Société
La RDC en marche : le “Léopard Business Village”, une ambition géostratégique au cœur de la CAN 2025
Alors que les projecteurs du continent se braqueront sur Rabat pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025, la RD Congo, elle, ne viendra pas seulement pour jouer. Elle viendra pour conquérir. Le coup d’envoi donné par le Ministre du Tourisme, Didier Mazenga, pour le “Léopard Business Village – Expo CAN 2025”, est bien plus qu’un lancement protocolaire : c’est l’acte fondateur d’une offensive diplomatique et économique d’une rare intelligence.
Dans un monde où l’image et l’influence sont des devises fortes, la RDC passe à l’attaque. Le gouvernement, porté par une vision claire, transforme le plus grand événement sportif africain en une plateforme stratégique de soft power. Le “Léopard Business Village” n’est pas un simple stand promotionnel ; c’est une ambassade éphémère, un concentré d’ambition nationale qui incarne la nouvelle fierté congolaise.
L’initiative du Ministre Mazenga est un coup de maître en matière de diplomatie économique. Loin des discours convenus, il s’agit d’une démonstration par l’action. En installant le “Cœur de l’Afrique” au milieu de l’effervescence de la CAN, la RDC s’adresse directement aux milliers de décideurs, investisseurs et influenceurs présents. L’objectif est aussi audacieux que limpide. Remplacer l’image d’un pays en crise par celle d’une destination incontournable, riche de sa culture, de sa nature et de son potentiel économique.
En faire un secteur prioritaire, non plus accessoire, affirmant ainsi une vision économique diversifiée et moderne. Le symbole du léopard, animal puissant et élégant, associé au slogan “RDC, Cœur de l’Afrique”, n’est pas un hasard. Il s’agit d’incarner la résilience, l’agilité et la force tranquille d’une nation en marche. La réussite d’un tel projet repose sur une alliance vertueuse, saluée par le ministre lui-même.
La volonté politique du Président Félix Tshisekedi, le soutien opérationnel de la Première Ministre Judith Suminwa, et l’expertise du think tank « RDC Stratégie ». Cette synergie démontre une maturité politique nouvelle, où les différents acteurs s’alignent derrière une ambition commune. Comme l’a si bien résumé Bodom Matungulu de RDC Stratégie, le Congo ne vient pas seulement participer ; il vient s’affirmer.
Cette déclaration résume à elle seule l’état d’esprit qui anime cette initiative : une confiance retrouvée et une détermination sans faille. La présence et le soutien sans équivoque de Son Excellence Rachid Agassin, Ambassadeur du Maroc et Doyen du corps diplomatique, ajoutent une dimension cruciale à ce projet. Ses propos ne laissent aucune place au doute : ce Village est un “moment clé pour consolider une amitié profonde”.
La promesse de faciliter l’obtention des visas pour les Congolais est le gage concret d’un partenariat solide et d’une reconnaissance du potentiel de la RDC par l’une des nations les plus influentes d’Afrique. Le “Léopard Business Village” est bien plus qu’un projet événementiel. C’est la preuve vivante qu’une nation peut reprendre son destin en main en maîtrisant son récit. Didier Mazenga et le gouvernement congolais ne se contentent pas de gérer le présent.
Ils investissent l’avenir avec une clairvoyance remarquable. Pendant que les Léopards de la RDC brilleront sur le terrain à Rabat, le “Léopard Business Village”, lui, œuvrera en coulisses pour marquer les esprits et conquérir les cœurs. C’est une stratégie gagnant-gagnant où le sport devient le catalyseur d’une renaissance économique et diplomatique. La RDC ne demande plus sa place ; elle la prend, avec l’élégance et la puissance du félin qui orne son emblème.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Société
Protection de l’enfance en RDC : Le CEPEF plaide pour l’harmonisation des pratiques et une action concertée
La protection des enfants demeure une urgence partagée au sein de la communauté, impliquant à la fois les acteurs sociaux et les institutions publiques. En République démocratique du Congo, le contexte reste particulièrement fragile en raison de défis socio-économiques persistants, d’une crise humanitaire prolongée, de conflits armés récurrents, de calamités naturelles et d’épidémies. Cette situation affecte gravement le système de protection de l’enfant, qui peine à offrir de manière durable des services adaptés aux besoins des enfants.
L’ampleur du phénomène des enfants en situation de vulnérabilité — notamment les enfants de la rue et les orphelins — interpelle les autorités congolaises. Celles-ci saluent l’engagement et l’appui de nombreuses organisations locales et internationales œuvrant pour la protection et la prise en charge de ces enfants. Toutefois, cette mobilisation, aussi louable soit-elle, soulève certaines préoccupations liées à l’efficacité et à la cohérence des interventions.
C’est dans ce contexte qu’un groupe de chercheurs universitaires et d’acteurs sociaux a décidé de mettre sur pied une structure dénommée Cercle d’Étude pour la Protection de l’Enfant et de la Famille (CEPEF). Cette initiative vise à analyser les phénomènes sociaux relatifs à la protection de l’enfant, à améliorer la qualité des prestations sociales et à formuler des recommandations en faveur du bien-être de l’enfant et de son environnement immédiat, la famille.
Lors de l’atelier organisé par le CEPEF le jeudi 11 décembre 2025, il a été constaté que de nombreuses structures de protection et de prise en charge des enfants travaillent souvent en ordre dispersé et proposent, pour certaines, des services ne répondant pas toujours aux normes établies.
Plusieurs défis majeurs ont été identifiés, notamment :
– le manque d’harmonisation et la divergence des pratiques de protection de l’enfant entre les organisations nationales et internationales poursuivant pourtant les mêmes objectifs ;
– l’insuffisance d’efficacité et/ou d’efficience des interventions en faveur des enfants ;
– la faible coordination entre les actions et les intervenants ;
– le saupoudrage des activités, entraînant un affaiblissement de l’impact réel des interventions ;
– l’absence d’un paquet minimum de services communs, avec une grande disparité des contenus d’une structure à l’autre.
Face à cette situation, qui limite les efforts des acteurs sociaux, le CEPEF s’est donné pour mission de mettre en place une cellule de formation. Celle-ci aura pour rôle d’organiser des séances d’échange de savoirs, d’analyser les pratiques professionnelles actuelles, de vulgariser les pratiques empiriques porteuses et d’explorer les perspectives d’avenir en matière de protection de l’enfance.
En tant que groupe de réflexion, le CEPEF se positionne comme une voix collective et renforcée pour la défense des questions liées à la protection de l’enfant et de la famille en RDC. Il offre également des opportunités de réseautage, de connexion et d’échange au sein d’un réseau de protection de l’enfant en situation d’urgence, regroupant des ONG internationales, régionales et nationales, des agences des Nations unies, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires.
Fidèle à sa devise « Réfléchir pour agir ensemble », le CEPEF promeut le renforcement des liens entre ses membres sur le terrain et les organismes régionaux et internationaux chargés de l’élaboration des politiques publiques. Grâce à son réseau de communication, il facilite l’échange d’informations et l’analyse des développements récents liés à la coordination de ses activités avec l’ensemble des acteurs sociaux.
Zagor Mukoko-Sanda
