Actualité
Butembo : La synergie des mouvements citoyens annonce des actions contre le retrait de l’UPDF à Lubero
La synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, projette des actions de grande envergure pour ce mardi 1er avril et jeudi 2 avril dans cette ville commerciale. Cette structure l’a décidé ce lundi 31 mars 2025 au cours d’une réunion tenue au Centre de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC). Cela fait suite à l’annonce d’un éventuel retrait des troupes ougandaises de l’UPDF en territoire de Lubero. Elle veut ainsi exprimer son opposition au départ de l’armée ougandaise dans cette région.
Dès ce mardi 1er avril, elle décrète une journée ville morte, c’est-à-dire sans activités. Le mercredi 2 avril, une marche pacifique débutera au rond-point Njiapanda pour se terminer à l’hôtel de ville, a annoncé Kabambi Kananga, porte-parole occasionnel de cette structure.
“Notre synergie a décidé d’actions de grande envergure qui s’imposent dans l’urgence. La première action, c’est que demain nous appelons à une journée ville morte, avec cessation de toutes les activités dans la ville de Butembo. Cette action sera suivie, le mercredi, d’une marche pacifique qui débutera à 9h au rond-point Njiapanda jusqu’à la mairie, où un mémo sera lu à l’intention des autorités du gouvernement en présence du maire de Butembo. En parallèle, des contacts seront établis pour rencontrer les autorités et engager des échanges fructueux”, a-t-il déclaré.
L’UPDF est engagée dans les opérations SUJAA aux côtés des FARDC depuis 2021 pour lutter contre l’activisme des ADF en territoire de Beni, avant d’étendre son action en territoire de Lubero en 2024. Avec l’avancée des rebelles du M23 vers le Grand Nord de la province du Nord-Kivu, elle s’est redéployée vers le sud du territoire de Lubero. Certains estiment que sa présence empêche l’occupation des villes de Butembo et de Beni par cette rébellion. C’est pourquoi une grande partie des habitants de la région souhaite voir cette armée ougandaise maintenir ses positions à Lubero.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
