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Kinshasa : André Kabangu Milambo, ancien préfet des études de l’Institut Lumumba, s’éteint lors de sa marche de santé

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Une nouvelle aussi brutale que bouleversante a secoué la communauté éducative de Kinshasa ce dimanche 04 janvier. André Kabangu Milambo, ancien préfet des études de l’Institut Lumumba de Limete et figure emblématique de l’enseignement secondaire congolais, est décédé dans la matinée alors qu’il effectuait sa traditionnelle marche de santé.

Selon plusieurs témoignages concordants, l’ancien préfet se serait effondré en pleine rue. Dans un premier temps, l’information a circulé dans un climat de grande confusion : on évoquait la mort d’un homme tombé lors d’une marche de santé, dont la ressemblance avec André Kabangu aurait semé le doute. 

Ce flou initial a alimenté l’inquiétude et la stupeur parmi les anciens élèves et collègues.

La confirmation officielle est intervenue quelques heures plus tard à travers un message vocal poignant de son fils, mettant fin aux spéculations.

« Nous étions avec papa hier, il était allé à la messe. Ce matin, comme à son habitude, il est sorti pour sa marche de santé personnelle. Puis quelqu’un est venu nous annoncer qu’on avait retrouvé son corps étendu sur le sol. Selon les témoins, il n’a pas bénéficié d’une assistance d’urgence lorsqu’il est tombé », a-t-il déclaré, la voix empreinte d’émotion.

Une onde de choc dans le monde éducatif

La nouvelle de son décès a provoqué un choc profond et une vive émotion au sein de la communauté des anciens de l’Institut Lumumba, mais aussi dans l’ensemble du monde pédagogique de Kinshasa.

 Messages de tristesse, souvenirs marquants et hommages appuyés ont rapidement envahi les plateformes numériques réunissant enseignants, anciens élèves et acteurs de l’éducation.

André Kabangu Milambo a exercé les fonctions de préfet des études à l’Institut Lumumba pendant plusieurs décennies, depuis les années 1990 jusqu’en 2022. Il fut l’un des visages les plus durables et les plus influents de cette institution publique réputée pour son exigence intellectuelle.

Un bâtisseur de générations

Avant Lumumba, il enseigna le français au Complexe Scolaire Cardinal Malula de Limete. Professeur rigoureux, amoureux exigeant de la langue française, André Kabangu était reconnu comme un puriste du verbe, un homme de méthode, de discipline et de haute tenue intellectuelle.

Il a formé et encadré plusieurs générations d’élèves et d’enseignants, veillant à l’excellence des cours et à la qualité des pratiques pédagogiques. Pour lui, l’école devait être un espace d’élévation intellectuelle, de rigueur morale et de responsabilité citoyenne.

Convaincu de la formation intégrale de l’élève, il a toujours soutenu les activités parascolaires, notamment les Génies en herbe et le basketball, qu’il considérait comme des leviers essentiels pour développer l’esprit d’équipe, la confiance en soi et l’intelligence collective.

Un défenseur farouche de la neutralité de l’école publique

Fidèle à sa conception exigeante de l’enseignement officiel, André Kabangu Milambo s’est fermement opposé au cours de religion à l’Institut Lumumba.

 Pour lui, cette école publique devait rester un espace neutre, affranchi de toute influence confessionnelle, afin de former des esprits libres, critiques et autonomes.

Cette position, assumée avec constance et courage, s’inscrivait dans sa vision d’une école républicaine fondée sur le savoir, la raison et l’émancipation intellectuelle, loin de tout endoctrinement idéologique ou religieux. Une posture qui lui valut parfois des débats vifs, mais aussi le respect de nombreux élèves et collègues pour sa cohérence et son intégrité.

Une figure inscrite dans l’histoire de Lumumba

Après Declerck, le préfet belge à vélo, et Mbadu, André Kabangu Milambo demeure l’une des figures majeures inscrites dans les annales de l’Institut Lumumba de Limete. Il laisse l’image d’un préfet légendaire, artisan d’une école publique exigeante, humaniste et tournée vers la formation d’un intellectuel libre.

Aujourd’hui, hommages et témoignages continuent d’affluer pour saluer la mémoire de ce pédagogue hors pair, dont l’œuvre éducative a profondément marqué Kinshasa et bien au-delà.

André Kabangu Milambo s’en est allé dans la discrétion, mais son héritage intellectuel et pédagogique, lui, demeure vivant dans la mémoire de ceux qu’il a formés. 

Barca Horly Fibilulu Mpia

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FRIVAO : Bienvenue dans le plus grand cabinet d’illusionnisme financier de la RDC, où les millions s’évaporent et les victimes se multiplient

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L’affaire FRIVAO est en train d’accoucher d’un monstre comptable qui ferait passer la caverne d’Ali Baba pour un modèle de transparence suisse. On savait déjà que Constant Mutamba avait un rapport très ludique à l’argent public, sa condamnation pour 19 millions de dollars en étant la carte de visite. Mais ce n’était visiblement que l’apéritif.

Les audiences de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe révèlent que le fonds destiné à panser les plaies des victimes ougandaises ressemblait davantage à une tirelire sans fond troué qu’à un mécanisme de réparation. Le plus beau dans cette farce macabre ? Plus de 2 millions de dollars ont été confiés à des sociétés qui, miracle de l’entrepreneuriat congolais, n’ont ni adresse, ni visage, ni existence légale. Des fantômes administratifs grassement payés pour un travail invisible.

On croirait rêver si les larmes des vrais sinistrés de Kisangani n’étaient pas le seul élément concret de ce dossier. Et comme une gabegie ne vient jamais seule, les listes d’indemnisation se sont transformées en casting politique de seconde zone. Pendant que les veuves et les éclopés attendent leur dû sous des bâches trouées, des apparatchiks bien portants et des militants zélés se sont découvert une vocation tardive de “victimes de guerre”.

L’imagination est décidément la chose la mieux partagée au sein du sérail politique : plutôt que de monter au front, on s’inscrit frauduleusement sur les registres de la douleur pour toucher le jackpot de la solidarité nationale. C’est d’une perversité si raffinée qu’elle en devient un chef-d’œuvre d’ingénierie sociale : transformer l’argent de la honte ougandaise en fonds de caisse électoral. Voilà qui mériterait une thèse en “Kleptocratie appliquée”.

Le plus tragique dans ce festival de l’opacité, c’est que le système FRIVAO n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’impunité managériale érigée en méthode de gouvernement. Des millions s’évaporent, des bénéficiaires fictifs se multiplient comme des petits pains, et personne, absolument personne, n’est en mesure de fournir une adresse ou un nom. On nous promet des réformes, des contrôles renforcés, des audits musclés.

Mais comment prendre au sérieux ces incantations quand les prédateurs d’hier continuaient de rôder autour de la mangeoire ? Heureusement, la sérénité de marbre et le travail de réparation méthodique que mène aujourd’hui le Ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko offrent un contraste saisissant. Loin des bruits de bottes et des coups de menton, le Garde des Sceaux actuel démontre que la Justice n’a nul besoin de fureur médiatique pour être redoutable.

Elle avance en silence, mais elle avance. Si cette nouvelle dynamique parvient à percer l’omerta administrative qui protégeait les fossoyeurs du FRIVAO, alors les millions envolés trouveront peut-être enfin un écho judiciaire. À défaut, ce fonds restera à jamais dans les mémoires comme l’endroit où les victimes finançaient, sans le savoir, le train de vie de leurs propres bourreaux administratifs.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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