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Haut-Uele : le “Muzinga”, une bombe à retardement à Dilolo
À Dilolo, dans le secteur Mangbutu en territoire de Watsa (province du Haut-Uele), le danger ne prévient plus. Il surgit, explose, projette des pierres… et met des vies en péril. Pourtant, la situation continue de susciter peu de réactions concrètes sur le terrain.
Les activités de minage artisanal, connues localement sous le nom de « Muzinga », prennent une tournure de plus en plus préoccupante. Ce qui devrait constituer une activité économique devient progressivement une menace directe pour la sécurité des populations.
Selon les informations recueillies dans un échange avec CongoProfond.net ce mercredi 15 avril 2026, la société civile locale alerte sur la gravité de la situation.
Le mardi 14 avril 2026, aux environs de 8h30, un incident a une nouvelle fois illustré ce danger. Des pierres projetées lors d’une opération de minage ont blessé deux personnes. D’après la même source, ce type de cas devient de plus en plus fréquent dans la zone.
Plus inquiétant encore, Héritier Akotaya, président de la société civile, forces vives, antenne de Dilolo et Dembu, affirme avoir lui-même échappé de justesse à un accident. Alors qu’il se déplaçait à bord d’un triporteur, des pierres issues d’une opération de minage ont violemment atterri dans l’engin. Il précise avoir survécu grâce au port d’un casque de protection.
Face à cette situation, la société civile dénonce également la multiplication des opérations de concassage, appelées localement « scianire », menées dans plusieurs coins de Dilolo sans encadrement adéquat.
Ces pratiques contribuent à la dégradation de l’environnement, compliquent l’accès à l’eau potable et exposent la population à des risques sanitaires et sécuritaires.
Les premières victimes restent les couches les plus vulnérables, notamment les élèves, les femmes enceintes et les personnes âgées, laissées sans protection face à ces activités dangereuses.
La société civile appelle l’entreprise FIDEX à organiser des séances de sensibilisation et de formation à l’intention des exploitants artisanaux impliqués dans le « Muzinga ». Elle recommande également de s’inspirer des pratiques de certaines entreprises minières industrielles, notamment Kibali Gold Mine, qui informent les populations avant toute opération de minage afin de limiter les risques.
Enfin, elle exhorte les autorités compétentes à s’impliquer davantage dans l’encadrement de ces activités et à garantir la protection des populations locales.
Elle invite également les exploitants à privilégier la sécurité collective plutôt que la recherche exclusive de profits.
Junior kasamba/Congo profond