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Société

RDC: OLPA interpelle le ministre de l’Intérieur après bastonnade des journalistes à Boende !

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Dans une lettre adressée au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières avec ampliation au Premier ministre, OLPA proteste avec la dernière énergie contre les actes de torture infligés à Cedar Sabiti AmuriJunior Batu Ngole et Samuel Matela respectivement journalistes à Radio Liberté, Radio Télé Boende et Radio Libérale FM, stations privées émettant à Boende, chef-lieu de la province de Tshuapa, par l’Agence nationale des renseignements (ANR). OLPA lui demande d’ouvrir des actions disciplinaires pour dissuader les fonctionnaires de son Ministère qui portent atteinte à la liberté de presse.

Ci-dessous l’intégralité de la correspondance 

N/Réf : 261/CE/JAKM 5/22

Kinshasa, le 27 mai 2022

Transmis copie pour information :                          

A son Excellence Monsieur le Premier Ministre à Kinshasa/Gombe

A son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières

à Kinshasa/Lingwala       

Excellence,

Concerne : protestation

Le Comité exécutif de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), ONG de défense et de promotion de la liberté d’information basée à Kinshasa, a l’avantage d’approcher votre Autorité pour ce repris en concerne.

L’organisation proteste avec la dernière énergie contre les actes de torture infligés à trois journalistes de Boende, chef-lieu de la province de Tshuapa, par un des services placés sous votre tutelle à savoir : l’Agence nationale des renseignements (ANR).

Pour votre gouverne, Cedar Sabiti AmuriJunior Batu Ngole et Samuel Matela respectivement journalistes à Radio Liberté, Radio Télé Boende et Radio Libérale FM, stations privées émettant à Boende ont été convoqués par téléphone au bureau de l’ANR/Boende, le 19 mai 2022. Arrivés sur le lieu, ils ont été soumis à une bastonnade sur ordre du responsable provincial de l’ANR mieux connu sous le sobriquet de « Redhoc ». Ce n’est qu’après ce passage à tabac qu’ils ont été soumis à un interrogatoire serré. Au cours de leur audition, ils ont été accusés d’ « Offense aux services de l’ANR ». Accusation consécutive à la diffusion, le 18 mai 2022 dans la soirée, sur les antennes de Radio Libérale FM, d’une émission intitulée « Echos de l’éducation ». Au cours de cette émission présentée par Samuel Matela, avec comme invités Cedar Sabiti Amuri et Junior Batu Ngole, les journalistes ont émis de vives critiques sur la baisse du niveau d’enseignement à Boende. Ils ont souligné la présence des agents de l’ANR dans les centres des examens d’Etat pour surveiller les élèves finalistes, appelant ces agents à faire preuve du sens de responsabilité et à bannir toute compromission. 

Les trois journalistes ont été jetés au cachot de l’ANR comme des malfrats sans vêtements pendant 24 heures. C’est en début d’après-midi du 20 mai 2022, qu’ils ont été transférés au Parquet de Boende, où ils ont été relaxés par un magistrat pour insuffisance des charges. Le journaliste Samuel Matela s’en est sorti avec des douleurs atroces au niveau de la colonne vertébrale, du crâne et du bas ventre. Il a été conduit d’urgence à l’hôpital général de Boende pour des soins appropriés durant 4 jours. 

Au centre du pays, plus précisément dans la province du Kasaï, Adama Kankonde, journaliste à la radio locale Umoja de Nsumbula, station communautaire émettant à Nsumbula, dans le territoire de Kamonia, à 175 kms de Tshikapa, a été interpellé, le 19 mai 2022 à son domicile par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC/Nsumbula) sur ordre de M. Musua Kapinga, Administrateur du territoire de Kamonia. Il a été conduit manu militari au cachot du sous-commissariat de police après avoir été auditionné par un Officier de la police judicaire (OPJ). Lors de son audition, le journaliste a été accusé d’avoir insulté l’Administrateur du territoire au cours d’une émission intitulée « le débat », diffusée le 18 mai 2022, sur les antennes de la radio locale Umoja de Nsumbula. Lors de cette émission à téléphone ouvert, les auditeurs ont posé des questions sur une mission de travail effectuée par l’Administrateur du territoire dans la cité de Nsumbula à la recherche d’une dame ayant ramassé miraculeusement une pierre de diamant, laquelle devait rétrocéder les retombées de la vente à l’Administration du territoire. Adama Kankonde a été relaxé après 6 heures de privation de liberté. Il sied de signaler que peu avant son interpellation, le journaliste a reçu une convocation pour se présenter, le 20 mai 2022, au bureau de police.

La situation de ces radios communautaires illustre un paradoxe que connaissent bien les défenseurs de la liberté de la presse sur le continent. D’un côté, elles représentent un canal d’information vital pour des communautés éloignées des centres urbains, là où les réseaux sociaux et les grands médias n’ont qu’une empreinte limitée. De l’autre, leur fragilité financière les rend vulnérables aux pressions des autorités locales qui savent pertinemment qu’une station sans ressources propres est une station facile à réduire au silence.

Les quelques radios qui ont tenté de diversifier leurs revenus par le biais de sites web ou de pages en ligne se heurtent à un écosystème publicitaire qui n’a pas été conçu pour elles. Les régies programmatiques diffusent automatiquement des annonces sans rapport avec l’audience locale, qu’il s’agisse de promotions pour des services financiers européens, de pages comparatives telles que bästa casino utan svensk licens ou de publicités ciblant des marchés asiatiques. Le décalage entre le contenu éditorial et les encarts publicitaires qui le financent est parfois saisissant, mais il reflète les rares options dont disposent ces structures pour générer des revenus numériques.

Malgré ces difficultés, les journalistes de Boende comme ceux de Nsumbula continuent d’exercer leur métier au péril de leur intégrité physique. L’OLPA réitère que les actes de torture, d’intimidation et de détention arbitraire documentés dans ce communiqué constituent des violations flagrantes de l’article 24 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui garantit le droit à l’information, la liberté de la presse et la liberté d’expression. L’organisation appelle les autorités compétentes à sanctionner les agents responsables de ces brutalités et à mettre en place des mécanismes de protection effectifs pour les professionnels des médias exerçant en zones reculées.

L’OLPA rappelle également que la protection de la presse indépendante ne relève pas uniquement du cadre juridique national. Les engagements internationaux souscrits par la RDC, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, imposent à l’État congolais l’obligation positive de garantir un environnement sûr pour l’exercice du journalisme sur l’ensemble de son territoire.

A Kinshasa, Donat Kuyula, journaliste à The Post, un hebdomadaire paraissant à Kinshasa, a été interpellé, le 17 mai 2022, par des éléments de la Police militaire (PM) et conduit au camp militaire Kokolo où il a été détenu pendant plusieurs heures. Avant son interpellation, le journaliste a été pris à partie à la 8ème rue Limete par un groupe des fidèles de l’église Ministère Amen alors qu’il tentait d’obtenir des informations sur l’agression brutale d’une femme accusée d’avoir volé de l’argent versé comme offrandes à l’église.

Nathalie Lokwa, journaliste à CEBS (Congo Education Broadcasting System), station privée émettant à Kinshasa a été interpellée, le 19 mai 2022, par les éléments de la Police de circulation routière (PCR) à  la place Assanef à Lingwala. C’était au moment où la journaliste effectuait un reportage sur les tracasseries policières subies par les automobilistes. Elle a été conduite au camp  Lufungula où elle a été entendue sur procès-verbal. Lors de son audition, elle a été accusée de filmer une  scène policière sans autorisation préalable. Ces agents ont supprimé les images du reportage et la journaliste a été relaxée après quatre heures de privation de liberté.

Dans la province du Sud-Kivu, Godefroid Ametumwa Byamungu, directeur à Radio communautaire Sauti ya Amani (RCSA), station émettant à Luberizi, dans le territoire d’Uvira à 248 kms de Bukavu, continue de recevoir, depuis le 3 mai 2022, des appels téléphoniques provenant de M. Kijangala, chef du groupe armé Maï-Maï Kijangala, le menaçant de représailles. Ces menaces sont consécutives à la diffusion, le 1er mai 2022, d’une information faisant état de la perte d’un baston de cette milice située aux moyens plateaux d’Uvira après des combats avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ce chef milicien exige que le journaliste fasse un démenti sur cette information et diffuse la version selon laquelle les forces loyalistes auraient subi des revers et deux de leurs seraient capturés (un lieutenant et un adjudant chef). Il a promis de tuer le journaliste si sa radio ne diffusait pas ce démenti.

Innocent Muhala, directeur à Radio communautaire Mutula Luvungi (RCML), station émettant à Luvungi (territoire d’Uvira) à 60 kms de Bukavu a reçu plusieurs menaces de mort et des représailles, les 4 et 11 avril 2022, de la part de M. Muhirwa, chef milicien du groupe armé dénommé Bihaga Bishambuke. Il reproche au journaliste de diffuser régulièrement sur les antennes de RCML des informations accusant son groupe d’être à la base de l’insécurité qui sévit dans cette partie du pays. Quelques jours auparavant, la radio avait fait état du kidnapping de trois femmes dans cette zone par la milice Bihaga Bishambuke. Elles ont été libérées après versement d’une rançon de 1.500 dollars américains (équivalant de 3.000.000 de francs congolais). Le chef milicien a ordonné par téléphone (+243972309404) au journaliste de lui payer une somme de 250 dollars (équivalant de 500.000 francs congolais) à titre de réparation s’il veut rester en vie. Craignant pour sa sécurité, Innocent Muhala s’est résolu de réduire, de façon drastique, tous ses mouvements après avoir informé les services de sécurité du territoire.

A l’Equateur, le siège de la Radio Télévision Sarah (RTS), station privée émettant à Mbandaka est toujours assiégé par les éléments de la Police nationale congolaise depuis, le 18 novembre 2022, après que ce média eut été suspendu pour une durée de 60 jours par M. Alain Elodji Basi, ministre provincial chargé de l’Intérieur, Ordre public, Sécurité, Population, Décentralisation et Affaires coutumières. Une décision prise lors du Conseil des ministres provinciaux tenue, le 15 novembre 2021 à Mbandaka. Lors du Conseil des ministres du 14 janvier 2022, la mesure de fermeture de cette radio a été prolongée jusqu’à nouvel ordre sans motif valable.  

Excellence,

Il est clairement établi que plusieurs personnes travaillant dans les services dépendant directement du Ministère de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières que vous dirigez s’adonnent à cœur joie dans la commission des actes portant gravement atteinte à la liberté de la presse garantie par la législation nationale et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme. D’autres, par contre, brillent par l’inaction et assistent parfois à des attaques contre les professionnels de la presse sans leur apporter quelconque assistance.

Il est grand temps de briser cette spirale de violences contre le personnel des médias durant cette période où le pays prépare les élections générales pour l’année prochaine avec la crainte de voir les actes d’intolérance contre les médias monter en flèche et se généraliser.

Les membres de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) restent persuadés que vous ne ménagerez aucun effort pour que des actions disciplinaires et ou pénales soient ouvertes dans un délai relativement court pour dissuader les fonctionnaires de votre Ministère qui portent atteinte à la liberté de presse.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de mes sentiments patriotiques.

Pour le Comité exécutif                                              Kabongo Mbuyi

                                      Secrétaire exécutif

 

Genre

RDC : appuyé par IPAS, ONU FEMME et UNFPA, le sous-groupe thématique Violences Basées sur le Genre valide son plan d’action national 2026

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Avec l’appui de l’IPAS, ONU FEMME, l’UNFPA et l’ambassade du Canada en RDC, le sous-groupe thématique Violences basées sur le Genre (VBG) a tenu, ce jeudi 07 mai 2026, à Béatrice Hôtel à Kinshasa, sa reunion mensuelle de mars. Au cours de cette session, partenaires, acteurs étatiques, société et autres participants ont à l’unanimité, validé le plan d’action national pour une société plus juste, protectrice et égalitaire.

« Compte tenu de ce qui se passe en matière de violences dans notre pays, chaque mois nous nous réunissons avec tous les acteurs, qui luttent contre les violences basées sur le genre pour échanger, monter des stratégies en vue de lutter réellement contre ces violences », a expliqué Cécile Tshibanda, Directrice générale de l’Agence Nationale de lutte contre les Violences Faites à la Femme et à la Jeune et Petite Fille (AVIFEM).

« Aujourd’hui, comme vous pouvez vous en rendre compte, on avait une réunion au cours de laquelle on devait valider notre plan d’action national et ce qui a été fait. Et nous l’avons fait avec l’appui de l’ONU Femmes, de UNFPA, de l’ambassade du Canada et de l’IPAS », a précisé Cécile Tshibanda, à l’issue de ce rendez-vous.

À en croire la présentation de ce plan d’action, il vise à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre à travers une coordination efficace, un plaidoyer stratégique, une mobilisation accrue des partenaires, et un renforcement des capacités institutionnelles, afin de réduire l’impunité, améliorer la prise en charge des victimes et promouvoir la masculinité positive dans les politiques publiques d’ici fin 2026.

« Ce plan d’action national garantit une prise en charge multidisciplinaire des survivant(e)s, couvrant les besoins médicaux, psychologiques, judiciaires et socio-économiques. Il implique les acteurs étatiques, la société civile, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les communautés locales pour une meilleure appropriation », confie une note explicative.

Dans son approche, il vise à coordonner les actions, harmoniser les outils et renforcer les capacités des acteurs nationaux et provinciaux. Il assure la mise en conformité des lois nationales avec les instruments internationaux, renforçant la lutte contre l’impunité et engage les hommes et les décideurs à transformer les dynamiques de genre, servant de levier pour briser le cycle de la violence.

Partenaire technique du gouvernement dans cette lutte et organisateice de cette activité, IPAS se fixe comme vision de contribuer à l’avènement d’une RDC où chaque femme et chaque jeune fille a le droit, le pouvoir et les capacités d’agir en faveur de sa santé reproductive, de son éducation et de sa profession, gage de son autonomisation.

Exaucé Kaya

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