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Analyses et points de vue

Rentrée parlementaire en RDC : Le budget au cœur de la conduite de l’état

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La rentrée parlementaire en RD Congo s’annonce cruciale, marquée par des enjeux budgétaires déterminants pour l’avenir du pays. En cette période, les députés se retrouvent face à la lourde tâche d’examiner, d’amender et d’adopter le budget national, une opération qui va bien au-delà de la simple répartition des ressources.

C’est un acte fondateur pour la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka qui va façonner les priorités politiques et économiques de son gouvernement. Dans l’écho des voix, la sagesse de l’honorable Président de l’Assemblée Nationale Vital Kamerhe sera déterminante pour orienter dans le respect des procédures légales le débat parlementaire.

Le budget national est un document stratégique qui retrace les prévisions de recettes et de dépenses de l’État pour une année. Son élaboration se déroule en plusieurs étapes clés :

1. Préparation : La première phase commence généralement au sein des ministères, où chaque ministère élabore ses propres propositions budgétaires en fonction de ses priorités et de ses projets. Ces propositions sont ensuite centralisées par le ministère des Finances.

2. Négociation : Une fois les propositions recueillies, des négociations interviennent entre le gouvernement et les différentes parties prenantes. Les ministères doivent justifier leurs demandes, et des compromis sont souvent nécessaires pour répondre aux attentes diverses.

3. Adoption : Le projet de budget est transmis à l’Assemblée nationale, où il sera débattu, amendé et voté. Cette étape est cruciale, car elle permet aux représentants du peuple de s’assurer que les priorités du budget reflètent les besoins et les aspirations des Congolais.
4. Contrôle et évaluation : Une fois le budget adopté, le contrôle de son exécution revient à l’Assemblée nationale, qui doit suivre les dépenses et s’assurer de leur conformité avec les prévisions.
La session parlementaire dédiée au budget n’est pas qu’une simple formalité. Les choix faits aujourd’hui façonneront la RDC de demain. Elle revêt une importance capitale pour plusieurs raisons :

1. Planification des politiques publiques : Le budget est le reflet des priorités du gouvernement. En décidant où et comment investir, il influence directement le développement des infrastructures, la santé, l’éducation et d’autres secteurs clés.
2. Stabilité économique : Un budget bien élaboré et équilibré peut contribuer à la stabilité économique. Il permet de gérer les ressources de manière efficiente, de planifier les dépenses et de réduire les déficits, ce qui est crucial dans un pays où les ressources sont souvent limitées.
3. Responsabilité et transparence : La session budgétaire est une occasion pour les parlementaires d’exercer leur rôle de contrôle sur le gouvernement. La transparence dans l’élaboration et l’exécution du budget est essentielle pour instaurer la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.
4. Inclusion sociale : Un budget inclusif prend en compte les besoins des populations vulnérables et garantit que les ressources sont allouées de manière équitable. Les choix budgétaires peuvent ainsi contribuer à la réduction des inégalités et à la promotion de la cohésion sociale.

La rentrée parlementaire en RDC se déroule dans un contexte économique difficile, marqué par des défis tels que la corruption, la mauvaise gestion des ressources et une pression sociale croissante. Les députés, en tant que représentants du peuple, doivent faire preuve de responsabilité et d’audace pour défendre un budget qui répond réellement aux attentes des Congolais.

La session budgétaire de cette année est une opportunité unique de réaffirmer l’engagement envers une gouvernance efficace et transparente. Les décisions prises durant cette période auront des répercussions sur le quotidien des Congolais et sur l’avenir du pays. Il est donc impératif que les parlementaires abordent cette rentrée avec une vision claire et un sens aigu des responsabilités.

La rentrée parlementaire en RDC, axée sur l’examen du budget national, est un moment crucial de la vie politique et économique du pays. En tant que citoyen, il est essentiel de suivre ces débats, de comprendre les enjeux et de participer activement à la démocratie. Le budget n’est pas seulement une question de chiffres ; il s’agit de l’avenir de la nation, de ses valeurs et de ses aspirations.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

Protection de l’enfant et de la femme contre les violences sexuelles en RDC (par Zagor Mukoko)

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Les violences sexuelles sont très répandues, systématiquement et culturellement ancrées en République Démocratique du Congo. Les plus répandues sont les viols, les violences conjugales, les mariages forcés et précoces. 

Selon l’Enquête démographique et de Santé-2023 de UNFPA, en République Démocratique du Congo 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physique ou sexuelle.

Parmi ces femmes, 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à quelqu’un. Cette même étude démontre un taux de mariage précoce préoccupant : 18 % des femmes de 25-49 ans sont en union avant l’âge de 15 ans et 53 % sont en union avant 18 ans. Cette même enquête a aussi montré que 89% des femmes de 15-49 ans et 73% des filles de 0-14 ans sont excisées.

De plus, la crise actuelle à l’Est du pays, les violences sexuelles en occurrence, les viols, sont utilisées comme une arme de guerre. D’après les enquêtes, les femmes déplacées qui ont trouvé refuge dans des camps de fortune autour des zones d’exploitation minière subissent aussi de nombreuses violences : viols, harcèlements sexuels, mariages forcés, prostitution.

Selon les mêmes enquêtes, 13,9% des personnes en situation de vulnérabilité enquêtées ont déclaré avoir subi des violences et abus. Les plus fortes proportions de ces cas de violence sont notées dans les Zones d’exploitation minières (22%) et en Ituri (18,3%).

Le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille, en sigle CEPEF ,est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs universitaires , les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF agit dans la proximité de la population pour protéger les droits de l’enfant et prévenir les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

En tant que groupe de réflexion, le CEPEF offre non seulement une voix collective et amplifiée pour défendre les questions de protection de l’enfant et de la famille en RDC et dans le monde, selon les valeurs universelles , des Opportunités de réseautage, de connexion, et d’échange au sein d’un réseau de Protection de l’enfant en situation d’Urgence qui comprend des ONG internationales, régionales et nationales, des agences de l’ONU, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires mais aussi une promotion des liens entre les membres du CEPEF sur le terrain et les organismes régionaux et mondiaux chargés de l’élaboration des politiques, information et analyse des derniers développements liés à la coordination.

Afin de réduire les effets dévastateurs du VBG dans les communautés congolaises les plus à risque, le CEPEF vise à prévenir les VBG sur les femmes et particulièrement les jeunes avec une attention soutenue portée aux personnes en situation de vulnérabilité.

Il s’articule autour d’une réponse holistique qui appuie l’engagement des acteurs sociaux de première ligne et des structures de prise en charge ; et renforce la résilience des femmes et des filles, potentiellement victimes, une participation accrue et inclusive de ces dernières à toutes les étapes de traitement de la problématique dans un environnement protecteur.

Le CEPEF est appelé à collabore avec tous les acteurs qui interviennent en République Démocratique du Congo en matière de protection et de lutte contre les VBG. Le CEPEF intervient en complémentarité des activités développées, notamment en termes de renforcement des capacités et de promotion de l’inclusion des femmes et filles survivantes de VBG et déplacées de guerre.

De plus, le CEPEF favorise une synergie d’intervention entre tous les acteurs présents à travers les cadres de concertation inclusifs.

Ancré au sein des communautés surtout parmi les acteurs qu’il appuie, le CEPEF vise un impact à long terme par le biais du renforcement durable des capacités des acteurs locaux (volontaires, prestataires de soin…), l’amélioration de la capacité d’accueil des structures de santé communautaire et de la qualité de la prise en charge des survivantes de VBG, et le renforcement de la résilience socioéconomique des bénéficiaires.

Le CEPEF dispose également d’un ancrage institutionnel à travers le renforcement de capacités des élus locaux et la mise sur pied de cadres de concertations inclusifs qui regroupent les autorités des entités décentralisées, les acteurs de santé et les associations. Cela permettra de garantir la pertinence, l’efficacité et la durabilité des actions sur le terrain.

Zagor Mukoko Sanda

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