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Le Centenaire d’un Géant africain : Patrice-Emery Lumumba

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Aujourd’hui, 2 juillet 2025, marque le centenaire de la naissance de Patrice Emery Lumumba. S’il était encore en vie, il aurait célébré son 100ᵉ anniversaire, lui qui est né le 2 juillet 1925 à Onalua, dans le Sankuru.

En très peu de temps, cet homme mort à 36 ans a marqué d’une empreinte indélébile l’histoire du Congo et de l’Afrique. En effet, Lumumba n’a fait de la politique que durant 26 mois environ (d’octobre 1958, création du MNC, à janvier 1961), et il n’a gouverné le Congo que pendant 65 jours (du 30 juin au 5 septembre 1960) !

Malcolm X, le grand leader afro-américain, admirait Lumumba au point de donner son nom à sa fille, Gamilah Lumumba, et d’adopter ses lunettes. Même le maréchal Mobutu avouait que Patrice Lumumba fut son mentor, celui qui l’initia à la politique. En reconnaissance de sa lutte et de son sacrifice pour le Congo, le président Mobutu le proclama Héros national le 30 juin 1966 et donna son nom à la plus grande artère de Kinshasa, le boulevard Lumumba, qui relie l’aéroport de Ndolo à celui de Ndjili.

Voici l’histoire de Patrice Emery Lumumba.

L’ancêtre Mongo arrive à Bumba

À la suite de la désertification du Sahara, un groupe issu des populations de l’actuel Cameroun décide de migrer vers le sud. Ce sont les populations bantoues. L’un de ces groupes est dirigé par un grand chef du nom de Mongo. Ce nom reste courant au Cameroun : on connaît par exemple Mongo Beti, le célèbre écrivain, Mongo Faya, l’homme aux 80 épouses, décédé en 2002, ou encore Stéphane Mongo, acteur français d’origine camerounaise.

Mongo et sa communauté s’installent dans un espace qui deviendra, des siècles plus tard, la République démocratique du Congo, plus précisément dans la région de Bumba, actuelle province de la Mongala.

Les Anamongo (les enfants de Mongo) se séparent

L’une des trois branches des descendants de Mongo quitte Bumba, remonte le fleuve Congo, puis la rivière Lomami. Elle s’installe sur les deux rives de cet affluent. Aujourd’hui, cette population constitue les Tetela (rive gauche, Sankuru) et les Kusu (rive droite, Maniema).

Les deux autres lignées s’installent dans les provinces actuelles de la Tshopo (Lokele, Topoke…), de l’Équateur, de la Tshuapa et du Maï-Ndombe (communément appelés « Mongo » en souvenir de l’ancêtre). Les Tetela-Kusu désignent l’ensemble des descendants de Mongo sous le nom de « Anamongo », signifiant « enfants de Mongo ».

Aujourd’hui, cette communauté constitue le groupe ethnique le plus important de RDC, représentant environ 30 % de la population.

Naissance d’Esaïe Okit’Asombo

Revenons aux Anamongo installés dans le Sankuru, qu’on appelle les Tetela. Cette province est subdivisée en six territoires : Lubefu, Lusambo, Lodja, Kole, Lomela et Katako-Kombe. Dans ce dernier, se trouve un petit village nommé Onalua, qui signifie fils du soleil ou fils de lumière.

Là, le couple François Tolenga et Julienne Amatu a quatre garçons : Charles Lokolonga, Esaïe Okit’Asombo, Émile Kalema et Louis Onema. Après son divorce avec Julienne, François Tolenga aura un cinquième fils avec sa seconde épouse : Jean Tolenga.

Esaïe Okit’Asombo, deuxième fils du couple, naît le 2 juillet 1925 à Onalua. Cette précision, rare à l’époque, tient au fait que son père, bien que paysan, avait appris à lire et à écrire auprès des missionnaires catholiques présents dans la région depuis 1910.

Esaïe s’inscrit à l’école, et se fâche avec son père

En 1939, âgé de 13–14 ans, Esaïe entre directement en deuxième année primaire, sachant déjà lire et écrire. Il choisit l’école protestante de Wembo-Nyama (10 km du village), plutôt que l’école catholique de Tshumbe Sainte-Marie (35 km). Son père, fervent catholique, s’en offusque et le chasse de la maison.

Durant trois mois, Esaïe est nourri en cachette par sa mère et ses frères, jusqu’à ce que les notables du village convainquent François Tolenga de réintégrer son fils.

Esaïe Okit’Asombo est chassé de l’école

En 1942, alors en cinquième primaire, Esaïe est renvoyé pour indiscipline. Il avait du mal à respecter les règles strictes des pasteurs suédois méthodistes (interdiction de fréquenter les filles, de boire, de danser, etc.). Revenu à Onalua, il devient chômeur.

Le premier clin d’œil du destin

Un prêtre catholique de Tshumbe, en visite à Onalua, découvre que le fils de François Tolenga n’étudie plus. Il l’emmène avec lui et l’inscrit à l’école de Tshumbe Sainte-Marie, en cinquième primaire.

Esaïe devient Patrice Lumumba

À ce moment-là, Esaïe décide de changer de nom. Il s’inscrit sous le nom de Patrice Lumumba. Lumumba était un surnom donné par sa mère, hérité d’un parent du côté maternel. Il abandonne donc le nom « Okit’Asombo » de son père. Il choisit également de remplacer « Esaïe » par « Patrice ». L’origine exacte de ce prénom reste inconnue, bien qu’il ait été porté par des dignitaires sous l’Empire romain.

Patrice Lumumba quitte le Sankuru pour le Maniema

À la fin du second semestre 1943, Patrice Lumumba obtient une autorisation pour se rendre à Kindu-Port-Émpain, chez un parent. Il ne retournera plus jamais à Tshumbe : sa scolarité s’arrête en cinquième primaire. Il a 18 ans.

De commis-pointeur à commis de cantine

À Kindu, grâce à une connaissance, il trouve un emploi de commis-pointeur à la CFL (Chemin de fer des Grands Lacs). Il finit par rentrer à Onalua, où il apprend le divorce de ses parents. Il repart, décidé à ne pas devenir paysan. Direction Kalima, cité minière de la Symétain, où il travaille comme commis de cantine. Il économise assez pour rallier sa destination rêvée : Stanleyville (Kisangani).

Lumumba débarque à Stanleyville en 1944

Il arrive avec peu d’argent, mais armé de quatre atouts majeurs : son intelligence, son courage, sa sociabilité et sa volonté de se distinguer. Kisangani est alors le troisième pôle économique du Congo, après Léopoldville (Kinshasa) et Elisabethville (Lubumbashi).

Patrice Lumumba, un phénomène social et historique

Comment ce jeune Tetela de 19 ans devint-il, en quinze ans, l’homme le plus populaire du Congo ?

Comment cet autodidacte est-il devenu si influent qu’il sera redouté par les colons belges, détesté par leur roi, et finalement victime d’un complot impliquant la CIA, les Belges et ses propres frères d’armes ?

Pourquoi Dwight D. Eisenhower, président des États-Unis, a-t-il souhaité sa mort ?

Pourquoi ce jeune homme issu d’un village obscur du Sankuru a-t-il cristallisé à la fois les espoirs du peuple congolais et la peur des grandes puissances ?

À suivre !

Thomas Luhaka Losendjola

Ancien président de l’Assemblée nationale

Ancien vice-premier ministre

Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe

Chercheur indépendant

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Presse francophone mondiale : La Congolaise Marianne Mujing Yav décroche un poste historique à l’UPF

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Une nouvelle page s’écrit pour la presse congolaise sur la scène internationale. La journaliste congolaise Marianne Mujing Yav a été élue, vendredi 29 mai 2026, au poste de secrétaire générale de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF), à l’issue d’un scrutin qui marque un tournant majeur pour la représentation de la République démocratique du Congo au sein des grandes instances médiatiques francophones.

Avec 35 voix obtenues, elle devient la première femme congolaise à accéder à cette fonction stratégique au sein de cette organisation qui rassemble des journalistes, éditeurs et professionnels des médias issus de l’espace francophone mondial.

Une victoire qui honore la RDC

L’élection de Marianne Mujing Yav constitue bien plus qu’un succès personnel. Elle symbolise la montée en puissance de la presse congolaise dans les espaces internationaux de décision et de réflexion sur l’avenir du journalisme francophone.

Dans un contexte où les médias sont confrontés à de nombreux défis ( transformation numérique, désinformation, sécurité des journalistes et défense de la liberté de la presse ), la présence d’une Congolaise à un poste aussi influent est perçue comme une reconnaissance du dynamisme et du professionnalisme des acteurs des médias de la RDC.

Cette élection renforce également la visibilité du pays au sein de la francophonie médiatique, offrant à la RDC une voix plus forte dans les débats qui façonnent l’avenir de l’information à l’échelle internationale.

Zoom sur Marianne Mujing Yav

Figure respectée du paysage médiatique congolais, Marianne Mujing Yav s’est progressivement imposée comme l’une des personnalités les plus engagées dans la promotion du journalisme professionnel et de la coopération entre médias francophones.

Au fil des années, elle a développé une solide expérience dans le secteur de l’information et dans les réseaux professionnels de la presse, ce qui lui a permis de tisser des liens avec plusieurs organisations internationales œuvrant pour le renforcement des médias et la défense des valeurs de la francophonie.

Membre du Comité national de la presse congolaise ( UNPC), son élection à la tête du secrétariat général de l’UPF traduit la confiance placée en son leadership, sa capacité de rassemblement et sa vision pour une presse francophone moderne, indépendante et adaptée aux mutations du monde numérique.

Un symbole fort pour les femmes des médias

L’accession de Marianne Mujing Yav à cette haute responsabilité revêt également une portée symbolique importante pour les femmes journalistes de la RDC et d’Afrique.

Dans un secteur encore marqué par des défis liés à la représentativité féminine dans les postes de direction, cette élection envoie un signal fort sur la place croissante des femmes dans la gouvernance des médias et des organisations professionnelles internationales.

En tant que secrétaire générale de l’UPF, Marianne Mujing Yav sera appelée à contribuer à la coordination des activités de l’organisation, au renforcement de la coopération entre ses différentes sections nationales et à la promotion des valeurs qui fondent la presse francophone.

Son mandat s’annonce déterminant à un moment où le journalisme doit relever des enjeux majeurs liés à la crédibilité de l’information, à l’intelligence artificielle, à la transition numérique et à la protection des professionnels des médias.

Par cette élection historique, la RDC inscrit son nom dans les annales de la presse francophone mondiale et voit l’une de ses filles accéder à l’un des postes les plus prestigieux du secteur. Une consécration qui honore à la fois Marianne Mujing Yav, la profession journalistique congolaise et l’ensemble du pays.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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