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Dossier Joseph Kabila : l’ANVC Grand Kasaï demande la jonction des dossiers des massacres du Kasaï devant la Haute Cour militaire
L’Association nationale des victimes du Congo (ANVC), coordination du Grand Kasaï, a saisi le Premier président de la Haute Cour militaire d’une requête majeure. Cette demande, intervenue à la veille de la deuxième audience du procès de Joseph Kabila — prévue ce jeudi 31 juillet — vise à obtenir la jonction des dossiers des massacres perpétrés dans la région du Kasaï avec ceux déjà instruits concernant les crimes imputés à l’ancien chef de l’État dans l’Est du pays.
L’ANVC, représentant des milliers de victimes des violences ayant ensanglanté le Grand Kasaï entre 2016 et 2017, estime que les exactions commises dans cette région , caractérisées par des massacres à grande échelle, des déplacements forcés et des crimes contre l’humanité , doivent être examinées conjointement avec les autres accusations pesant sur Joseph Kabila.
Dans sa requête, l’association souligne que cette jonction permettrait une vision holistique des crimes. En liant les dossiers du Kasaï à ceux de l’Est, la justice pourrait établir une continuité des violences systémiques sous l’ancien régime. Outre cela, elle réclame la reconnaissance de toutes les victimes : les survivants du Kasaï, longtemps marginalisés dans les procédures judiciaires, verraient enfin leurs souffrances prises en compte. Une telle approche permettrait également une condamnation plus complète, renforçant ainsi la légitimité de la justice congolaise vis-à-vis des victimes, en englobant l’ensemble des chefs d’accusation.
Les charges retenues contre Joseph Kabila
Devant la Haute Cour militaire siégeant en matière pénale, Joseph Kabila est poursuivi pour une série de crimes graves, notamment : implication dans un mouvement insurrectionnel, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, trahison, homicide par arme à feu, apologie de la violence, viol, torture, déportation et occupation militaire de Goma (2012).
Ces accusations, qui concernent principalement les violences dans l’Est du pays, pourraient être élargies si la jonction avec les dossiers du Kasaï était acceptée. Dans le cas contraire, l’ANVC annonce une marche de contestation sur toute l’étendue du territoire, en prélude à la journée du Genocost prévue le 2 août prochain.
Initialement prévue plus tôt, la deuxième audience du procès a été reportée au 31 juillet pour permettre aux parties prenantes — défense, ministère public et avocats des victimes — de finaliser leurs préparatifs. Ce délai a également offert à l’ANVC l’opportunité de déposer sa requête, qui pourrait reconfigurer l’architecture du procès.
MK Félicien / CONGOPROFOND.NET
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Beni sous le choc : 7 membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangese, tués dans une attaque attribuée aux ADF
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins 7 civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026, au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté plusieurs personnes à l’arme blanche avant de poursuivre leur assaut dans d’autres parties de Ngadi », a confié un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient étendu leur incursion à d’autres zones de Ngadi. Outre les six victimes dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et conduits vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des figures les plus populaires de la région. Son décès a suscité une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent une nouvelle fois la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette attaque remet en lumière les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
