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RDC:Des innovations dans le règlement intérieur de la chambre haute du Parlement

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La chambre haute du Parlement a, au cours de la plénière de mardi 04 juin 2019, présidée par Léon Mamboleo Moghuba, adopté le rapport de la commission spéciale chargée de l’élaboration du règlement intérieur.

À cette occasion, le rapport présenté par le professeur Évariste Boshab, président de ladite commission, comporte plusieurs innovations mais aussi circonscrit le statut du sénateur à vie. L’on retient de l’économie de ce projet des améliorations, entre autres, le statut de « Sénateur à vie » sera expérimenté pour la première fois dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo qui est déterminé par disposition constitutionnelle.

Sur ce, le Sénateur à vie est membre de droit à vie de par la Constitution; il est considéré comme représentant de sa province, mais avec un mandat national. Il est donc tenu par ces obligations et ne peut donc s’en dérober. Il est soumis à toute incompatibilité comme les autres sénateurs. Il lui est interdit d’accepter une autre fonction rémunérée à l’exception d’une Institution internationale à laquelle la RDC est membre.

Toujours dans le même chapitre, le Sénateur à vie peut être membre de toutes les Commissions permanentes de la Chambre haute. Selon le nouveau Règlement Intérieur du sénat, le sénateur à vie n’est pas astreint à des obligations des sénateurs, mais il a accès à tous les avantages.

Au sujet des institutions d’appui à la démocratie, la CENI qui, dans la législature passée, échappait au contrôle de la chambre haute du Parlement devra l’être. Le texte a aussi parlé du statut des assistants parlementaires et lui assigne d’autres charges qui s’alignent aux standards et aux normes internationales.

Le règlement intérieur prévoit également l’inviolabilité du siège du Sénat que nul ne peut réquisitionner son charroi automobile.

Le rapport de la commission chapeautée par Boshab Évariste instaure une Commission des conciliations et d’arbitrage composée de 26 membres parmi les plus âgés et chargée de conseiller, de départager les vues et d’arbitrer les conflits.

Il est aussi prévu le pouvoir du président du Sénat de congédier de sa fonction un membre du Bureau pour corruption, concussion ou détournement des deniers publics. Le Président de la chambre haute du Parlement signe aussi la décision de la mise en accusation du président de la République et du Premier ministre.

Le rapport a aussi introduit des évolutions dans le domaine du contrôle parlementaire. Tout en mettant en exergue le rapport entre le Sénat et les Assemblées provinciales dont il est l’émanation.

Notons que le président Léon Mamboleo a donné 24 heures aux élus des élus jusqu’ aujourd’hui mercredi pour déposer leurs amendements à ce projet de RI et à la Commission spéciale quarante huit heures pour les examiner.

À titre de rappel, le bureau provisoire de la chambre haute du Parlement tend vers la finalisation de sa deuxième mission constitutionnelle qui est l’élaboration du règlement intérieur. Ensuite, viendra la dernière mission, celle d’organiser les élections des membres du bureau définitif de la chambre haute du Parlement qui succédera au bureau Léon Kengo Wa Dondo.

MUAKAMU/CONGOPROFOND.NET

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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