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Tribune : la créativité comme base d’une communauté épanouie ( Par Régis Ngudie, étudiant en philosophie )

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« Comme il est doux et beau pour des frères de vivre ensemble et de demeurer unis ». (Psaumes 132, 1)

Le vivre ensemble est l’un des grands éléments qui en même temps nourrit et blesse quand il est mal géré, la vie communautaire. C’est merveilleux de trouver dans une société des gens qui vivent heureux et épanouis par le simple fait qu’ils ont des semblables à leurs côtés ; bien que cette convivialité comporte plusieurs exigences.

L’homme de par sa nature, est rempli des passions. Celles-ci s’expriment par la fertilité de ses initiatives, par cet esprit de créativité qui l’anime et qu’il désire chaudement réaliser. Il quitte donc du concept, de l’idée à la réalité. Cette ascension lui demandera beaucoup car, il doit tenir compte d’un certain nombre de paramètres, puisque la communauté dans laquelle il vit ne lui permettra pas tout.

Cependant, pour que nos passions, nos initiatives et toutes nos créativités parviennent à leur pleine satisfaction, et trouvent un lieu de leur réalisation au sein de nos communautés, il faudrait tenir compte de ce que veulent les autres ; de ce qui est bien pour eux ; ce qui leur plaît et de ce qui est parfait pour eux.

Pour ce faire, il faudrait donc se poser la question de savoir : ce dont la communauté a besoin ; ce que je crée en fonction du besoin, est-il bien ? Va-t-il plaire à toute la communauté ? Par rapport au profil de cette dernière, est-ce que ma créativité et mes initiatives sont-elles parfaites ? C’est en cherchant à répondre soigneusement à ces questions que, ce que nous voulons faire ou ce que nous faisons déjà, sera en parfaite communion avec la communauté pour laquelle nous posons ces actions.

Notre père Saint Paul nous dit dans son épitre aux Romains (12, 3) : « Ayez de l’initiative, mais n’exagérez pas. Que chacun fasse usage, mais avec sagesse, des dons qu’il a reçus de Dieu ».

Dans ce passage, l’apôtre des gentils apporte une double nuance : « mais n’exagérez pas… » et « mais avec sagesse… ». Cette conjonction indique tout simplement une correction par rapport à ce qui a été précédemment dit, et veut donc dire que, lorsque nous entreprenons des initiatives, nous devons toujours tenir compte et nous référer à tous ceux vers qui nos initiatives convergent. En d’autres termes, il faudrait non seulement tenir compte de la communauté et de ses besoins de manière générale comme un ensemble, mais aussi et surtout de chaque membre qui compose ce tout.

L’autre est nécessaire et a toujours une chose à nous apprendre.

Il est vrai que les grandes choses se font souvent dans le silence. Mais ce silence n’implique pas l’exclusion radicale de l’autre. Créez, opérez, travaillez, produisez dans le silence non pas solitaire, mais communautaire, afin que tous s’y trouvent et se retrouvent.

Dans Rm 12, 4, l’apôtre des nations nous invite à prendre exemple du fonctionnement de notre corps : « Prenez l’exemple de notre corps : il est un et a plusieurs membres, et ces membres ont différentes fonctions ». Les opérations ou les actions de toutes ces fonctions, bien que différentes, doivent tendre au bien et à la satisfaction de tout le corps.

Dans ce même ordre d’idées, la communauté est un corps qui a plusieurs membres, dont chacun a reçu un don spécial et spécifique, des capacités différentes, mais dont les buts de leurs intérêts doivent être communs. Les membres de ce corps qu’est la communauté tâcheront à ce que leur créativité soit complémentaire. Il ne faut surtout pas créer ou prendre des initiatives pour nuire à ce que l’autre entreprend de faire.

In fine, nous devons mettre de côté nos intérêts personnels, en travaillant tous ensemble pour le bien commun. Il est vrai qu’en prenant des initiatives de créativité, les idées nous sont propres. Mais elles doivent être nourries par l’apport des autres qui composent notre cercle de vie.

Généralement, on crée pour les autres, bien qu’au départ c’est notre intérêt et notre satisfaction propres que l’on recherche. Donc, nous devons nous rassurer que ce que nous créons plaît à nos semblables et concourt à leur épanouissement.

Régis Ngudie

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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)

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Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.

Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science

Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.

Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.

Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »

Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.

Le courage d’informer malgré la guerre

 

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.

Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.

Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.

Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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