Justice
Coup d’état avorté à Kinshasa : Katumbi condamne l’acte, l’A/A-UNC et A-V/VK 2018 exigent un procès public des assaillants arrêtés !
Après le drame produit ce dimanche 19 mai 2024 très tôt matin et dont les enquêtes sont toujours en cours pour éclairer l’opinion nationale sur l’identité de ces assaillants, les réactions n’ont pas tardé et continuent à affluer, mettant en avant plan différents points de vue.
Si le Camp « ECIDE » de Martin Fayulu réclame un renfort de sécurité du bâtiment Faden House et de leur leader, le président du parti « Ensemble pour la République » s’affiche en homme d’État avec un message de soutien au régime actuel.
Par le biais d’Olivier Kamitatu, son directeur du Cabinet, Moïse Katumbi avec sa casquette d’opposant condamné avec la dernière énergie cet acte contre le Palais de la Nation, bureau de Félix Tshisekedi, président de la République.
« Moise Katumbi condamne le coup de force opéré hier au Palais de la Nation ainsi que la tentative d’assassinat de Vital Kamerhe. Toute la lumière doit être établie et les responsabilités dressées sur la nature des événements qui ont provoqué ces pertes en vies humaines dans notre capitale« , a-t-il déclaré.
Très en colère, il déplore le fait que le sang des congolais soit versé par ces compatriotes sous prétexte de recherche de vérité, de paix, de stabilité et développement auxquels aspirent tous les congolais.
» Quelle que soit la nature des revendications politiques, le recours à la violence ne peut être une option pour la bonne option,… La recherche de la vérité ne peut conduire à des arrestations arbitraires et des jugements expéditifs. Faute de quoi, jamais la RDC ne sortira du cycle de violences dans lequel elle est enlisée« , a-t-il conclu.
Dans une déclaration lu ce matin, les regroupements politiques A/A-UNC et A-V/VK 2018 à leur tour exigent un procès public de toutes les personnes citées dans cette affaire.

« Nous demandons à la justice congolaise de mener également des enquêtes sérieuses afin d’identifier les différents commanditaires directs et indirects » a déclaré Deocarde CAMUNANI, député national et doyen du groupe Audiovisuel.
Ils appellent par ailleurs la population à se mobiliser comme un seul homme autour du Président de la République, Chef de l’État Félix Tshisekedi pour barrer la route à tout plan de déstabilisation des institutions de la R.D.C.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Responsabilité introuvable : À ce stade du procès, personne n’a établi que Philémon Mambabwa a ordonné de frapper ou séquestré qui que ce soit
Alors que la Cour militaire s’achemine vers la phase des plaidoiries, un constat factuel s’impose avec une acuité dérangeante : en près de huit audiences, aucun témoignage ni aucune pièce versée au dossier n’a permis d’établir un lien direct et univoque entre Philémon Mambabwa et les violences physiques subies par les enfants Mushobekwa.
L’audition des deux principaux renseignants, Sakina R. et Claudien Likulia, loin de clarifier la chaîne de commandement, a plutôt semé le trouble sur l’implication personnelle du prévenu. Sakina a été formelle devant le Ministère Public : “Est-ce que Monsieur Philemon Mambabwa avait donné l’ordre de la brutalité ? Non. Les policiers ont pris leur propre initiative” a-t-elle répondu. Une déclaration capitale, prononcée par une très proche du fils aîné de la principale partie civile, qui fragilise considérablement l’accusation de complicité ou d’instruction de torture.
De son côté, si Claudien maintient avoir entendu l’expression “petite correction”, les policiers commis à la résidence affirment sous serment n’avoir reçu que l’ordre de “garder” les jeunes gens jusqu’à l’arrivée des parents. Cette absence de preuve d’un ordre explicite de violenter les enfants se double d’une zone d’ombre juridique concernant le chef de séquestration. L’audience a confirmé que Philémon Mambabwa, après avoir découvert la présence clandestine de trois garçons majeurs ou quasi-majeurs dans la chambre de sa fille mineure à 4 heures du matin, a d’abord envisagé de les faire conduire à la 7ème Direction de l’ANR – service d’investigation dépourvu de cachot.
Cependant, il est établi et reconnu par toutes les parties que cet ordre n’a jamais été exécuté. Les enfants n’ont jamais quitté la résidence. Ils ont été retenus dans la guérite, dans l’attente, selon la défense, d’une confrontation parentale à une heure décente. Philémon Mambabwa a justifié cette rétention temporaire par un souci de responsabilité : “S’il leur était arrivé quelque chose à 5h du matin dehors, j’aurais été fautif de les avoir exposés”.
Dès lors, la question centrale qui se pose à l’orée des réquisitions est la suivante : la responsabilité pénale de Philémon Mambabwa peut-elle être engagée sur la seule base d’intentions supposées ou d’un environnement sécuritaire dont il aurait mal évalué le zèle ? La partie civile martèle que les cris des enfants étaient audibles depuis le salon et que le prévenu Philemon Mambabwa aurait dû intervenir.
La défense rétorque que ce dernier, après avoir entendu les explications des filles, a réévalué la situation en temps réel et a précisément renoncé à envoyer les garçons à l’ANR pour privilégier un dialogue parental. À ce stade du procès, si le comportement des enfants et des policiers est sévèrement questionné, la matérialité des faits principaux reprochés à Philémon Mambabwa – ordre de frapper et séquestration arbitraire – reste, sur le strict plan factuel et objectif, désespérément non établie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
