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Les Paroisses sont des remparts contre la misère ontologique !( Tribune du prof Patience Kabamba, PhD Anthropologie)
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Les Paroisses sont des remparts contre la misère ontologique !( Tribune du prof Patience Kabamba, PhD Anthropologie)

 

Dans les années 1980, il faisait très beau de passer des vacances dans la paroisse Sainte famille de Popokabaka lorsqu’on était jeune. La vie paroissiale était réglée par des travaux domestiques et champêtres, des réunions hebdomadaires des jeunes et des messes dominicales, des conférences et des pièces de théâtres pour le divertissement. Toute la vie était organisée dans la simplicité d’une vie quasi religieuse et désaliénée. Ce n’était pas du piétisme, mais c’était l’expression de l’architecture de profondeur de la vie en chacun de nous.

Cette vie paroissiale était le rempart contre la misère ontologique qui confisquerait notre être générique qui est éros, émerveillement de la relation à l’autre. L’éros n’est pas l’érotique, mais le vrai amour qui est indocile et révolte contre la chosification et la marchandisation de l’autre.

Le risque d’une misère ontologique – la perte de ce que tout homme et toute femme a de fondamentalement profond, son être générique. Cet être générique est fait de l’éros, l’amour sous toute ses formes au-delà de l’érotisme. L’homme et la femme veulent aimer et être aimés, c’est le mouvement réel de notre être générique. Toute l’organisation du monde jusqu’au néolithique servait à produire cet éros.

Mais, depuis le triomphe de la marchandise capitaliste, les hommes et les femmes sont devenus des objets à la recherche effrénée de la marchandise au point de détruire l’être générique en eux et dans les autres.

Depuis l’antiquité les hommes et les femmes ont toujours défendu leur être générique, la deshumanisation de leur être générique, la réduction de l’être générique en marchandise, en objet, ou en viande à consommer. Toutes les générations humaines ont cherché à protéger leur être générique contre les efforts capitalistes de chosification et de marchandisation de leur vie.

L’histoire humaine est jalonnée des luttes de classe radicale pour sauvegarder l’être générique qui est la joie de vivre pour ce qu’on est et non pour ce qu’on a.

La lutte des beaucoup de Congolais se situe à ce niveau. Les gens qui, dans leur profondeur religieuse, qui en même temps est l’architecture de profondeur de l’éros dans leur vie, se lèvent contre la République kleptocratique du Congo, non pas pour se marchandiser, mais pour recouvrer leur être générique, la simplicité de vie d’amour et d’entraide.

L’expression historique de cette aspiration se manifeste dans la vie des paroisses rurales et urbaines. Les gens dans des paroisses ne cherchent pas à s’accaparer des biens des autres pour s’enrichir. Ils cherchent à vivre dans la simplicité de la joie d’amour les uns pour les autres. Les paroisses se lèvent et se lèveront encore contre un pouvoir qui cherche a détruire leur être générique en imposant des conditions inhumaines dans un Etat qui a tout pour rendre la vie plus humaine. Le message de la paroisse congolaise est que l’Etat ne détruira pas l’être générique en eux malgré la militarisation de la vie sociale imposée par le gouvernement Kabila.

La plus grande misère à craindre, c’est la misère ontologique liée a la perte de l’être générique en nous, l’éros qui n’est pas l’érotique, mais l’être réel en nous fait de désir d’aimer et d’être aimé, de jouir de la vraie jouissance humaine.

En luttant aujourd’hui contre les kleptocrates, les paroisses s’alignent sur les générations des hommes et des femmes qui dans l’histoire ont refusé de chosifier ou de marchandiser leurs vies.

Qu’elles vivent à jamais nos paroisses qui nous disent que nous ne sommes pas de la viande à politique, ni de la viande à économie, mais nous sommes des sujets humains qui veulent s’épanouir dans l’éros d’une vie de jouissance vraie!

CONGOPROFOND.NET

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