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Jules Vahikehya (AVRP) : « Rutshuru et Masisi toujours sous les jougs du M23, il est temps que la force de l’EAC plie le bagage ! »
A quelques jours de la fin du mandat de la force de l’Easten African Community (EAC), les langues se délient. A l’instar du secrétaire général de l’Action des Volontaires pour la Relève Patriotique, AVRP. Pour Jules Vahikehya, la forces de l’EAC a été amenée pour une mission précise et pour un délai quelconque avec la réalisations de plusieurs activités sur terrain. L’EAC étant à la fin du délai, il est logique que l’on évalue ce qui a été prévu, ce qui a été fait et qu’est-ce qui reste à faire, d’après cet acteur politique.
Selon lui, si cette force régionale n’a pas atteint par exemple 50% ou 60% des activités qu’elle devrait réaliser, logiquement on va tirer la conclusion qu’elle a échoué et que de ce fait, on ne devrait plus prolonger le délai. » Si par contre, elle a réussi, alors et qu’il restait une proportion d’activités qu’il faut compléter, alors c’est là qu’on doit dire qu’on lui donne un moment pour compléter le travail. Malheureusement, Rutshuru et Masisi restent occupés par les rebelles », se désole Jules Vahikehya.
« Je constate que Rutshuru reste enclavé et toujours entre les mains du Rwanda par le truchement de ses mercenaires du M23. On voit qu’à Ruthsuru, il n’y a pas d’écoles, il n’y a plus de routes qui sont fréquentées et ils n’ont même pas été enrôlés et les candidats n’ont même pas présentés leurs dossiers à la CENI. C’est-à-dire, la situation est restée statique. À mon avis, l’EAC a échoué et que c’est vraiment insultant d’attendre qu’ils doivent prolonger leur mandat. On doit prolonger leur mandat pour faire quoi ? Mieux que ce qu’ils auraient dû faire qu’ils n’ont pas fait ? Pour moi, je ne suis pas dans le secret du décideur du pays, mais si ça ne dépendait que de moi, l’EAC ne devrait pas rester ! », martèle-t-il.
Le numéro 2 de l’AVRP regrette que l’EAC cohabite avec les rebelles rwandais pendant voici environ 2 ans à Ruthsuru et Masisi ne sachant pas réellement ce qu’ils sont en train de faire à l’intérieur de ces espaces-là. » Pour ceux qui estiment que l’EAC soit remplacée par la force de la Communauté de l’Afrique Australe (SADC), c’est déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul ! », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il mise plutôt sur le renforcement des forces loyalistes de la RDC pour arriver à démettre les M23. Le Sg de l’AVRP émet aussi le vœu de voire le parlement congolais voter la loi sur les réservistes et la formation obligatoire militaire pour tous les jeunes étudiants, tel que l’avait déjà dit le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU).
Précisons que les pays de l’EAC vont se rencontrer au mois de septembre prochain pour tabler sur la question de prolongation du mandat de leur force militaire.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
