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RDC : Cathy Latiwa plaide pour des quotas féminins et des budgets dédiés à leur formation dans les secteurs stratégiques

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En marge de la 11ᵉ édition du forum Makutano, organisée à Kinshasa autour du thème « Les contrats de la RDC. L’heure des choix », Cathy Latiwa, membre et ambassadrice globale du réseau d’affaires international Makutano, fondatrice de la Latiwa Development Foundation et cofondatrice de Build her Future Circular Academy & Consulting Firm, a accordé une interview à CONGOPROFOND.NET. Elle y salue les avancées du pays en matière d’inclusion tout en appelant à renforcer l’intégration du genre dans les contrats publics et privés.

Des avancées, mais un cadre encore incomplet

Pour Cathy Latiwa, la RDC progresse dans la promotion de la place des femmes dans la gouvernance et les secteurs décisionnels. « Aujourd’hui, nous avons une Première ministre femme, des ministres et des vice-ministres femmes. On n’est pas encore à 50 %, mais on y arrive », affirme-t-elle. Elle salue également la vision nationale autour de la « masculinité positive » et l’augmentation de la présence féminine dans les sphères de décision.

Malgré ces efforts, elle estime que les contrats publics et privés du pays « n’intègrent pas encore de manière obligatoire l’accès des femmes et des jeunes aux opportunités économiques qu’ils génèrent ». Pour elle, il reste un cap important à franchir.

Quotas et budgets dédiés : des leviers à activer

La fondatrice de Latiwa Development Foundation plaide pour l’instauration de quotas précis au sein des grands projets. « On pourrait exiger qu’au moins 30 % des entreprises sélectionnées dans les projets d’infrastructures soient dirigées par des femmes. Il existe des compagnies féminines compétentes, il faut les intégrer », insiste-t-elle.

Elle recommande également la mise en place de budgets obligatoires dédiés à la formation des jeunes et des femmes dans les secteurs stratégiques : énergie, logistique, agriculture et économie circulaire. « Si l’on veut que les femmes bénéficient des contrats, il faut qu’elles y soient préparées, formées et structurées », explique-t-elle.

Former une génération de PME féminines compétitives

À travers Build her Future Circular Academy, Cathy Latiwa œuvre précisément dans ce sens. L’académie accompagne des PME dirigées par des femmes pour les rendre plus compétitives localement, régionalement et internationalement. « Parfois, des opportunités arrivent mais les entrepreneures n’ont pas les documents requis ou ne sont pas bien structurées. Nous travaillons pour que cela change », affirme-t-elle.

Elle encourage l’intégration des PME féminines dans la sous-traitance des grands contrats, notamment dans la restauration, la maintenance, le recyclage ou les services environnementaux. Selon elle, cette inclusion renforcerait non seulement l’économie circulaire mais aussi le leadership féminin dans les secteurs d’avenir.

Cathy Latiwa estime que la RDC est « sur la bonne voie », mais doit franchir une étape décisive : inscrire formellement l’inclusion économique des femmes et des jeunes dans les contrats publics et privés. À travers le réseau Makutano et ses propres initiatives, elle dit vouloir « former une génération de leaders féminines prêtes à saisir et transformer les opportunités économiques du pays ».

Exaucé Kaya KRANE

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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