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Dossier 100 jours : la piste TRADE PLUS et les faux médicaments à 10 millions USD ( Enquête)

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Le samedi 11 avril 2020 dernier, la chambre du conseil du tribunal de paix de Kinshasa/Matete auditionne le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe sur le dossier des faux médicaments liés à la passation du marché de gré à gré à l’entreprise TRADE PLUS. Cette dernière, indique-t-on, a reçu 10 millions USD pour la fourniture desdits médicaments.

En effet, la chambre du conseil du tribunal de paix de Kinshasa/Matete veut savoir la raison pour laquelle cette dernière a été choisie alors qu’elle n’est pas du domaine pharmaceutique et tient juste une quincaillerie avec cette incidence que les produits qu’elle a commandés sont arrivés à Kinshasa ayant atteint la date de péremption pour la grande partie et donc, impropre à la consommation.

Le directeur de Cabinet du Chef de l’État, Vital Kamerhe, a soutenu que c’est à tort que le Parquet le rend responsable dans ce dossier.

Il a dit que c’est l’actuel ministre de la Santé, Eteni Longondo, qui avait fait expertiser les médicaments et qui avait déclaré en Conseil des ministres que les produits étaient conformes et que c’est lui qui les avait réceptionnés et mis a la disposition de la population. Donc, il n’est responsable de rien.

Cet argument n’a pas convaincu le Ministère public, représenté par l’Avocat général Sylvain Kaluila Muana, le président de la chambre, Kasongo Shako Hilaire, Hugues Ngamuka et Olivier Ngenene, respectivement juges au Tribunal de paix de Matete, qui ont décidé de prolonger à 15 jours la détention provisoire de Vital Kamerhe.

Qu’en est il exactement de ce fameux dossier de TRADE PLUS et des faux médicaments?

Tout débute le 13/06/2019, le Dr Oly Ilunga, alors ministre de la Santé, alerte l’inspection de la santé sur les possibles irrégularités et émet des doutes sur la qualité des médicaments livrés dans un contrat de 10 millions de dollars américains.

Ce qui est confirmé par une facture pro format sans en-tête qui concerne le Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, coordinnation de la santé projet d’urgence 100 jours avec la description des plusieurs médicaments d’une valeur de plus de 5 millions de dollars américains.

Le 13 décembre 2019, soit six mois plus tard, le nouveau ministre de la Santé publique Etebi Longondo Eteni, demande au ministère du Budget de « liquider par procédure exceptionnelle » la somme 1.567.353 millions $ pour assurer la coordination et la logistique de la distribution de ces produits pharmaceutiques et matériels médicaux dans les hôpitaux de référence de toutes les provinces dans le cadre du programme de 100 jours.

Or ces produits pharmaceutiques arrivés à Kinshasa sont en grande partie périmés et donc « impropre à la consommation », comme l’indique les documents du Tripaix de Matete qui mentionne que le fournisseur TRADE PLUS est en réalité une quincaillerie.

Le 18 décembre 2019, le ministre de la Santé, Eteni Longondo, écrit au gérant de la MVG Planet Pharma pour lui faire part de la peremption des produits pharmaceutiques qu’elle a livré au ministère de la Santé. Il lui demande illico de remplacer ses médicaments sous la supervision de la Direction de la pharmacie et du médicament à qui une copie de la lettre est adressée.

MVG PLANET PHARMA est située sur avenue Lomami à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

Dans son accusé de réception du 20/12/2019, le Gérant de MVG PLANET PHARMA informe le ministre de la Santé que sa société a été contactée pour fournir des médicaments à TRADE PLUS SARL dans le cadre du programme urgent de 100 jours.

Il indique que son établissement a fourni les médicaments depuis le mois de mars 2019 en cours tout en restant persuadé que les produits seraient déjà utilisés les huit derniers mois avant la date de péremption.

Toutefois, le Gérant de MVG PLANET PHARMA s’incline devant la décision du ministre et promet de remplacer les médicaments dès le premier trimestre de l’an 2020.

Dans un document qui nous est parvenu, il apparaît que TRADE PLUS a fait sous-traiter l’achat de ces biens à PLANETE Pharma à la date du 09 janvier 2019.

Or pendant cette période, la présidence de la République par le biais du Directeur de cabinet Vital Kamerhe avait interdit toute sortie des fonds dans le Trésor public sans son aval.

Et pourtant le ministre de la Santé a demandé et obtenu du trésor public plus de 1.500.000$ pour distribuer ces produits pharmaceutiques.

Le document du tribunal date de Avril 2020 alors que celui de Eteni est de décembre 2019.

Or Vital Kamerhe dans son audition au tripaix de Kinshasa/Matete confirme que Eteni Longondo a validé ses médicaments au conseil des ministres.

Ce conseil des ministres est supposé avoir eu lieu soit avant le mois de décembre ou pendant ce mois selon Fred Bauma, activiste du mouvement citoyen LUCHA qui s’est aussi apesanti sur ce dossier.

Il s’avère que si le parquet connaissait la péremption de ces médicaments, le ministre devait le savoir également puisque c’est lui qui était chargé de le vérifier avant distribution.

Si les accusations du parquet sont fondées, selon Fred Bauma de la LUCHA, le gouvernement congolais aurait donc distribué des médicaments périmés aux Congolais. Dans quel but? Ce n’est plus qu’une affaire de détournement des fonds mais un scandale qui touche la santé des millions de Congolais.

Plusieurs questions demeurent donc: Qui a décidé de passer cette commande? Qui l’a validé? Comment cela a été décidé? Pourquoi le ministère de la santé ne le savait pas? Où est le rapport de l’inspection de la santé ?

Nous sommes au mois d’avril 2020, soit 1 mois après le premier trimestre 2020, jusqu’ici aucune trace de remplacement des faux médicaments épinglés.

S’agissant de TRADE PLUS, aucune trace de cette entreprise dans le guichet unique de création d’entreprise.

Tout au long de ce dossier, le nom de cette entreprise varie au fil des documents (Trade plus, Trade, etc.).

Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET

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Lemba dans un silence rare : Calme inhabituel et activités paralysées dans plusieurs points chauds ce mercredi matin

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La commune de Lemba, située dans le district de Mont-Amba à Kinshasa, est généralement l’une des municipalités les plus dynamiques de la capitale. Connue pour ses nombreux points chauds, ses marchés actifs et la forte présence de fonctionnaires de l’État ainsi que d’agents des entreprises publiques et paraétatiques, elle vit habituellement au rythme d’une intense activité quotidienne. Mais ce mercredi 03 juin, déclaré jour de « ville morte » par la coalition de l’opposition C64, la réalité sur le terrain est tout autre.

 

 

Un appel politique qui impacte fortement les activités

Cette journée de paralysie a été initiée par des leaders de l’opposition tels que Martin Fayulu, Delly Sessanga, Matata Ponyo et Moïse Katumbi. L’objectif affiché est de contester les intentions attribuées à la mouvance au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation, accusée de vouloir modifier la Constitution du 18 février 2006.

Sur le terrain, cet appel semble avoir produit des effets visibles dans plusieurs zones stratégiques de Lemba.

Lemba-Foire et Kikwit : des terminus presque désertés

Au niveau de Lemba-Foire et de la bifurcation Kikwit – route Foire (2ᵉ porte), habituellement très fréquentés par les chargeurs, motards et tricycles communément appelés « 3 pneus », le décor est surprenant.

Les arrêts de transport sont presque vides, les motos rares, et les passants peu nombreux. Le rythme habituel a laissé place à une atmosphère calme, presque inhabituelle pour ce carrefour habituellement saturé.

Super Lemba et les zones commerciales au ralenti

À Super Lemba, autre point névralgique de la commune, la situation est similaire. Les taxis-bus, très sollicités chaque matin pour les déplacements vers le centre-ville, fonctionnent au ralenti.

Plusieurs commerces ont gardé portes closes, notamment des points de vente, des espaces de jeux et même un centre de loterie habituellement fréquenté. Le célèbre bar « Tche Tche », d’ordinaire animé, affiche également un calme inhabituel.

Écoles et lieux publics peu fréquentés

Dans le secteur éducatif, la situation varie selon les établissements. À Mokengeli, quelques élèves ont été aperçus en classe, tandis qu’au Complexe scolaire Tumaini, aucune présence ni d’élèves ni de personnel n’a été constatée.

Au niveau du Terminus et de la station Salongo, le silence est également dominant en ce début d’après-midi.

Malgré ce calme généralisé sur les grandes artères, certaines avenues comme Lukwila, Lutshatsha, Lombo ou encore le couloir Icolok enregistrent quelques mouvements de population. Toutefois, l’intensité reste largement en dessous de la normale.

Témoignages contrastés des habitants

Rencontrée à Lemba-Foire, une habitante affirme que la situation pourrait rester stable jusqu’en milieu de journée : « Nous sommes là, nous nous déplaçons seulement dans les petites directions. Nous observons la journée. Je devais aller au travail et envoyer ma fille à l’école, mais j’ai préféré rester prudente, craignant d’éventuels troubles comme par le passé », confie-t-elle.

Pour un autre habitant de Motema, cette situation serait davantage le résultat d’une stratégie de peur : « Cette situation est née de la peur, pas d’un message citoyen compris par la population de Kinshasa », estime-t-il.

Présence policière et absence d’incidents majeurs

Au cours de notre parcours dans la commune, aucun incident majeur n’a été signalé. Aucun acte de violence, ni pneus brûlés, ni attroupements de perturbateurs n’ont été observés.

Toutefois, les principales artères restent sous surveillance des unités de la Police nationale congolaise.

Face à l’évolution incertaine de la journée, la rédaction de  poursuit son monitoring de la situation et reviendra avec de nouvelles informations.
À suivre…

Barca Horly Fibilulu Mpia

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