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Lemba dans un silence rare : Calme inhabituel et activités paralysées dans plusieurs points chauds ce mercredi matin
La commune de Lemba, située dans le district de Mont-Amba à Kinshasa, est généralement l’une des municipalités les plus dynamiques de la capitale. Connue pour ses nombreux points chauds, ses marchés actifs et la forte présence de fonctionnaires de l’État ainsi que d’agents des entreprises publiques et paraétatiques, elle vit habituellement au rythme d’une intense activité quotidienne. Mais ce mercredi 03 juin, déclaré jour de « ville morte » par la coalition de l’opposition C64, la réalité sur le terrain est tout autre.

Un appel politique qui impacte fortement les activités
Cette journée de paralysie a été initiée par des leaders de l’opposition tels que Martin Fayulu, Delly Sessanga, Matata Ponyo et Moïse Katumbi. L’objectif affiché est de contester les intentions attribuées à la mouvance au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation, accusée de vouloir modifier la Constitution du 18 février 2006.
Sur le terrain, cet appel semble avoir produit des effets visibles dans plusieurs zones stratégiques de Lemba.
Lemba-Foire et Kikwit : des terminus presque désertés
Au niveau de Lemba-Foire et de la bifurcation Kikwit – route Foire (2ᵉ porte), habituellement très fréquentés par les chargeurs, motards et tricycles communément appelés « 3 pneus », le décor est surprenant.
Les arrêts de transport sont presque vides, les motos rares, et les passants peu nombreux. Le rythme habituel a laissé place à une atmosphère calme, presque inhabituelle pour ce carrefour habituellement saturé.
Super Lemba et les zones commerciales au ralenti
À Super Lemba, autre point névralgique de la commune, la situation est similaire. Les taxis-bus, très sollicités chaque matin pour les déplacements vers le centre-ville, fonctionnent au ralenti.
Plusieurs commerces ont gardé portes closes, notamment des points de vente, des espaces de jeux et même un centre de loterie habituellement fréquenté. Le célèbre bar « Tche Tche », d’ordinaire animé, affiche également un calme inhabituel.
Écoles et lieux publics peu fréquentés
Dans le secteur éducatif, la situation varie selon les établissements. À Mokengeli, quelques élèves ont été aperçus en classe, tandis qu’au Complexe scolaire Tumaini, aucune présence ni d’élèves ni de personnel n’a été constatée.
Au niveau du Terminus et de la station Salongo, le silence est également dominant en ce début d’après-midi.
Malgré ce calme généralisé sur les grandes artères, certaines avenues comme Lukwila, Lutshatsha, Lombo ou encore le couloir Icolok enregistrent quelques mouvements de population. Toutefois, l’intensité reste largement en dessous de la normale.
Témoignages contrastés des habitants
Rencontrée à Lemba-Foire, une habitante affirme que la situation pourrait rester stable jusqu’en milieu de journée : « Nous sommes là, nous nous déplaçons seulement dans les petites directions. Nous observons la journée. Je devais aller au travail et envoyer ma fille à l’école, mais j’ai préféré rester prudente, craignant d’éventuels troubles comme par le passé », confie-t-elle.
Pour un autre habitant de Motema, cette situation serait davantage le résultat d’une stratégie de peur : « Cette situation est née de la peur, pas d’un message citoyen compris par la population de Kinshasa », estime-t-il.
Présence policière et absence d’incidents majeurs
Au cours de notre parcours dans la commune, aucun incident majeur n’a été signalé. Aucun acte de violence, ni pneus brûlés, ni attroupements de perturbateurs n’ont été observés.
Toutefois, les principales artères restent sous surveillance des unités de la Police nationale congolaise.
Face à l’évolution incertaine de la journée, la rédaction de poursuit son monitoring de la situation et reviendra avec de nouvelles informations.
À suivre…
Barca Horly Fibilulu Mpia
Politique
Journée « ville morte » : Christian Bosembe appelle à la responsabilité et met en garde contre les dérives sur les réseaux sociaux
À la veille de la journée « ville morte » décrétée par l’opposition, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a lancé un appel à la vigilance et au sens des responsabilités des citoyens, particulièrement dans l’usage des médias et des plateformes numériques.
Dans un message adressé à la population, le responsable de l’organe de régulation des médias a insisté sur la nécessité de préserver l’ordre public et de respecter le cadre légal durant cette journée qui suscite de nombreuses réactions à travers le pays.

Une mise en garde contre la désinformation et les discours de haine
Christian Bosembe a averti que toute utilisation des réseaux sociaux ou des médias numériques pour diffuser de fausses informations, propager des messages de haine ou inciter à la violence pourrait exposer leurs auteurs à des sanctions prévues par la loi.
Selon lui, les appels à la désobéissance civile, à l’insurrection ou à toute autre forme de trouble à l’ordre public feront l’objet d’une attention particulière de la part des autorités compétentes.
« Toute utilisation des plateformes à des fins de propagation de fausses informations, de messages de haine, d’incitation à la désobéissance civile, à l’insurrection ou à toute forme de violence fera l’objet de sanctions sévères, conformément à la loi », a-t-il souligné.
Tolérance zéro face aux actes de vandalisme
Le président du CSAC a également mis en garde contre la diffusion de contenus visant à glorifier ou encourager des actes de vandalisme, de sabotage ou de destruction des biens publics et privés.
Il estime que la captation et la diffusion d’images de violences ou d’actes de barbarie dans le but de les promouvoir ou d’en faire l’apologie constituent des comportements répréhensibles susceptibles de poursuites.
Dans le même message, Christian Bosembe a demandé aux agents du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication de se présenter normalement à leurs postes de travail afin d’assurer la continuité des missions de régulation et de suivi du paysage médiatique national.
« Le peuple exerce sa souveraineté dans le respect des lois »
Réaffirmant son attachement aux principes démocratiques, le président du CSAC a rappelé que la souveraineté populaire s’exerce dans le respect des lois de la République, des institutions établies et de l’ordre public.
« Dans une démocratie, le peuple est souverain. Il exerce cette souveraineté dans le strict respect des lois, de l’ordre public et des institutions de la République », a-t-il déclaré.
Christian Bosembe a enfin invité les Congolais à ne pas céder à la peur et à privilégier la paix, la responsabilité citoyenne et le respect des valeurs républicaines, tout en formulant des vœux de bénédiction pour la République démocratique du Congo.
Un contexte politique sous tension
Cet appel intervient dans un climat politique marqué par l’annonce d’une journée « ville morte » par plusieurs forces de l’opposition, qui entendent exprimer leur mécontentement sur diverses questions liées à la gouvernance et à la situation sécuritaire du pays. Les autorités, de leur côté, multiplient les appels au calme et au respect des lois afin d’éviter tout débordement susceptible de perturber la vie sociale et économique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
