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Butembo: Une quarantaine d’experts-comptables outillés en élaboration des états financiers par le cabinet Gaétan Luhavo

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Une quarantaine de personnes ont été formées durant trois jours par le cabinet de l’expert-comptable Gaëtan Luhavo, en partenariat avec le cabinet Expertise Plus de Juhudi Doué, basé à Goma, sur la production des premiers états financiers du système comptable des entités à but non lucratif. Cette formation s’est tenue depuis lundi 31 mars au centre d’accueil Jolie Rêve de Butembo, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Les participants comprenaient des experts-comptables, des enseignants du supérieur et certains responsables financiers d’entités à but non lucratif de la ville et de ses environs.

Selon l’expert-comptable Gaëtan Luhavo, cette formation vise à doter les comptables et financiers des compétences nécessaires pour établir leurs comptes annuels 2024 selon le nouveau système comptable des entités à but non lucratif. On attend de ces formés qu’ils produisent une information financière fiable et qu’ils remplissent facilement des états financiers à déposer auprès des instances étatiques à partir du 30 avril, a-t-il ajouté.

« Nous attendons d’eux la bonne application des pratiques apprises, afin que les entités à but non lucratif, telles que les ASBL, ONGs, confessions religieuses et universités privées, puissent produire une information financière fiable et remplir aisément les états financiers à soumettre aux instances étatiques à partir du 30 avril, garantissant ainsi que ces états financiers soient les plus fiables possible« , a-t-il déclaré.

Cet expert en comptabilité des entités à but non lucratif a souligné qu’il y a beaucoup de nouveautés que les bénéficiaires de cette formation ont apprises, notamment la technique de la comptabilité de projets de développement, en distinguant les projets spécifiques des projets de développement, qui ont des comptabilités différentes.

« Les nouveautés se rapportent à la technique de la comptabilité des projets de développement, où nous avons expliqué que les projets spécifiques, dont la majorité sont des projets d’urgence, doivent être comptabilisés immédiatement dans la comptabilité de l’organisation, alors que les projets de développement constituent des entités distinctes nécessitant une comptabilité séparée qui ne doit pas être fusionnée avec celle des organisations », a-t-il précisé.

Les participants ont exprimé que cette formation représente une valeur ajoutée. Ils estiment qu’ils pourront désormais produire des états financiers sans difficulté majeure. C’est le cas de l’expert-comptable Mubingi Kamate Samy.

« Nous sommes des heureux élus, si je puis dire, de ce que nos formateurs ont appris à Kinshasa en janvier dernier. À l’issue de cette formation, nous avons acquis de nombreuses innovations. C’est d’abord un système comptable nouveau qui rassemblera spécifiquement les états financiers qui seront produits pour la première fois en RDC dans le secteur des entités à but non lucratif, notamment les ASBL, ONG de développement, associations et autres projets communautaires. C’était vraiment une première dans la ville de Butembo, et nous pensons que les participants à cette formation auront les capacités nécessaires pour produire leurs premiers états financiers sans rencontrer trop de difficultés« , s’est-il réjoui.

Pour votre information, les états financiers sont des documents qui permettent la publication et la communication de l’information financière. Pour le système comptable des entités à but non lucratif, il existe deux types d’états financiers : ceux des organisations et ceux des projets de développement.

Le cabinet de l’expert-comptable Gaëtan Luhavo, avec son partenaire, prévoit d’organiser plusieurs autres formations cette année, dont la prochaine est envisagée à mi-avril sur la technique de production des états financiers pour les petites entités.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET

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« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés

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Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.

Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.

Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.

Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.

Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.

Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.

Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.

Junior kasamba/Congoprofond.net

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