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RDC/Sud-Kivu : situation humanitaire critique pour des centaines de personnes suite à des opérations militaires à Kalehe
Après l’annonce par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le 8 décembre, de la capture d’un groupe de plus de 1 800 personnes, composé de membre du Congrès National pour le Renouveau Démocratique (CNRD) et de leurs familles, sur les hauts plateaux de Kalehe, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est intervenu très rapidement pour répondre aux besoins humanitaires les plus pressants.
« On compte beaucoup de personnes particulièrement vulnérables comme des blessés, des malades, des femmes enceintes, des enfants non-accompagnés, et des personnes en situation de handicap », dit Lucile Pio, déléguée santé du CICR. « Nous avons transféré 2 blessés et 10 enfants malades à l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu qui est actuellement saturé ». Le CICR a aussi distribué une demi-tonne de médicaments et de matériel de soin à l’hôpital de Nyamunyunyi et visité des centaines de personnes privées de leur liberté.
La situation humanitaire au camp militaire de Nyamunyunyi est extrêmement préoccupante : 17 personnes dont 9 enfants y sont décédées. Le 16 décembre, 302 personnes ont été transférées et il reste encore plus de 1400 personnes dans ce camp.
Le CICR a recueilli 281 enfants qu’il a placés dans un centre de transit et d’orientation géré par le bureau pour le volontariat au service de l’enfance et de la santé (BVES), une organisation spécialisée dans le domaine de la protection de l’enfance. Il espère réunir ces enfants à leurs familles avant tout nouveau transfert.
« Il est fondamental que le processus de transfert mis en place soit en pleine conformité avec les garanties établies par le droit international. Nous demandons aux autorités, avant toute nouvelle décision, de s’assurer que les transferts se fassent de manière informée, et volontaire pour toutes les personnes considérées à risque », rappelle Jeremy England, chef de délégation du CICR en République démocratique du Congo. « Les personnes privées de liberté, leurs familles, les malades et les blessés doivent être traitées avec humanité et dans le respect de leur dignité. »
Le CICR rappelle que selon le droit national et international, nul ne peut être privé de sa liberté, sans base légale et conformément à la procédure prévue par la loi. Les autorités devraient assurer la liberté de mouvement de ceux qui ne sont pas détenus, les placer sous la responsabilité des autorités civiles, et faciliter l’accès et l’assistance humanitaire à ces personnes.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Mongala : Richard Mazongo élu vice-président de l’Assemblée provinciale par acclamation à Lisala
À Lisala, chef-lieu de la province de la Mongala, le député provincial Richard Mazongo Ngweli a été élu, le 29 avril 2026, vice-président de l’Assemblée provinciale. Selon des sources parlementaires concordantes, son élection s’est faite par acclamation, traduisant un large consensus au sein de l’organe délibérant.

Un message placé sous le signe de la responsabilité et de l’humilité
Prenant la parole à l’issue de son élection, l’élu de la Convention des démocrates chrétiens rénovée (CDC/R), représentant la circonscription de Lisala territoire, a tenu à inscrire son mandat sous le signe de l’engagement et de la redevabilité :
« Je salue l’engagement du Président de la République, Chef de l’État, qui ne ménage aucun effort pour le retour de la paix. Notre engagement est de servir l’État congolais. Je ne suis pas plus important que les autres ; il s’agit simplement de la confiance que mes collègues ont placée en moi. La redevabilité parlementaire devant la population demeure notre caractéristique », a déclaré Richard Mazongo.
Respect des textes et priorité au bien-être collectif
Le nouveau vice-président a également insisté sur son attachement strict au respect des normes institutionnelles, notamment la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale :
« Je ne viens pas à ce poste pour travailler à contre-courant de la Constitution et du règlement intérieur. L’essentiel pour moi est l’accomplissement de mes tâches et responsabilités pour le bien-être universel », a-t-il souligné.
Une plénière marquée par deux décisions majeures

Outre cette élection, la séance plénière a été ponctuée par un second moment fort : l’adoption d’une résolution mettant fin à la décision du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, interdisant les motions contre les gouverneurs, vice-gouverneurs et membres des bureaux permanents des assemblées provinciales.
Un contexte politique sous tension dans la Mongala
Cette élection intervient dans un climat politique particulièrement tendu dans la province. Celui-ci est marqué notamment par :
– la démission du président du conseil d’administration de la taxe spéciale conventionnelle pour la reconstruction de la Mongala ;
– des manifestations organisées par l’UDPS/Mongala, réclamant le rétablissement de leur président fédéral, l’honorable Joël Edaya, démis de ses fonctions à la suite d’une motion incidentielle.
Un nouveau défi politique à relever
Dans ce contexte délicat, l’arrivée de Richard Mazongo à la vice-présidence de l’Assemblée provinciale est perçue comme un test de leadership et de capacité à fédérer. Sa mission consistera notamment à contribuer à la stabilité institutionnelle et à renforcer la confiance entre les élus et la population.
Jonas Mboli Egbokolimba / CONGOPROFOND.NET (Lisala)
