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Sankuru sous haute tension : Kinshasa suspend les plénières et convoque les députés à la capitale

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Le Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a frappé fort. Dans un télégramme adressé au bureau de l’Assemblée provinciale du Sankuru, il a ordonné la suspension immédiate de toutes les plénières. Une mesure exceptionnelle, qui reflète l’ampleur de la crise institutionnelle qui secoue cette province du centre de la RDC.

À travers cette décision, Kinshasa entend reprendre le contrôle d’une situation devenue explosive. Le ministre de l’Intérieur ne s’est pas limité à suspendre les travaux : il a exigé que les membres du bureau de l’Assemblée provinciale rejoignent sans délai la capitale pour des consultations urgentes. Le ton du message est sans équivoque : « patriotisme » et « exécution sans faille » sont les mots d’ordre du pouvoir central.

Cette mise sous tutelle politique fait suite à la destitution controversée du gouverneur Victor Kitenge Kanyama, opérée quelques jours plus tôt par l’Assemblée provinciale. Les députés provinciaux reprochent au désormais ex-gouverneur une série de fautes graves : incompétence manifeste, absence de leadership et gestion chaotique des affaires publiques. Un réquisitoire sévère qui a mis le feu aux poudres dans une province déjà marquée par de fréquents bras de fer entre institutions locales.

La décision du ministre s’inscrit dans le prolongement des recommandations du Président de la République, exprimées lors du dernier Conseil des ministres. Félix Tshisekedi a rappelé la nécessité impérieuse de préserver la stabilité des institutions provinciales, condition sine qua non à toute gouvernance efficace à l’échelle locale.

En agissant avec fermeté, le gouvernement central entend éviter l’embrasement d’un Sankuru déjà fragilisé, et imposer une certaine discipline institutionnelle dans une province habituée aux turbulences politiques.

Reste à savoir si cette intervention musclée apaisera les tensions ou si elle ouvrira un nouveau front dans le bras de fer entre les pouvoirs central et provincial.

Mike Tyson Mukendi/congoprofond.net

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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