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FRIVAO : Bienvenue dans le plus grand cabinet d’illusionnisme financier de la RDC, où les millions s’évaporent et les victimes se multiplient
L’affaire FRIVAO est en train d’accoucher d’un monstre comptable qui ferait passer la caverne d’Ali Baba pour un modèle de transparence suisse. On savait déjà que Constant Mutamba avait un rapport très ludique à l’argent public, sa condamnation pour 19 millions de dollars en étant la carte de visite. Mais ce n’était visiblement que l’apéritif.
Les audiences de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe révèlent que le fonds destiné à panser les plaies des victimes ougandaises ressemblait davantage à une tirelire sans fond troué qu’à un mécanisme de réparation. Le plus beau dans cette farce macabre ? Plus de 2 millions de dollars ont été confiés à des sociétés qui, miracle de l’entrepreneuriat congolais, n’ont ni adresse, ni visage, ni existence légale. Des fantômes administratifs grassement payés pour un travail invisible.
On croirait rêver si les larmes des vrais sinistrés de Kisangani n’étaient pas le seul élément concret de ce dossier. Et comme une gabegie ne vient jamais seule, les listes d’indemnisation se sont transformées en casting politique de seconde zone. Pendant que les veuves et les éclopés attendent leur dû sous des bâches trouées, des apparatchiks bien portants et des militants zélés se sont découvert une vocation tardive de “victimes de guerre”.
L’imagination est décidément la chose la mieux partagée au sein du sérail politique : plutôt que de monter au front, on s’inscrit frauduleusement sur les registres de la douleur pour toucher le jackpot de la solidarité nationale. C’est d’une perversité si raffinée qu’elle en devient un chef-d’œuvre d’ingénierie sociale : transformer l’argent de la honte ougandaise en fonds de caisse électoral. Voilà qui mériterait une thèse en “Kleptocratie appliquée”.
Le plus tragique dans ce festival de l’opacité, c’est que le système FRIVAO n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’impunité managériale érigée en méthode de gouvernement. Des millions s’évaporent, des bénéficiaires fictifs se multiplient comme des petits pains, et personne, absolument personne, n’est en mesure de fournir une adresse ou un nom. On nous promet des réformes, des contrôles renforcés, des audits musclés.
Mais comment prendre au sérieux ces incantations quand les prédateurs d’hier continuaient de rôder autour de la mangeoire ? Heureusement, la sérénité de marbre et le travail de réparation méthodique que mène aujourd’hui le Ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko offrent un contraste saisissant. Loin des bruits de bottes et des coups de menton, le Garde des Sceaux actuel démontre que la Justice n’a nul besoin de fureur médiatique pour être redoutable.
Elle avance en silence, mais elle avance. Si cette nouvelle dynamique parvient à percer l’omerta administrative qui protégeait les fossoyeurs du FRIVAO, alors les millions envolés trouveront peut-être enfin un écho judiciaire. À défaut, ce fonds restera à jamais dans les mémoires comme l’endroit où les victimes finançaient, sans le savoir, le train de vie de leurs propres bourreaux administratifs.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Alliance pour le Changement : Double célébration et message fort de Kabund, ce vendredi 24 avril, pour l’avenir de la RDC
Le Parti Alliance pour le Changement (A.Ch) s’apprête à marquer une étape importante de son parcours politique avec l’organisation d’un double événement ce vendredi 24 avril à l’esplanade du siège à la 11eme Rue Limete. Cette date symbolique coïncide à la fois avec le premier anniversaire de l’enregistrement officiel du parti auprès du ministère de l’Intérieur et le quatrième anniversaire de sa création, traduisant ainsi une montée en puissance progressive de cette formation sur la scène politique congolaise.

Une double commémoration hautement symbolique
Pour les responsables de l’A.Ch, cette célébration ne se limite pas à un simple rappel historique. Elle incarne surtout la consolidation institutionnelle du parti, désormais reconnu légalement, et la confirmation de son ancrage dans le paysage politique national. En quatre années d’existence, l’Alliance pour le Changement a multiplié ses actions et prises de position, cherchant à s’imposer comme une alternative crédible dans le débat démocratique en République démocratique du Congo.
Kabund attendu avec un message d’orientation politique

Point culminant de cette journée : l’intervention du président du parti, Jean-Marc Kabund-A-Kabund. Selon les précisions du secrétaire général Jean-Martin Mukonkole, ce dernier livrera un message fort axé sur « la vie, le salut et l’avenir politique de la RDC ». Une déclaration qui s’annonce stratégique dans un contexte politique marqué par de nombreuses interrogations sur l’avenir du pays et les dynamiques de gouvernance.
Une annonce faite sur la scène médiatique

C’est au cours de son passage dans l’émission « Bosolo na Politik » que Jean-Martin Mukonkole a officialisé la tenue de cet événement, suscitant déjà attentes et spéculations quant au contenu du discours du leader de l’A.Ch. Pour les observateurs, cette prise de parole pourrait définir les grandes orientations du parti dans les mois à venir, notamment en perspective des échéances politiques futures.
À travers cette double célébration, l’Alliance pour le Changement entend ainsi affirmer sa maturité politique et réaffirmer ses ambitions pour l’avenir de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
