Justice
L’amnésie fatale du régime Tshisekedi : Les leçons oubliées de la tragédie de Rossy Mukendi
Dans un récent épisode tragique en RD Congo, la mort de Rossy Mukendi a été un rappel brutal des conséquences meurtrières de l’entêtement pour le pouvoir. Malheureusement, les fervents opposants au troisième mandat de Joseph Kabila, autrefois porteurs de l’espoir démocratique, semblent maintenant prêts à sacrifier la stabilité du pays sur l’autel de leur propre ambition.
Alors que les mémoires de la lutte courageuse contre l’abus de pouvoir semblaient encore fraîches, il est choquant de voir certains protagonistes politiques se transformer en caricatures de leurs anciens idéaux. Ignorant les avertissements gravés dans le sang de ceux comme Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala, Armand Tungulu etc. Ces individus semblent prêts à plonger la nation dans un nouveau cycle de chaos et de désespoir.
La question se pose : comment des défenseurs de la démocratie peuvent-ils si rapidement se transformer en fossoyeurs de l’ordre social qu’ils prétendaient protéger? Est-ce l’appât du pouvoir qui corrompt leur vision, ou une amnésie sélective qui leur fait oublier les sacrifices passés ? Le discours prophétique du président Jean-Marc Kabund-a-Kabund sur le complot du régime contre la république se matérialise totalement sous nos yeux.
En cet instant critique, il est impératif de se souvenir des leçons douloureuses du passé et de celui qui a personnellement quitté tous les avantages du pouvoir pour sauver la nation en danger. L’histoire de la RDC est jonchée de luttes et de souffrances pour la liberté et la justice. Ignorer ces sacrifices revient à trahir la mémoire de ceux qui ont donné leur vie ou celui qui a sacrifié sa carrière pour un avenir meilleur.
Alors que les loups politiques se parent des habits de la démocratie pour mieux masquer leurs intentions autoritaires, il revient au peuple congolais de rester vigilant et de défendre les valeurs pour lesquelles tant ont combattu. Car dans l’oubli des leçons du passé réside le danger de répéter les erreurs qui ont coûté la vie à des héros comme Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala,, Armand Tungulu et bien d’autres.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Responsabilité introuvable : À ce stade du procès, personne n’a établi que Philémon Mambabwa a ordonné de frapper ou séquestré qui que ce soit
Alors que la Cour militaire s’achemine vers la phase des plaidoiries, un constat factuel s’impose avec une acuité dérangeante : en près de huit audiences, aucun témoignage ni aucune pièce versée au dossier n’a permis d’établir un lien direct et univoque entre Philémon Mambabwa et les violences physiques subies par les enfants Mushobekwa.
L’audition des deux principaux renseignants, Sakina R. et Claudien Likulia, loin de clarifier la chaîne de commandement, a plutôt semé le trouble sur l’implication personnelle du prévenu. Sakina a été formelle devant le Ministère Public : “Est-ce que Monsieur Philemon Mambabwa avait donné l’ordre de la brutalité ? Non. Les policiers ont pris leur propre initiative” a-t-elle répondu. Une déclaration capitale, prononcée par une très proche du fils aîné de la principale partie civile, qui fragilise considérablement l’accusation de complicité ou d’instruction de torture.
De son côté, si Claudien maintient avoir entendu l’expression “petite correction”, les policiers commis à la résidence affirment sous serment n’avoir reçu que l’ordre de “garder” les jeunes gens jusqu’à l’arrivée des parents. Cette absence de preuve d’un ordre explicite de violenter les enfants se double d’une zone d’ombre juridique concernant le chef de séquestration. L’audience a confirmé que Philémon Mambabwa, après avoir découvert la présence clandestine de trois garçons majeurs ou quasi-majeurs dans la chambre de sa fille mineure à 4 heures du matin, a d’abord envisagé de les faire conduire à la 7ème Direction de l’ANR – service d’investigation dépourvu de cachot.
Cependant, il est établi et reconnu par toutes les parties que cet ordre n’a jamais été exécuté. Les enfants n’ont jamais quitté la résidence. Ils ont été retenus dans la guérite, dans l’attente, selon la défense, d’une confrontation parentale à une heure décente. Philémon Mambabwa a justifié cette rétention temporaire par un souci de responsabilité : “S’il leur était arrivé quelque chose à 5h du matin dehors, j’aurais été fautif de les avoir exposés”.
Dès lors, la question centrale qui se pose à l’orée des réquisitions est la suivante : la responsabilité pénale de Philémon Mambabwa peut-elle être engagée sur la seule base d’intentions supposées ou d’un environnement sécuritaire dont il aurait mal évalué le zèle ? La partie civile martèle que les cris des enfants étaient audibles depuis le salon et que le prévenu Philemon Mambabwa aurait dû intervenir.
La défense rétorque que ce dernier, après avoir entendu les explications des filles, a réévalué la situation en temps réel et a précisément renoncé à envoyer les garçons à l’ANR pour privilégier un dialogue parental. À ce stade du procès, si le comportement des enfants et des policiers est sévèrement questionné, la matérialité des faits principaux reprochés à Philémon Mambabwa – ordre de frapper et séquestration arbitraire – reste, sur le strict plan factuel et objectif, désespérément non établie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
