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Analyses et points de vue

Quelle réflexion pour l’évolution du paysage politique en RD CONGO ?

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L’évolution du paysage politique en RD Congo suscite une réflexion profonde sur la nature même de la gouvernance et sur les critères qui régissent l’accession aux fonctions publiques. Autrefois, la carrière politique était jalonnée d’étapes significatives, où chaque politicien, après avoir gravi les échelons locaux et régionaux, pouvait accéder à des postes nationaux.

Cette progression permettait non seulement d’acquérir une connaissance approfondie des institutions, mais favorisait également une connexion tangible avec la population. Les élus, en dépit de leurs erreurs, demeuraient souvent ancrés dans la réalité de leurs électeurs. Ces représentants du peuple cherchant à répondre à leurs besoins et à leurs aspirations.

Cependant, cette dynamique a été profondément altérée. La montée de politiciens sans expérience, sans culture politique, et sans attachement aux problématiques locales, mais simplement propulsés par une étiquette ou une stratégie de communication, soulève des questions fondamentales sur la nature de la représentation et de la responsabilité.

Nous sommes confrontés à la transformation de la figure du politicien en celle d’un « expert en communication », où le verbe et l’image surpassent le contenu et la substance. Cette évolution n’est pas simplement un phénomène conjoncturel, mais le reflet d’une tendance plus large et plus insidieuse qui mérite d’être analysée de manière critique.

Ce glissement vers une politique de façade, où le spectacle prime sur la substance, est symptomatique d’une immatérialité, d’une désincarnation de la politique. Les véritables enjeux, les luttes pour la justice sociale, l’équité, et le développement durable, sont souvent relégués au second plan au profit d’une stratégie de communication bien huilée.

Dans cette perspective, la politique devient un produit, et les politiciens sont réduits à des acteurs d’un théâtre où ils doivent séduire, convaincre et divertir, plutôt que d’agir en tant que leaders éclairés. Cette dérive pose la question de la légitimité des représentants. Comment peuvent-ils prétendre défendre les intérêts d’une population qu’ils ne connaissent pas réellement ?

La déconnexion entre les gouvernants et les gouvernés s’accroît, et avec elle, une crise de confiance qui mine les fondements même de la démocratie. Les électeurs, en quête de représentativité, voient de plus en plus leurs voix étouffées par des discours creux et des promesses non tenues. Cette situation engendre un désenchantement qui peut mener à l’apathie politique.

Elle peut mener à l’indolence, à l’abrutissement, à l’accablement, à l’ataraxie, au fatalisme, à l’insensibilité, à la léthargie voire à la radicalisation, car les citoyens se sentent privés de leur capacité à influencer leur destin collectif. Pourtant, cette crise pourrait également être perçue comme une opportunité pour une réinvention radicale de la politique.

Si nous reconnaissons que la communication est essentielle dans le paysage politique contemporain, il convient d’explorer comment celle-ci peut être mise au service d’un véritable projet de société. Loin de se limiter à la manipulation de l’opinion, la communication politique pourrait devenir un outil de dialogue et de mobilisation citoyenne, un moyen d’éduquer et d’informer plutôt qu’un simple instrument de propagande.

Il est crucial de repenser les voies d’accès aux fonctions politiques en intégrant des éléments de démocratie participative. En impliquant davantage les citoyens dans le processus décisionnel, en favorisant des plateformes de dialogue inclusif et en valorisant les initiatives locales, nous pourrions restaurer un lien de confiance entre les élus et leurs électeurs.

Cela nécessiterait une transformation des pratiques politiques et une redéfinition des critères de sélection des dirigeants, mettant l’accent sur l’expérience, l’intégrité et l’engagement réel envers la communauté. L’éducation politique émerge alors comme un pilier fondamental pour cette réinvention. Le vent du changement fait tomber les vieilles feuilles.

En cultivant une culture politique solide dès le plus jeune âge, nous préparons des générations futures à comprendre les enjeux complexes de la gouvernance et à exercer leur droit de vote de manière éclairée. Cela passe par une éducation qui valorise la critique, la réflexion et l’engagement civique, incarnant l’idée que chaque citoyen est un acteur de changement potentiel.

Par ailleurs, les institutions doivent également évoluer pour s’adapter à ce nouveau paradigme. La mise en place de mécanismes de reddition de comptes, de transparence et d’évaluation des performances des élus pourrait restaurer la confiance des citoyens dans leurs représentants. Les médias, en tant que quatrième pouvoir, ont un rôle clé à jouer dans cette dynamique.

Ils doivent en toute objectivité, en toute impartialité investiguer et relayer les voix des citoyens en instaurant l’idée que les transformations politiques, l’évolution, l’innovation, la modification, la transmutation et la rénovation souvent impulsées par de nouvelles idées et mouvements, entraînent le renouvellement des pratiques et des acteurs en place.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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UDPS 2028 : Avant même le crash, ils répètent déjà la scène du pillage de l’épave

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Il fallait avoir le cœur bien accroché et le sens de l’absurde chevillé au cervelet pour suivre les derniers épisodes de la sitcom UDPS. On a d’abord vu Peter Kazadi, honorable cadre du parti présidentiel, adresser une lettre incendiaire au Secrétaire Permanent de l’Union Sacrée, André Mbata, oubliant au passage que l’un comme l’autre portent le même maillot.

Puis, summum du vaudeville institutionnel, ce même André Mbata s’est fendu d’un ricanement sardonique après la victoire de son poulain au Sankuru face au candidat du Secrétaire Général Augustin Kabuya, proclamant urbi et orbi que “l’Union Sacrée a gagné contre l’UDPS”. Voilà le décor planté : un parti où la victoire de ses propres structures satellites est célébrée comme une défaite de sa direction. C’est moins une scène de ménage qu’une répétition générale pour un chaos bien plus grand.

La médiocrité de ces querelles byzantines n’est pas un simple défaut de cuirasse ; elle est l’aveu public d’une impréparation stratégique qui donne le tournis. Ce théâtre d’ombres a révélé au monde entier ( et surtout aux Congolais qui attendent encore un projet structurant ) que les cadres au pouvoir ne pensent pas en termes de Nation, mais en termes de casting. Ils ne plancheront jamais sur une vision à 50 ans parce qu’ils sont incapables d’avoir une vision à 50 jours qui ne concerne pas leur propre nomination.

Leur horizon temporel s’arrête au prochain remaniement ministériel ou à la prochaine rotation des mandats provinciaux. Pas un seul d’entre eux n’a porté un débat de fond sur l’industrialisation, la démographie galopante ou la souveraineté énergétique. Non. Leur seul projet structurant, c’est de s’assurer que le voisin de bureau ne récupère pas leur fauteuil. Ce sont des court-termistes purs jus, des opportunistes pour qui le pouvoir est une fin en soi, et non le levier pour transformer un pays.

Ce qui les maintient encore dans une forme de cohésion tectonique, c’est uniquement l’aimant surpuissant de la figure tutélaire de Félix Tshisekedi. Mais 2028 n’est pas une hypothèse d’école lointaine, c’est un mur qui se rapproche à grande vitesse. Le jour où ce point de gravité viendra à disparaître du bulletin de vote, la force centrifuge actuelle n’aura plus aucun frein. Entre Peter Kazadi, André Mbata, Augustin Kabuya, Gecoco Mulumba, Nicolas Kazadi, André Wameso, Judith Suminwa et la longue cohorte des frustrés en réserve, ce ne sera pas une primaire.

Ce sera une curée. Une guerre de tranchées où chacun voudra la peau de l’autre pour hériter des ruines. Ils ont passé huit ans à ne rien bâtir ensemble, et à peine quelques heures à se déchirer pour une élection provinciale. Imaginez ce que donnera la bataille pour le royaume tout entier quand le roi ne sera plus candidat. Ce sera sanglant, et surtout, terriblement inutile pour le Congo.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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