À la Une
Mike Mukebayi : “Je prendrai mon sac de couchage pour m’installer devant l’ANR afin d’avoir mon passeport !”
Invité sur le plateau de CML13 TV, ce lundi 21 avril, l’opposant Mike Mukebayi a révélé qu’il ne dispose toujours pas de passeport, malgré une demande introduite et les frais intégralement payés depuis deux mois.
« Le dossier a été pris en charge à un certain niveau à l’ANR, mais il n’a pas évolué », explique-t-il au micro de Louis France Kuzikeza. Et de préciser : « Laissez-moi vous expliquer un peu comment cela s’est passé. J’ai fait ma demande une semaine avant ma libération. Dès ma sortie, j’ai constaté qu’ils me baladaient d’un service à l’autre. Le processus a été retardé à chaque étape. »
Un responsable d’un service spécifique lui aurait confié, de manière explicite, que des instructions avaient été données pour bloquer le traitement de son dossier. « Et pourtant, cela fait maintenant deux mois que j’attends toujours mon passeport », déplore-t-il.
“Ce n’est pas un privilège, c’est un droit”
Mukebayi saisit cette occasion pour rappeler : « Ce n’est pas un privilège, c’est un droit. Un droit que nous, Congolais, devons tous pouvoir exercer librement, sans obstruction. »
Et de dénoncer : « On parle de hiérarchie à l’ANR… Cela signifie-t-il que la décision vient de M. Justin Inzun Kakiak, administrateur général de l’Agence nationale de renseignements ? »
Puis, avec insistance : « Je ne comprends pas cette fixation sur ma modeste personne. Je ne suis pas le seul concerné. C’est également le cas de Moïse Katumbi, d’Olivier Kamitatu, tous membres d’Ensemble pour la République. »
“J’ai passé 22 mois en détention illégale”
L’ancien député rappelle son parcours : « J’ai passé 22 mois en détention illégale. J’ai été arrêté brutalement, maltraité, cagoulé. Mon seul crime ? Croire en des idées, les défendre, les porter. »
Et aujourd’hui encore, poursuit-il, on le prive de sa liberté de circuler, en le maintenant sans passeport : « Un individu, quelque part, a décidé ainsi. »
« Et pendant ce temps, on voit à la télévision des visages graves, bien habillés, cravate au cou, nous dire qu’avec Félix Tshisekedi, nous vivons dans un État de droit. Mais de quel État de droit parle-t-on ? Quand la volonté d’un individu l’emporte sur les lois de la République, quand une décision unilatérale peut priver un citoyen de ses droits fondamentaux, il ne s’agit plus d’un État de droit. », a martelé cet acteur politique.
Une question de justice, pas d’appartenance politique
Mukebayi insiste : il ne s’agit pas d’un cas isolé. « Tous ceux qui s’engagent pour la République sont confrontés aux mêmes blocages. Pourquoi ce clash, alors que nous devrions avancer ensemble pour le bien du pays ? »
Et de conclure avec force : « Je suis prêt à prendre mon sac de couchage et à m’installer devant le service d’identification de l’ANR, avec la presse, jusqu’à ce qu’on me remette mon passeport. C’est une question de droit, une question de justice, pas d’appartenance politique. Je l’ai dit : si cette situation persiste, je prendrai mes responsabilités. En tant que citoyen. »
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
