Provinces
Butembo : La synergie des mouvements citoyens et groupes de pression évalue positivement la journée ville morte et suspend la marche pacifique de ce mercredi
La synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a évalué positivement la journée ville morte de ce mardi 1ᵉʳ avril 2025, qu’elle avait décrétée pour protester contre un éventuel retrait de l’UPDF du territoire de Lubero.
Selon le porte-parole de cette structure, Kabambi Kananga Yves Célestin, la cessation des activités socio-économiques et scolaires en ville de Butembo a atteint plus de 90%. Il a remercié la population pour avoir suivi leur appel.
“D’entrée de jeu, nous remercions la population de Butembo qui a suivi l’appel de la synergie des mouvements citoyens, des groupes de pression et d’autres associations partenaires. À plus de 90%, l’appel à la journée ville morte a été respecté. Toutes les activités ont été paralysées pour que notre message au gouvernement congolais soit entendu : nous demandons la consolidation du partenariat entre l’UPDF et les FARDC et le maintien des positions de l’UPDF, afin de nous organiser en interne et de dénoncer avec véhémence l’agression rwandaise”, s’est-il félicité.
Toutefois, la synergie a décidé de suspendre la marche pacifique initialement prévue pour ce mercredi 2 avril. Kabambi Kananga Yves Célestin justifie cette décision par l’évolution positive des discussions avec les autorités et le maintien du partenariat entre l’UPDF et les FARDC, dont les positions restent inchangées dans toute la région.
“À l’issue des échanges que nous avons eus avec les autorités, il s’avère qu’il y a une évolution positive de la situation par rapport à nos revendications. Le partenariat entre l’UPDF et les FARDC est maintenu, et les positions de l’UPDF restent intactes dans toute la région. De plus, des discussions se poursuivent, et d’autres communications suivront en fonction de l’évolution de la situation. À cet égard, nous estimons nécessaire de suspendre la marche prévue pour demain, afin de donner la chance aux échanges avec les autorités politiques de notre pays”, a-t-il annoncé.
À cette occasion, la synergie appelle la population à ne pas se laisser distraire par des communications mensongères circulant sur les réseaux sociaux. Selon Kabambi Kananga Yves Célestin, les autorités communiquent par des voies officielles, et seules ces sources doivent être considérées comme fiables.
Pour rappel, la synergie des mouvements citoyens avait décrété une journée ville morte ce mardi 1ᵉʳ avril et prévu une marche pacifique ce mercredi 2 avril pour protester contre un éventuel retrait de l’armée ougandaise du territoire de Lubero. Cependant, ce retrait n’a jamais été officiellement annoncé ni par les autorités congolaises ni par celles de l’Ouganda.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
