Actualité
Sud-Kivu : Le Gouverneur Jean-Jacques Purusi dénonce le transfert de 5 millions de dollars par l’AFC/M23 vers le Rwanda
La situation économique et sécuritaire du Sud-Kivu s’aggrave avec la dénonciation faite par le gouverneur, le professeur Jean-Jacques Purusi Sadiki. Ce dernier a révélé que l’AFC et le M23 auraient mobilisé et transféré la somme colossale de 5 millions de dollars américains au Rwanda durant le seul mois de mai. Cette révélation, faite lors d’une réunion inter-institutionnelle entre l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial le mercredi 4 juin, souligne un manque à gagner dramatique pour l’État congolais et, plus spécifiquement, pour les finances du Sud-Kivu.
Pour le gouverneur Jean-Jacques Purusi, cette somme, qu’il qualifie de « colossale », est une perte inestimable pour le développement de sa province. « Cet argent nous aiderait non seulement à payer les fonctionnaires, les députés et les membres du gouvernement provincial, mais surtout à réaliser certains projets de développement dans la province« , a-t-il affirmé. Le détournement de ces fonds par les groupes armés prive ainsi la population du Sud-Kivu de ressources cruciales pour l’amélioration des services publics, la construction d’infrastructures et le financement d’initiatives vitales pour une province déjà lourdement affectée par l’instabilité.
Cette situation illustre l’impact économique direct de l’insécurité et de la présence des groupes armés, qui exploitent illégalement les ressources locales pour financer leurs opérations, au détriment du bien-être des citoyens congolais.
Face à ce défi majeur, le professeur Jean-Jacques Purusi, affectueusement surnommé « Magufuli » pour sa détermination, a annoncé que « toutes les batteries sont mises en marche pour mobiliser les recettes ». L’objectif est clair : compenser ce manque à gagner et répondre aux attentes d’une population qui vit dans des conditions précaires, largement imposées par l’insécurité et les exactions des groupes rebelles.
Dans un signe fort de son engagement à normaliser la situation, le gouverneur a également annoncé le retour prochain des institutions provinciales à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Ce retour symbolise la volonté de rétablir l’autorité de l’État et de rassurer la population quant à la capacité du gouvernement provincial à fonctionner pleinement malgré les défis sécuritaires.
Clôturant son intervention, l’autorité provinciale a lancé un vibrant appel à la population du Sud-Kivu, et particulièrement à celle de l’axe sud, à soutenir les efforts du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, dans la restauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il les a également exhortés à la résistance face à la rébellion pour l’intérêt supérieur de la nation.
MK Félicien/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
