Actualité
Sankuru : Cyrilla Kotananga en quête des fonds pour la réhabilitation des hôpitaux
Activiste de la Société civile à la tête de l’Asbl «la Dynamique des Femmes Congolaises pour l’Emergence du Congo (DFCEC)», Cyrilla Kotananga a lancé, depuis le lundi 22 juin 2020, l’Opération de collecte de fonds dénommée «Ensemble pour un Sankuru gagnant». En clair, elle demande un minimum de 1$, 1€ ou juste 2000 FC à toutes les filles et tous les fils du Sankuru, et aux personnes de bonne volonté pour entreprendre la reconstruction de cette contrée.
En effet, révoltée face à la stagnation du Sankuru, Cyrilla Kotananga a choisi l’action en lieu et place de multiplier des paroles vaines. «Parce que depuis 60 ans, rien n’est fait dans mon Sankuru. A la diaspora Sankuroise qui crie, jour et nuit, dans les réseaux sociaux, je dis qu’il est temps de venir palper du doigt la réalité sur le terrain, de mettre la main à la pâte et travailler résolument pour la reconstruction».
En initiant l’opération «Ensemble pour un Sankuru gagnant» ou campagne de mobilisation des fonds pour soutenir le développement de la province, elle frappe de porte en porte afin de récolter 1 dollar américain, 1 euro ou 2.000 francs congolais pouvant permettre le début de concrétisation de plusieurs projets concoctés par son organisation.
Saluant la décision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de nommer le Maire de Lumumbaville ainsi que son adjoint, Cyrilla Kotananga rappelle que cet Héros national, Patrice Emery Lumumba, était originaire du Sankuru. «Je me réjouis de l’idée de créer une Lumumbaville. C’est vraiment là que nous pouvons commencer à croire à une reconnaissance à Lumumba de son plus grand sacrifice qu’il a fait pour son pays : donner de sa vie. Ma joie sera plus grande le jour où le Chef de l’Etat ralliera la parole, les papiers signés, à l’acte», a déclaré cette digne fille du Sankuru.
L’occasion faisant le larron, elle lance un appel au Président Félix Tshisekedi de s’impliquer pour décanter la crise actuelle qui est en train de plonger le Sankuru dans le chaos.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
Guillaume Ngefa Atondoko à Pékin : la justice congolaise s’arrime au réel et à l’excellence des standards internationaux
Dès son premier échange au Parquet populaire suprême de Chine, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a posé un acte politique et doctrinal fort : celui d’un Garde des Sceaux pour qui la justice n’est ni une abstraction kinoise, ni un simple instrument régalien, mais la véritable colonne vertébrale d’un partenariat international apaisé.
Face au vice-procureur général Tong Jianming, le Ministre d’État congolais a démontré une vision percutante et décomplexée du rôle de son ministère. Là où d’autres se contenteraient de protocoles compassés, il a su imposer l’idée que la souveraineté judiciaire est le pré-requis indispensable à une relation économique durable en liant directement la lutte contre la corruption et la sécurisation des contentieux à la pérennité des investissements chinois.
Guillaume Ngefa redéfinit le partenariat institutionnel : il ne s’agit plus seulement de signer des contrats miniers, mais de construire un État de droit capable de garantir ces contrats dans la durée. C’est cette approche globale, où le droit devient le socle de la confiance mutuelle, qui marque un tournant stratégique dans la diplomatie bilatérale vieille de cinquante ans. Mais la force du propos du Ministre Ngefa réside surtout dans sa capacité à faire dialoguer l’ancrage territorial le plus concret avec l’ouverture la plus résolue sur le monde.
Son action à la tête de la Justice ne se lit pas uniquement dans les palais de marbre de Pékin ; elle se mesure d’abord dans les prétoires des chefs-lieux de province et dans la numérisation naissante des greffes de l’intérieur du pays. En venant chercher en Chine l’expertise sur la gestion massive des dossiers (830 000 avocats chinois sont un défi organisationnel autant qu’une source d’inspiration), il démontre une humilité intellectuelle précieuse : apprendre de ce qui marche ailleurs pour l’adapter au maillage complexe du territoire congolais.
La création récente du tribunal économique et financier ou l’examen des lois sur les conflits d’intérêts à Kinshasa prennent tout leur sens lorsqu’ils sont éclairés par l’expérience chinoise de digitalisation. Cette union entre la “main du terrain” et le “regard du large” est la marque d’un homme d’État pragmatique, qui sait que l’efficacité d’une réforme judiciaire se joue autant dans la célérité d’une procédure au fin fond de l’Équateur que dans la signature d’un traité d’extradition à l’autre bout du monde.
Enfin, cette visite à Pékin consacre une méthode de gouvernance aussi discrète que redoutablement efficace. Là où la coopération sino-congolaise fut longtemps perçue comme un simple corridor commercial, Guillaume Ngefa Atondoko y imprime la marque d’un partenariat institutionnel mature et équilibré. En discutant de “courtoisie judiciaire” avec les plus hautes instances du Parti et du Barreau chinois, il arrache le dialogue juridique à la seule gestion des cas consulaires pour l’élever au rang d’échange structurant entre nations souveraines.
L’éloge qu’il convient de lui adresser est celui de la cohérence : il ne prône pas l’ouverture pour l’ouverture, mais une internationalisation ciblée qui vient nourrir la machine judiciaire nationale et la rendre plus proche du citoyen. En quittant Pékin avec la promesse de traités d’extradition et un modèle de rapprochement des barreaux, le Garde des Sceaux rappelle avec force que la justice congolaise n’entend plus subir la mondialisation, mais bien la négocier et s’y outiller pour mieux rayonner depuis les provinces jusqu’à la scène internationale.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
