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Réformes minières : Un décret pour encadrer les zones de recherches géologiques adopté en Conseil des ministres
Le gouvernement de la République vient de combler un vide juridique qui freinait la cartographie et la gestion du domaine minier national.
Lors de la 38ᵉ session ordinaire du Gouvernement Suminwa, tenue le vendredi 4 avril 2025 sous la présidence du Chef de l’État Félix Tshisekedi, le ministre des Mines, Kizito Pakabomba, a présenté un projet de décret visant à fixer les modalités de création et de gestion des Zones de Recherches Géologiques (ZRG).
Ce texte intervient dans le cadre des efforts d’assainissement du fichier cadastral, initiés pour garantir la conformité aux exigences de la législation minière en vigueur. Dans cette dynamique, plusieurs droits miniers et de carrières ont été retirés.
Or, bien que le Code minier, à son article 290 (alinéas 2 et 3), prévoit que le règlement minier détermine les modalités de création des ZRG, aucune disposition actuelle ne définit concrètement ces modalités. Cette lacune entrave notamment le travail du Cadastre Minier (CAMI), chargé de reporter ces zones sur la carte minière sous une identification précise — numéro cadastral et nombre de carrés concernés — comme le stipule l’article 563 du règlement minier.
L’absence de ce cadre règlementaire freine également les missions du Service Géologique National du Congo (SGN-C), qui ne peut pleinement engager ses travaux d’investigations et d’études sur les zones concernées.
Le projet de décret, examiné et adopté après débats par le Conseil des ministres, vise donc à combler ce vide juridique et à permettre une gestion plus efficace du domaine minier national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Insécurité grandissante à Watsa : Nasson Paluku Luvatsi accuse un dispositif sécuritaire « mal orienté »
La situation sécuritaire dans le territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite une vive inquiétude au sein de la population. En moins d’une semaine, plusieurs attaques armées, des pillages nocturnes ainsi que des cas de justice populaire ont été signalés dans différents centres de négoce, alimentant un climat de peur et de méfiance.
Face à cette recrudescence de violences, l’acteur sociopolitique Nasson Paluku Luvatsi pointe du doigt l’organisation actuelle du dispositif sécuritaire dans la région. Dans un entretien téléphonique accordé ce mercredi 4 mars 2026 à Congo Profond.net, il affirme que la montée de l’insécurité serait en grande partie liée à la répartition des forces de l’ordre dans le territoire.

Un vide sécuritaire dans les zones habitées
Selon Nasson Paluku Luvatsi, une proportion importante des policiers serait actuellement déployée dans les carrières minières afin d’assurer la protection d’opérateurs étrangers, laissant plusieurs quartiers et centres de négoce avec une couverture sécuritaire très limitée.
« Les bandits opèrent presque librement pendant que la population est exposée », déplore-t-il.
Pour lui, ce choix stratégique crée un véritable déséquilibre dans la protection du territoire. Les zones résidentielles, moins surveillées, deviennent ainsi des cibles privilégiées pour les criminels, notamment lors d’attaques nocturnes répétées.
Des failles internes dans le dispositif sécuritaire
Au-delà du redéploiement contesté des forces de l’ordre, l’acteur sociopolitique dénonce également plusieurs dysfonctionnements internes qui affaibliraient l’efficacité des services de sécurité.
Il évoque notamment :
– l’insuffisance numérique des agents de sécurité dans le territoire ;
– le manque de formation adéquate pour certains éléments ;
– l’absence de patrouilles régulières dans plusieurs zones sensibles ;
– des cas d’indiscipline, certains agents s’adonnant à l’ivresse ou à des activités incompatibles avec leur mission.
Pour Nasson Paluku Luvatsi, l’accumulation de ces défaillances réduit considérablement la capacité de réaction face aux groupes criminels qui opèrent dans la région.
Une série d’incidents violents qui inquiète
Ses déclarations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Ces derniers jours, plusieurs incidents graves ont été enregistrés dans le territoire de Watsa : attaques armées contre des centres de négoce, pillages nocturnes, blessés et même des cas de justice populaire ayant coûté la vie à des présumés bandits.
Pour l’acteur sociopolitique, cette multiplication d’actes violents traduit également une perte progressive de confiance d’une partie de la population envers les services censés garantir sa sécurité.
Un appel à des mesures urgentes
Malgré ses critiques, Nasson Paluku Luvatsi appelle la population à éviter toute forme de justice populaire et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il plaide cependant pour des mesures urgentes afin de restaurer l’ordre et la confiance :
– un redéploiement stratégique des policiers vers les zones habitées ;
– un renforcement des effectifs ;
une amélioration de la formation professionnelle ;
– un contrôle disciplinaire plus strict des agents.
Selon lui, dans un territoire entouré de zones déjà affectées par l’insécurité, l’inaction pourrait rapidement aggraver la situation.
Les autorités sécuritaires sont désormais attendues sur des réponses concrètes afin de restaurer la paix et la confiance de la population dans le territoire de Watsa.
Junior Kasamba / CongoProfond.net
