Politique
Suspension du PPRD : Le ministère de l’Intérieur sonne l’interdiction générale
Dans un télégramme officiel daté de ce mardi, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a instruit sans ambages tous les gouverneurs de provinces d’exécuter l’arrêté suspendant les activités du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de l’ancien président Joseph Kabila.
«Veillez à l’application sans faille de l’Arrêté portant suspension d’un parti politique, en l’occurrence le PPRD», ordonne le document, adressé à l’ensemble des exécutifs provinciaux.
Cette mesure tombe au lendemain d’une rumeur massive, relayée tant par les médias congolais qu’internationaux, annonçant l’arrivée à Goma de Joseph Kabila. Toutefois, aucune image, ni déclaration officielle n’a confirmé sa présence dans la capitale du Nord-Kivu.
Le gouvernement accuse l’ex-président de parrainer la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée du M23, actuellement active dans l’Est du pays. Des accusations que le PPRD rejette fermement.
Dans un communiqué publié lundi, le parti a catégoriquement nié la présence de Joseph Kabila à Goma, tout en dénonçant toute tentative de l’impliquer dans les activités du M23 ou de ses alliés.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
