Société
RDC-Media : 20 hommes (74%) sont propriétaires d’organes de presse contre 7 femmes (26%). Rapport UCOFEM
L’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM) a présenté, ce mardi 30 mai, le rapport d’une enquête effectuée auprès de 30 médias de Kinshasa, du 01 au 14 novembre 2022, sur l’image de la femme dans le média et par le média.
Une enquête rendue possible grâce à l’étroite collaboration entre l’UNESCO, et Programme International pour le Développement de la Communication (PIDC), ainsi que l’Organisation Internationale Journalists for humain rights (JDH/RDC). Pour ces deux organisations ce rapport doit constituer de baromètre dans l’amélioration de l’image de la femme dans les médias Congolais : « ce rapport est un instrument important qui devrait permettre une remise en question, par les médias Congolais, sur le niveau d’intégration du genre et la prise en compte du leadership de la femme, tant sur le plan institutionnel que dans le contenus des informations diffusées ». A précisé le représentant de la JDH.
Le représentant de l’UNESCO en RDC, Isaias Barreto da Rosa, a recommandé aux femmes des médias de travailler davantage afin d’accroître une plus grande visibilité des femmes dans et par les médias. Il a aussi rappelé que l’objectif principal de ces deux enquêtes était d’évaluer le progrès réalisé du concept genre dans les médias, afin de trouver la place de la femme dans les contenus médiatiques.
La première étude a porté sur les mesures visant à valoriser l’égalité des genres au sein des organisations des médias et la seconde étude a porté sur le monitorage du contenu médiatique et représentation des sexes.
Selon l’UCOFEM, il ressort de ces enquêtes menées avec un échantillon de 30 médias (Radios, Télévisions, presse écrite, média en ligne), d’une manière générale, une faible répresentation de la femme au niveau décisionnel, la proportion s’étale à 20 hommes soit 74% contre 7 femmes, soit 26% sont des propriétaires.
Par ailleurs, en ce qui concerne l’existence d’un bureau de parité afin de procéder au suivi et à l’évaluation de l’égalité des sexes, l’UCOFEM signale que : 4 chaînes de télévision (SSM TV, Kin24, Siloe TV et Télé 50) soit 36% ont mis en place chacune un bureau de la parité au sein de leurs organisation. 3 stations de radio (B-one, Top Congo et RTNC) disposent chacune d’un bureau de parité au sein de leurs organisations. Au niveau de la presse écrite, sur huit médias visités, seule l’Agence Congolaise de Presse dispose d’un bureau de la parité, une particularité pour forum des As qui priorise les articles liés aux questions du genre. S’agissant des médias en ligne, 3 contre 2 médias ont installé un bureau de parité, il s’agit de Actualite.cd, Actu30 et Congo Profond.net
Quant aux entreprises de presse écrite, les femmes représentent 25% contre 75% pour les hommes. Et enfin, pour les médias en ligne, l’étude révèle encore une sous-représentativité des femmes estimée à 20%.
Pour la directrice exécutive nationale de l’UCOFEM, Rose Masala Ndarabu, pour lutter contre la sous-représentation de la femme dans les productions médiatiques, la femme doit batailler d’abord elle-même, afin de faire tomber toutes les stigmatisation : « ce que nous retenons de ce rapport est que la femme journaliste doit mener une bataille pour faire en sorte que les femmes soient plus présentes dans le contenu des médias parce que, seule la femme peut mieux connaître les besoins des autres femmes ». A-t-elle précisé.
A noter qu’un effort considérable est aussi observé dans l’engagement de certaines structures de médias afin de donner une place importante aux questions liées à la femme.
Il a aussi suggéré d’engager davantage les propriétaires des entreprises des médias afin d’avoir des politiques au niveau des entreprises des médias pour promouvoir l’égalité du genre, mais aussi pour avoir des politiques à plusieurs niveaux et promouvoir le genre.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.net
Actualité
Kinshasa sous le choc : Le commerçant Freddy Ekofo abattu lors d’un braquage à Yolo-Sud
La nuit de samedi a plongé le quartier Yolo-Sud, dans la commune de Kalamu, dans une atmosphère glaciale. Freddy Ekofo, commerçant bien connu du Grand Marché de Kinshasa, a été tué lors d’un braquage à main armée, déclenchant une onde de choc dans toute cette partie populaire de la capitale.

Un crime brutal en plein quartier
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place par la rédaction de CONGOPROFOND.NET, Freddy Ekofo aurait été pris en filature par des individus circulant à moto alors qu’il transportait des biens de valeur, notamment des bijoux en or.
L’attaque s’est produite en quelques instants. Les assaillants, armés, auraient intercepté leur cible avant d’ouvrir le feu pour s’emparer de ses effets personnels.
« Ils sont arrivés à moto… on a entendu des cris, puis des coups de feu. Quand les gens se sont approchés, le monsieur était déjà au sol », confie un habitant encore bouleversé.
La scène, aussi soudaine que violente, s’est déroulée sous les yeux de plusieurs riverains, transformant une soirée ordinaire en tragédie collective.
Un quartier figé par la peur
Dimanche 15 mars, un jour après le forfait, l’atmosphère était lourde et silencieuse dans les avenues de Yolo-Sud. De Camp-Pinzi à Ezo-Kimpwenza, en passant par Hôtel Pegal, Université-Ezo, Wagenia, Baboro, Bambili, Mole jusqu’aux abords de Kapela, près de la paroisse catholique Saint-Gabriel, les habitants évoquent un climat de peur mêlé d’indignation.
Dans les ruelles menant vers le tunnel reliant l’école Mwinda, l’hôtel Pegal et l’hôpital Mabanga, les conversations tournent toutes autour du même drame.
Freddy Ekofo n’était pas un inconnu dans ce quartier populaire. Commerçant actif, homme sociable et apprécié, il était considéré par beaucoup comme « un fils du quartier ».
Une femme qui affirme l’avoir connu depuis l’enfance peine à contenir son émotion : « Nous sommes sous le choc. Ya Freddy a été tué dans son propre quartier. Nous demandons qu’une enquête sérieuse soit menée pour que justice soit faite. »
Un ami d’enfance, lui aussi bouleversé, raconte avec une voix brisée : « Le matin même, nous étions ensemble. Il m’avait dit qu’on se reverrait le soir… mais le soir, on a appris qu’il avait été tué. »

Entre tristesse et colère
Dans les rues de Yolo, les habitants oscillent entre tristesse, colère et incompréhension. Des groupes se forment aux coins des avenues, chacun tentant de reconstituer les dernières minutes de la victime.
Certains parlent d’un « samedi noir », d’autres d’un signe inquiétant qui confirme la montée de la criminalité dans la capitale.
Le drame a rapidement enflammé les réseaux sociaux où commerçants et habitants dénoncent la recrudescence des braquages nocturnes.
Kinshasa face à l’ombre persistante de l’insécurité
Ce meurtre relance une fois de plus le débat sur l’insécurité urbaine à Kinshasa. Entre pickpockets, braqueurs motorisés et gangs urbains communément appelés Kuluna, de nombreux quartiers de la capitale vivent dans une inquiétude permanente.
Malgré certaines opérations sécuritaires lancées par les autorités, la population continue de dénoncer un sentiment d’abandon face à la criminalité.
La mort tragique de Freddy Ekofo, au-delà d’un simple fait divers, apparaît désormais comme un symbole : celui d’une ville où la peur s’invite jusque dans les rues familières, là où l’on pensait être chez soi.
Et dans les ruelles de Yolo-Sud, une question revient comme un refrain amer : qui sera le prochain ?
Barca Horly Fibilulu Mpia
