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Tribune: Pourquoi défier ouvertement le monde occidental ?( Par Innocent Kambale, spécialiste en Politique étrangère)

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La délégation de la RDC composée essentiellement de hauts responsables de la défense et de la sécurité, a séjourné à Kigali du 12 au 14 février 2021 pour une visite de travail. Le but de cette visite était de discuter avec la partie rwandaise des moyens efficaces de faire face aux menaces à la sécurité qui affectent les deux pays. Cette rencontre bilatérale fait du reste suite à une autre tenue à Kinshasa le 19 janvier 2021.

Selon les réseaux sociaux, Monsieur François BEYA KASONGA, Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en matière de Sécurité, et chef de la délégation congolaise aurait déclaré ceci : « Nous sommes venus ici pour défier le monde entier, en particulier le monde occidental, qui ne veut pas que nous parlions et travaillions ensemble. Nous sommes ici pour leur dire que nous sommes un et que nous ne voulons jamais de conflits entre nous ».

En effet, les propos tenus par le patron du Conseil National de Sécurité (CNS) à cette réunion stratégique entre la RDC et le Rwanda ont été mal relayés, aussi bien par la presse écrite que les réseaux sociaux. Monsieur François BEYA KASONGA, fin diplomate de son état, avec une expérience de plus de 40 ans dans la diplomatie et la sécurité extérieure, ne pouvait aucun cas, tenir ce genre de propos, surtout qu’il est très bien introduit dans le milieu occidental. L’on ne voit pas pourquoi il s’attaquerait ouvertement aux occidentaux.

S’il est vrai que le Conseiller Spécial François BEYA aurait tenu ces propos, il connaît peut-être les raisons pour lesquelles il les aurait tenus, surtout qu’il maitrise bien le fonctionnement du monde occidental.

Cependant, il y a lieu de retenir que le Conseiller Spécial François BEYA KASONGA a effectivement déclaré ceci : « Nous sommes venus pour montrer à la face du monde que les Rwandais et les Congolais sont un seul peuple, capable de travailler ensemble pour trouver une solution aux menaces communes »

L’opinion publique ne devrait pas s’alarmer outre mesure. Elle est donc invitée à ne pas suivre les commentaires d’intoxication alimentés avec l’intention de ternir l’image de François BEYA tant sur le plan national qu’international.

Innocent KAMBALE
Spécialiste en politique étrangère

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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