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Analyses et points de vue

Utiliser la puissance américaine comme arme diplomatique de la RDC : le génie tactique de Félix Tshisekedi pour la souveraineté congolaise

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Le 2 mars 2026 restera gravé dans les annales de la diplomatie congolaise comme le jour où la justice internationale a enfin pris le visage de la puissance américaine. L’OFAC, cette institution tant décriée pour son arrogance impériale, vient de rendre une décision que l’histoire retiendra comme un acte de courage politique et de clairvoyance stratégique.

En plaçant les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de ses plus hauts responsables sur la liste noire des ressortissants spécialement désignés, Washington a non seulement entendu le cri de détresse du peuple congolais, mais a surtout osé nommer l’agresseur que trop de chancelleries s’obstinaient à ménager. Une sanction qui porte un nom : celui de la souveraineté congolaise bafouée, enfin reconnue par la première puissance mondiale.

Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée rwandaise, Ruki Karusisi, commandant de la 5e division d’infanterie, Mubarakh Muganga, chef d’état-major de la défense, et Stanislas Gashugi, commandant des forces spéciales, voient désormais leurs avoirs gelés et leurs transactions interdites avec le système financier américain . Car il faut mesurer le chemin parcouru pour en arriver à cette décision historique qui est le fruit de l’abnégation et de l’obstination de Félix Tshisekedi.

Kinshasa n’a cessé, pendant des années, d’alerter la communauté internationale sur le soutien militaire direct du Rwanda au RDF/M23, ce groupe terroriste qui ensanglante l’Est de la RDC avec une régularité méthodique. Les preuves s’accumulaient, les rapports de l’ONU se succédaient, et pourtant, le déni persistait. Jusqu’à ce que l’administration Trump, par la voix du secrétaire au Trésor Scott Bessent, ose enfin déclarer ce que l’évidence imposait.

“Des milliers de soldats des RDF sont déployés à travers l’Est de la RDC, où ils ont participé à des opérations de combat et facilité l’expansion territoriale du RDF/M23”. L’accusation est précise, étayée, implacable : formation des combattants, fourniture de drones, de systèmes de brouillage GPS, d’équipements de défense aérienne, soutien logistique aux zones minières stratégiques. La voix de la RDC, portée par son Président Félix Tshisekedi, n’était pas un cri dans le désert.

Elle était l’alerte d’un État agressé qui attendait que le monde daigne ouvrir les yeux. Au-delà de la sanction elle-même, c’est tout un symbole qui s’impose : les Accords de Washington pour la paix et la prospérité, signés le 4 décembre 2025 sous l’égide de Donald Trump, ne resteront pas lettre morte. Lorsque le RDF/M23 a capturé Uvira, près de la frontière burundaise, quelques jours seulement après cette signature solennelle, Paul Kagame a cru pouvoir défier Donald Trump avec l’impunité dont il bénéficiait depuis trop longtemps.

L’OFAC vient de lui répondre avec la fermeté que mérite cette duplicité. Les sanctions annoncées ne sont pas un geste symbolique : elles bloquent tous les avoirs sous juridiction américaine, interdisent toute transaction avec les entités désignées, et exposent les institutions financières étrangères à des sanctions secondaires si elles contournent ces mesures. Le secrétaire Bessent a été clair : “Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, armes et équipements des Forces de défense rwandaises”.

Les États-Unis d’Amérique, par cet acte, ne se font pas seulement le gendarme du monde ; ils se font l’avocat d’une cause juste, celle d’un pays, la RDC, qui ne demande qu’à vivre en paix sur son territoire souverain. Une leçon pour tous ceux qui doutaient encore que la voix de Kinshasa pouvait être entendue au plus haut niveau du monde.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Ormuz sous verrou : Les gouvernements ouvrent les vannes, la RDC n’y déroge pas ( Décryptage d’Aldo Kamwanga, Expert du secteur des ressources naturelles et Consultant )

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Le souffle de l’histoire est devenu brûlant. Alors que Donald Trump vient de couper court à tout espoir de désescalade immédiate en annulant le vol de ses émissaires, Jared Kushner et Steve Witkoff, vers le Pakistan, et que Union européenne, réunie en urgence, dresse le constat d’un choc durable né des fronts iranien et ukrainien, la réalité nous rattrape à la pompe.

Le détroit d’Ormuz n’est plus une simple ligne sur une carte maritime ; c’est un garrot qui se resserre sur la gorge de l’économie mondiale. Avec une offre amputée de 20 % en un clin d’œil, le marché ne se contente pas de convulser : il délire. De Paris à Kinshasa, en passant par Nairobi, le pistolet à la pompe ne distribue plus seulement du carburant, il injecte un poison lent : l’inflation.

Les chiffres donnent le vertige et dessinent une géographie de la crise : +15 % sur le diesel au Kenya, +13 % en moyenne dans une zone Schengen où l’Allemagne frôle les 20 %, et un bond de 18 % au Royaume-Uni. Dans cet œil du cyclone, la République démocratique du Congo semble, pour l’heure, jouer les amortisseurs avec une hausse contenue sous les 10 %.

La perfusion : le grand retour de l’État-providence

Face au spectre d’une explosion sociale ( des “gilets jaunes” européens aux émeutes possibles à Luanda ou à Nairobi ) les dogmes libéraux volent en éclats. C’est le retour fracassant des subventions massives, cette “perfusion” financière devenue l’unique rempart, au grand dam des institutions de Bretton Woods.

L’Europe et son “quoi qu’il en coûte” : Bruxelles a ressorti les recettes de la crise sanitaire. La France et l’Allemagne subventionnent leurs secteurs vitaux à bout de bras. L’Espagne renonce à 5 milliards d’euros de recettes de TVA. Même la Belgique mobilise 80 millions d’euros pour éviter la paralysie des ménages les plus fragiles.

L’Afrique, elle, est au pied du mur : ici, on ne gère pas, on pare au plus pressé. Si Nairobi divise sa TVA par deux, Kinshasa opte pour l’électrochoc : une TVA à 0 %. L’objectif est autant politique qu’économique : bloquer l’effet domino avant que le moteur de l’économie réelle ne se grippe.

Le paradoxe du raffinage : dépendance africaine, repli européen

C’est ici que le bât blesse, et Organisation des producteurs de pétrole africains ne s’y trompe pas. Le paradoxe est cruel : l’Afrique déborde de brut, mais manque de produits finis.

Le constat dressé le 17 avril lors d’un webinaire de African Energy Commission est sans appel : sans une capacité de raffinage locale d’au moins 150 000 barils par jour et par région, le continent restera otage des soubresauts mondiaux.

Comme l’a souligné Lerato Mataboge, cette dépendance ( jusqu’à 80 % d’essence importée ) constitue une menace directe pour la souveraineté des réserves de change.

Pendant ce temps, l’Europe réduit ses capacités. Sous la pression de normes environnementales strictes et de la fin programmée du moteur thermique à l’horizon 2035, les raffineries ferment ou se transforment. L’exemple de Grandpuits illustre ce basculement : une victoire écologique, mais un affaiblissement stratégique à court terme.

Cap sur le 8 mai : Addis-Abeba, l’heure de vérité

Le prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba ne sera pas une réunion de plus. Il doit marquer une riposte systémique.

Réserves stratégiques, interconnexion énergétique, accélération du solaire : le plan existe. En 2026, la transition énergétique n’est plus un luxe, mais une nécessité. L’indépendance ne se proclame plus, elle se construit.

Aldo Kamwanga/Expert et Consultant 

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