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Uvira sous le choc : le cri silencieux d’un berceau vide

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Ce lundi 13 avril 2026 restera gravé comme une plaie ouverte dans la mémoire collective d’Uvira. Dans le quartier paisible de Rugenge, au cœur de la commune de Kavimvira, l’impensable a déchiré le voile fragile de l’innocence. Alors que des parents s’étaient absentés un instant, confiants dans le voisinage, un homme de 65 ans aurait commis l’irréparable, s’en prenant à la vie à peine éclose d’un nourrisson de trois mois.

Ce petit être qui ne connaissait du monde que la chaleur des bras maternels et le goût du lait sucré a été retrouvé grièvement blessé, égorgé par la main de celui qui aurait dû incarner la sagesse de l’âge. L’horreur de la scène a glacé les ruelles de Rugenge, transformant les cris habituels des jeux d’enfants en un silence lourd, uniquement percé par les sanglots étouffés d’une famille anéantie. Ce n’est pas seulement un bébé que l’on a frappé.

C’est le symbole même de l’espoir et de l’avenir d’une communauté que l’on a tenté d’éteindre dans un accès de violence inqualifiable. Face à ce déchaînement de cruauté, la réaction de la cité lacustre a été aussi vive que l’acte était barbare. Les Forces armées de la RD Congo, épaulées par les jeunes patriotes des groupes d’autodéfense “Wazalendo”, ont fait preuve d’une remarquable célérité pour empêcher que le suspect ne se dérobe à ses responsabilités.

L’homme a été promptement interpellé, soustrait de justesse à une foule légitimement ivre de douleur et de colère, qui voyait en cette arrestation la seule digue capable de contenir le torrent d’émotion menaçant de tout emporter. Pendant ce temps, dans un ballet d’urgence silencieux, le petit corps meurtri luttait pour s’accrocher à la vie entre les murs d’une structure hospitalière. “Inhumain”, “abject” : les mots manquent pour qualifier ce geste.

Mais ils résonnent en écho dans le communiqué de la cellule de rédaction du citoyen Byadunia Mashaka André, qui a porté la voix d’une population entière en appelant à ce que toute la lumière soit faite sur ce drame. Désormais, les regards se tournent vers l’enquête, seul phare d’espoir dans cette nuit de désolation. La justice est attendue comme un baume, non pour effacer l’irréparable, mais pour réaffirmer que la vie d’un enfant de trois mois a un poids, une valeur sacrée que nul ne peut piétiner impunément.

Alors que le bébé se bat dans le silence aseptisé d’une chambre d’hôpital, c’est toute une communauté qui retient son souffle, priant pour que ce petit cœur, victime de la folie des hommes, trouve la force de continuer à battre. Uvira pleure aujourd’hui sur un berceau vide, mais la ville espère aussi que de cette tragédie naîtra un sursaut : celui d’une justice exemplaire qui rendra, enfin, à cette enfance volée, la dignité qu’on a tenté de lui ôter.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux

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La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.

Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.

Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.

Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.

Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.

Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.

 

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