Politique
RDC – Martin Fayulu appelle à l’application intégrale de la résolution 2773 de l’ONU et exige le retrait total du M23/AFC et des forces rwandaises
Face à l’évolution dramatique de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, l’opposant politique Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé), a intensifié ses critiques contre les processus de paix en cours et les annonces de retrait partiel du groupe armé M23/AFC. Dans un message publié aujourd’hui sur son compte X (ex-Twitter), Fayulu a appelé à une application sans compromis de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en février 2025, et réaffirmé que la souveraineté de la RDC est non négociable.
La résolution 2773, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, condamne fermement les offensives du M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, appelle à l’arrêt des hostilités, et exige le retrait immédiat et sans condition des forces étrangères – y compris des forces rwandaises – du territoire congolais ainsi que le désarmement et le retrait complet du M23 de toutes les zones occupées.
Malgré des annonces récentes selon lesquelles l’AFC/M23 aurait entamé un retrait de la ville d’Uvira à la suite de pressions diplomatiques internationales, notamment de la part des États-Unis, Fayulu estime que ces mouvements restent insuffisants et conditionnels. Il pointe du doigt le caractère partiel et manipulateur de ce retrait, dénoncé également par des organisations de la société civile comme n’étant ni total ni vérifiable sur le terrain.
Dans son message, l’opposant a insisté pour que la nouvelle mission de l’ONU en RDC, dont le mandat doit prochainement être renouvelé, soit explicitement axée sur le rétablissement de la paix et l’application stricte de la résolution 2773. Il appelle à ce que la force internationale garantisse la protection des civils, supervise le retrait des forces étrangères et assure la restauration de l’autorité de l’État congolais dans toutes les zones recouvrées. Martin Fayulu a souligné que tout accord ou processus de paix qui ne respecte pas totalement les prescriptions de l’ONU mettrait en péril l’intégrité territoriale du pays et la sécurité de sa population.
Cette prise de position intervient alors que la crise sécuritaire dans l’est de la RDC connaît une escalade significative, avec des avancées territoriales du M23/AFC dans plusieurs villes clés et un bilan humanitaire alarmant. L’occupation d’Uvira par les rebelles avait déjà provoqué des déplacements massifs de civils, avec des milliers de personnes fuyant vers les zones plus sûres et vers les pays voisins, accentuant ainsi la pression sur les autorités nationales et la communauté internationale pour trouver une solution durable.
En conclusion, Martin Fayulu réaffirme que la paix en RDC passe par l’application intégrale des résolutions internationales, le retrait sans condition des groupes armés extérieurs et la sauvegarde de la souveraineté nationale. Selon lui, la mise en œuvre rigoureuse de la résolution 2773 est la seule voie crédible vers une paix effective et durable.
Barca Horly Fibilulu Mpia
Actualité
Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
