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Analyses et points de vue

Rebelles Sud-Soudanais à Dungu : Faits et fictions au cœur de la viralité

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Dans un monde où l’information circule à une vitesse fulgurante, il est essentiel de démêler le vrai du faux, surtout lorsque des nouvelles aussi troublantes que la présence d’anciens combattants de l’ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar à Dungu, dans la province du Haut-Uélé, émergent. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a suscité une vague d’inquiétude et d’interrogations.

Elle évoque l’embarquement de ces anciens combattants à bord d’un hélicoptère de la MONUSCO pour Bunia, en Ituri. Mais que cache réellement cette information ? Peu après la diffusion de cette vidéo, le porte-parole du secteur opérationnel de la province Uélé a démenti ces allégations, déclarant qu’aucune opération de ce type n’avait lieu.

Ce démenti officiel aurait pu suffire à apaiser les esprits, mais il a plutôt ouvert la voie à une enquête plus approfondie. Face à l’urgence de la situation, notre rédaction qui avait aussi publié un article sur ce dossier a décidé de mener une vérification rigoureuse, en contactant des élus locaux, des membres de la société civile et des représentants des confessions religieuses.

L’intervention du Capitaine July Kinsher MBA, porte-parole des opérations militaires dans la région, a révélé une autre facette de cette affaire. Selon lui, les frontières du Haut-Uélé avec le Soudan du Sud et la République Centrafricaine sont effectivement sous le contrôle des militaires du bataillon des forces d’intervention régionale (FIR). Cette précision suffit à clore ce dossier.

La véracité des informations circulant en ligne et sur la manière dont elles peuvent influencer les perceptions des citoyens est une préoccupation. Le capitaine a insisté sur le fait que les troupes sont présentes pour assurer la sécurité et la stabilité de la région, loin des rumeurs alarmistes. Cet incident met en lumière le pouvoir et la responsabilité des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information.

Dans un contexte où la méfiance envers les institutions est omniprésente, de telles rumeurs peuvent exacerber les tensions et engendrer des conséquences imprévues. Il est donc crucial pour les citoyens d’exercer un esprit critique face aux informations qui circulent et de toujours chercher la véracité des faits avant de tirer des conclusions.

La situation à Dungu, illustrée par cette vidéo virale, rappelle l’importance d’une information vérifiée et responsable. Dans un monde où la vitesse de propagation des nouvelles peut surpasser la véracité des faits, il est de notre devoir, en tant que journalistes et citoyens, de demeurer vigilants et critiques. Nous publions ce démenti pour appuyer les autorités et contrer les effets néfastes des fausses informations.

Les propos du Capitaine July Kinsher MBA, ainsi que les démentis des autorités, doivent nous inciter à ne pas céder à la panique et à toujours chercher la vérité. La sécurité et la paix de notre région en dépendent. Restons alertes et engagés dans la quête de la réalité, car dans la complexité de notre monde, la vérité est souvent la seule boussole fiable.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

À la Une

UDPS 2028 : Avant même le crash, ils répètent déjà la scène du pillage de l’épave

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Il fallait avoir le cœur bien accroché et le sens de l’absurde chevillé au cervelet pour suivre les derniers épisodes de la sitcom UDPS. On a d’abord vu Peter Kazadi, honorable cadre du parti présidentiel, adresser une lettre incendiaire au Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, André Mbata, oubliant au passage que l’un comme l’autre portent le même maillot.

Puis, summum du vaudeville institutionnel, ce même André Mbata s’est fendu d’un ricanement sardonique après la victoire de son poulain au Sankuru face au candidat du Secrétaire Général Augustin Kabuya, proclamant urbi et orbi que “l’Union Sacrée a gagné contre l’UDPS”. Voilà le décor planté : un parti où la victoire de ses propres structures satellites est célébrée comme une défaite de sa direction. C’est moins une scène de ménage qu’une répétition générale pour un chaos bien plus grand.

La médiocrité de ces querelles byzantines n’est pas un simple défaut de cuirasse ; elle est l’aveu public d’une impréparation stratégique qui donne le tournis. Ce théâtre d’ombres a révélé au monde entier ( et surtout aux Congolais qui attendent encore un projet structurant ) que les cadres au pouvoir ne pensent pas en termes de Nation, mais en termes de casting. Ils ne plancheront jamais sur une vision à 50 ans parce qu’ils sont incapables d’avoir une vision à 50 jours qui ne concerne pas leur propre nomination.

Leur horizon temporel s’arrête au prochain remaniement ministériel ou à la prochaine rotation des mandats provinciaux. Pas un seul d’entre eux n’a porté un débat de fond sur l’industrialisation, la démographie galopante ou la souveraineté énergétique. Non. Leur seul projet structurant, c’est de s’assurer que le voisin de bureau ne récupère pas leur fauteuil. Ce sont des court-termistes purs jus, des opportunistes pour qui le pouvoir est une fin en soi, et non le levier pour transformer un pays.

Ce qui les maintient encore dans une forme de cohésion tectonique, c’est uniquement l’aimant surpuissant de la figure tutélaire de Félix Tshisekedi. Mais 2028 n’est pas une hypothèse d’école lointaine, c’est un mur qui se rapproche à grande vitesse. Le jour où ce point de gravité viendra à disparaître du bulletin de vote, la force centrifuge actuelle n’aura plus aucun frein. Entre Peter Kazadi, André Mbata, Augustin Kabuya, Gecoco Mulumba, Nicolas Kazadi, André Wameso, Judith Suminwa et la longue cohorte des frustrés en réserve, ce ne sera pas une primaire.

Ce sera une curée. Une guerre de tranchées où chacun voudra la peau de l’autre pour hériter des ruines. Ils ont passé huit ans à ne rien bâtir ensemble, et à peine quelques heures à se déchirer pour une élection provinciale. Imaginez ce que donnera la bataille pour le royaume tout entier quand le roi ne sera plus candidat. Ce sera sanglant, et surtout, terriblement inutile pour le Congo.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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