Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
Provinces
Kasaï-Central : Paulin Kanku quitte la présidence fédérale du FIDEC pour des convictions politiques
Le président fédéral du Front des indépendants pour la démocratie chrétienne (FIDEC) au Kasaï-Central, Paulin Kanku, a annoncé ce mercredi 10 juin sa démission de ses fonctions, mettant ainsi un terme à son mandat à la tête de la fédération provinciale du parti. Il affirme que cette décision est motivée par des convictions politiques et des raisons personnelles, tout en réitérant sa fidélité à l’autorité morale du parti, Fifi Masuka Saini.
Selon l’ancien responsable fédéral, cette démission ne constitue nullement une rupture avec le FIDEC, mais plutôt une nouvelle orientation dans sa manière de contribuer à la vie du parti.
« Aucune raison grave, mais il s’agit surtout de raisons personnelles et de convictions politiques. J’ai estimé qu’il était important pour moi de prendre une autre orientation dans ma manière de servir le parti et l’autorité morale. Ce n’est pas une rupture avec le FIDEC, mais un changement de fonction », a-t-il déclaré.
Paulin Kanku évoque également plusieurs difficultés ayant affecté le fonctionnement de la fédération provinciale ces dernières années. Il fait notamment état d’un manque de communication entre les structures provinciales et nationales du parti, ainsi que de la fermeture prolongée du siège fédéral, une situation qui aurait alimenté le mécontentement des militants.
« Il y a eu un silence total entre l’administration provinciale et l’administration nationale. La porte de la fédération est fermée depuis environ deux ans et les militants exercent une forte pression. Dans ces conditions, il devenait difficile de poursuivre normalement la mission à la tête de la fédération », a-t-il expliqué.
Face à ces contraintes, il affirme avoir privilégié une démarche responsable afin de permettre une nouvelle dynamique au sein de la formation politique, tout en restant disponible pour accompagner son évolution.
L’ancien président fédéral tient toutefois à préciser que sa démission concerne uniquement ses fonctions dirigeantes. Il demeure membre effectif du FIDEC et assure conserver son engagement envers les idéaux du parti.
« Je reste membre effectif du FIDEC. J’ai démissionné de mes fonctions, pas du parti. Je reste loyal à l’autorité morale et à l’idéologie. S’il y a une réorganisation, je serai disponible pour contribuer à nouveau », a-t-il conclu.
Cette démission intervient dans un contexte marqué par des attentes croissantes des militants quant à la relance des activités et au renforcement de l’organisation du parti au Kasaï-Central.
Mike Tyson Mukendi
