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Tribune : Lumumba était-il tribaliste? ( Par Me Kilimi Ibeng, juriste)
LUMUMBA n’avait jamais aimé qu’on le réduise en « Mutetela » ou que les « Atetela » s’appuient sur son origine tribale contingente pour s’en prévaloir. Il avait dit plutôt, de son vivant : »POUR LE PEUPLE, JE N’AI NI PÈRE, NI MÈRE ; POUR LE PAYS, JE NE SUIS D’AUCUNE TRIBU, D’AUCUNE PROVINCE, JE NE SUIS PAS UN HOMME, JE SUIS UNE IDÉE, JE SUIS LE CONGO, CAR LE CONGO M’A FAIT ET À MON TOUR, JE FACONNE LE CONGO! »
Voilà ce que les Atetela doivent comprendre, car eux et Antoine GIZENGA sont attachés à la personne physique de Patrice LUMUMBA (lumumbilatrie), mais ils ignorent complètement sa pensée politique (lumumbisme), qui est pourtant la chose la plus importante que sa personne, car lui-même avait dit que »ce n’est pas ma personne qui compte, mais le CONGO ». A ce titre, l’idolâtrie faite autour de sa personne est une hérésie et de la déviation.
C’est sa pensée politique, conçue exclusivement pour le développement et le progrès du Congo, qui est plus riche que toutes les théories scientifiques »exteristes », exotiques que nous autres, juristes, politologues, économistes, internationalistes, etc. avions apprises à l’université, et dont l’application n’a jamais apporté le développement escompté du Congo, qui ne cesse de patauger, voire de dégringoler à outrance, depuis son accession à l’indépendance, aujourd’hui 60 ans passés.
Sa pensée, nous devrons l’assimiler comme la « Bible » politique, qui doit nous amener à devenir véritablement un peuple et un seul État, pour que le progrès national et général du Congo ne puisse plus relever de l’impossible ou de miracle amenant un président de la République à réunir populations et « pasteurs » au stade pour implorer la miséricorde divine, un aveu manifeste de l’incapacité de trouver une vision cohérente et nationale du développement du pays. Et pourtant dans la pensée politique de LUMUMBA, il y a tout ! Il ne suffit que d’y rentrer là pour déceler le vrai « livre d’or », le vrai trésor du progrès.
Quand Lumumba dit: »au Congo il n’y a plus des bakongo, plus des bangalas, plus des balubas, plus de bagenia, il n’y a qu’un peuple libre; quiconque viendra vous dire, allons détruire chez celui-ci, parce qu’il n’est pas de notre tribu, de notre province, celui-là est l’ennemi de notre indépendance, de notre liberté ! », et pourtant c’est le contraire que nous faisons toujours qui nous fait reculer, les tueries à l’Est (Beni, Ituri), ont aussi comme fondement la haine tribale et le règlement de compte tribal.
La gouvernance de Fatshi, autant de son prédécesseur et allié a déterré les démons du tribalisme, du clanisme, du népotisme, du régionalisme, voire du « linguisme », source d’affaiblissement des États et de division des peuples; recul de la méritocratie où le Gouvernement devrait puiser la crème intellectuelle nécessaire pour booster le développement national, le « meelting pot ». Là où un non originaire de la tribu du président se trouve exceptionnellement, ceux des originaires de la tribu du chef le regardent en chien de faïence, trament des coups bas pour le renverser enfin de voir le leur y hisser. C’est ici que l’empoisonnement est devenu l’arme de guerre fratricide ; le pays recul.
Enfin, quand Lumumba dit : »il nous faut tout revoir, tout repenser par nous même, créer des structures nouvelles adaptées aux exigences d’une évolution proprement africaine; nous retrouver nous mêmes, nous débarrasser d’attitudes mentales, des complexes, des méthodes dans lesquelles la colonisation nous avait plongés depuis des siècles », il met là en évidence tout ce que la colonisation belge, dans sa politique de « diviser pour régner », avait inventé pour nous diviser effectivement, notamment l’État Multinational, c’est-à-dire l’État dont le fondement est la tribu et non la nationalité. C’est ce qui fait que quand un « originaire » kongo prend le pouvoir on dit « pouvoir ya bakongo », quand c’est un mungala: « pouvoir ya Bangala », quand c’est un swahilophone, »pouvoir ya baswahili », enfin quand c’est un luba, »pouvoir ya baluba ». Ce sont ces attitudes mentales, des complexes, créés dans le but de nous affaiblir par la colonisation, et que nous avions conservés en moutons de Panurge, qui nous bloquent.
Dans ce sens, on ne donnera pas le meilleur de soi même pour servir la Nation, dès lors que l’on regarde le pouvoir comme une citadelle assiégée par telle ou telle tribu, telle ou telle province. Malheureusement l’absence de culture politique a fait qu’on a eu des présidents de la République qui se sont affichés par rapport à leurs tribus, leurs aires linguistiques.
Certains avaient pensé sur le modèle occidental le développement d’un État, Lumumba voit en seul État-Nation la source du progrès et du développement; dans l’État-nation seul compte la nationalité et le mérite des gens, et non les tribus et les dialectes. Seul l’État-nation peut amener un Congolais dit luba à ne pas dormir quand ses frères nande sont massacrés au quotidien à Beni et aux environs, car ce sont ses frères. Voilà là où, selon Lumumba, nous devrions aboutir pour atteindre les objectifs qu’il avait assignés à l’indépendance du Congo; quand il s’était battu pour ça jusqu’à sacrifier sa vie. Mais atteindre l’État-nation a un prix, et il le savait : « tout revoir, tout repenser par nous-mêmes ».
En ce sens, la pensée politique de LUMUMBA est révolutionnaire. Ainsi, tout ce qui est de nature à empêcher le passage de l’État multinational à l’État-nation, doit être révolutionnairement sacrifié.
On ne peut pas faire des omelettes sans casser les oeufs.
Partant, réaliser complètement le lumumbisme relève d’une « DICTATURE ÉCLAIRÉE » transitoire, issue d’une révolution populaire, qui aura les pleins pouvoirs plénipotentiaires du peuple souverain, que d’un régime dit démocratique et cyclique classique, issu du vote et de la nomination !
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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique
Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers
Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.
À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.
Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.
Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.
Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.
Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.
Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.
Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.
À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
