui à ce qui élève.

Vive la jeunesse du Congo !
Vive la liberté responsable !
Vive un Congo nouveau, éclairé par la lumière de sa jeunesse !

Régis MBUYI NGUDIE,
votre frère

Analyses et points de vue

Un accueil sous haute surveillance : Kinshasa ouvre ses portes avec prudence stratégique

Published

on

C’est un signal diplomatique aussi discret que lourd de conséquences. En confirmant l’arrivée ce 17 avril d’un premier contingent de 15 ressortissants de pays tiers sur son sol, la RD Congo endosse un rôle géopolitique délicat. Alors que les crises migratoires et les politiques de relocalisation déchirent les consensus occidentaux, Kinshasa choisit la voie d’une solidarité strictement encadrée.

Le message est ciselé : il s’agit d’un accueil “transitoire”, sous “titres de court séjour”, et non d’une installation durable. Dans une nation où la souveraineté est un trésor jalousement gardé, le gouvernement Tshisekedi trace une ligne rouge claire : la RDC est un partenaire humanitaire, mais pas une terre d’asile par défaut. Le montage financier de l’opération achève de lever toute ambiguïté sur l’équilibre des intérêts en présence.

La prise en charge étant intégralement supportée par le Trésor américain, la RDC prête son territoire sans exposer ses finances publiques, pourtant exsangues. Ce modèle de “sous-traitance humanitaire” permet à Washington de gérer un flux migratoire sensible loin de ses côtes médiatiques, tout en offrant à Kinshasa un levier de négociation non négligeable dans ses relations avec l’Occident.

C’est une transaction tacite où la générosité affichée sert de paravent à un réalisme politique froid : l’hospitalité congolaise est temporaire, financée, et révocable. Si le chiffre de 15 personnes semble dérisoire au regard des millions de déplacés internes que compte déjà le Congo, la portée symbolique est immense. En pleine crise sécuritaire dans l’Est, le pouvoir central démontre sa capacité à contrôler ses frontières et à organiser des flux migratoires “ordonnés” selon des standards internationaux.

Ce premier vol est un test, une démonstration de force administrative qui vise autant la communauté internationale que l’opinion publique nationale. Le gouvernement le sait : la patience de la population face à l’accueil d’étrangers, quand des milliers de Congolais dorment encore sous des tentes à Goma, est une équation explosive. Pour l’instant, le gouvernement maîtrise la narration. Mais la gestion de la perception locale sera, à terme, le véritable défi de cette opération.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Continue Reading