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RDC : les « solutions durables aux situations de déplacement » au coeur d’une Conférence internationale à Kinshasa
A partir de ce mardi 22 octobre 2019, des experts, victimes et témoins se réunissent à Kinshasa pour débattre sur les solutions durables aux situations de déplacement, qui affecte à la fois les personnes déplacées, les réfugiés et les personnes à risque d’apatridie.
Au 31 décembre 2017, 4.5 millions de citoyens congolais avaient fui leurs maisons et villages, et vivaient dans des conditions précaires dans le reste de la RDC, d’après les Nations Unies. Il y a aussi plus d’un demi-million de réfugiés, en provenance de pays voisins, qui ont trouvé refuge en RDC – 540,000 pour être exact. Enfin, près de 860,000 réfugiés congolais ont eux-mêmes trouvé l’asile dans des pays voisins, et beaucoup attendent de pouvoir rentrer chez eux en RDC. Le déplacement est donc un sujet central de la société congolaise.

« L’objectif est d’explorer les solutions que les autorités congolaises, les humanitaires et acteurs de développement, ainsi que la société civile, peuvent mettre en œuvre pour accueillir dignement et protéger les personnes forcées de se déplacer à l’intérieur de la RDC », explique Claudine Mushobekwa, conseillère juridique régionale du CICR.
« Au cours de ces cinq dernières années, le monde a connu une augmentation sans précédent du nombre de personnes déracinées par les conflits et des conditions de vie désastreuses, » dit Fafa Attidzah, Représentant Adjoint du HCR en RDC. « La RDC est un pays particulièrement affecté, et des solutions viables doivent être trouvées. »

« Peu de progrès ont été accomplis jusqu’ici concernant la recherche de solutions durables aux problèmes de déplacement, » ajoute Olivier Beer, Représentant Adjoint à la Protection du HCR en RDC. « Il est grand temps d’étudier les causes profondes des conflits en RDC, plutôt que de recourir systématiquement à des réponses qui maintiennent les déplacés internes dans une situation aussi vulnérable et dépendante de l’aide aujourd’hui qu’ils l’étaient il y a dix ans. »
Cette conférence internationale est organisée conjointement par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), et comptera une intervention vidéo spéciale de Cecilia Jimenez-Damary, Rapporteuse Spéciale sur les personnes déplacées dans leur propre pays.

L’année 2019 marque le 10ème anniversaire de la Convention de l’Union Africaine pour la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes en Afrique, dite Convention de Kampala. De plus, 2019 marque le 50ème anniversaire de la Convention de l’Union Africaine de 1969 pour les réfugiés en Afrique. Ces instruments représentent un pas important dans la réaffirmation des droits des personnes déplacées et des réfugiés en Afrique. Ils détaillent les obligations des Etats, des groupes armés non étatiques, ainsi que des organisations internationales en matière de prévention, de protection et d’assistance des personnes en situation de déplacement ou d’apatridie. Autant d’éléments que cette conférence cherche à réitérer sous forme de débats et discussions en cette année 2019, que l’Union Africaine a également désignée comme année des réfugiés.
Cet événement, qui durera trois jours, a reçu l’appui du ministère congolais de l’intérieur et de la sécurité à travers la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR) et de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Meurtre du policier “Me Bic Rouge” : Le ministère public requiert la peine de mort contre le militaire Kaseba Katembwe
L’audience publique dans l’affaire du meurtre du policier Mumposa Ngetadidi Joslain, alias « Me Bic Rouge », s’est poursuivie ce vendredi 13 mars 2026. Le principal prévenu, Kaseba Katembwe, militaire de la Garde républicaine, continue de rejeter toute responsabilité dans ce drame.
À la barre, le prévenu a de nouveau déclaré ne jamais avoir connu la victime de son vivant. Il affirme également ne s’être jamais rendu à l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise et nie catégoriquement toute implication dans la mort du policier.

Le ministère public évoque des témoignages accablants
De son côté, le ministère public soutient que les éléments de l’enquête contredisent la version du militaire. Selon les renseignements recueillis, un témoin cité dans le dossier, Manituka, affirme que Kaseba Katembwe et Itani Félicien se trouvaient bel et bien au poste de police Révolution au moment des faits.
Toujours selon l’accusation, les deux hommes auraient ouvert le feu sur le policier Ngetadidi Joslain, qui a succombé à ses blessures. Le corps de la victime se trouve toujours à la morgue en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au samedi 14 février 2026, une date qui reste gravée comme un jour de deuil pour la famille de la victime.
Policier en service, Mumposa Ngetadidi Joslain, surnommé Me Bic Rouge, a été mortellement atteint par balle lors d’une intervention qui semblait pourtant ordinaire.
D’après les témoignages recueillis par la famille, le policier aurait été abattu par un militaire de la Garde républicaine.
Une tentative d’extraction forcée au cœur de l’affaire

Selon les premières reconstitutions des faits, tout serait parti de l’arrestation d’un jeune homme présenté comme Kuluna, soupçonné du vol d’une moto. Peu après son interpellation, son frère ( un militaire) se serait présenté au poste de police accompagné d’autres soldats armés afin d’exiger sa libération.
La situation aurait rapidement dégénéré en vive altercation entre les militaires et le policier Mumposa Ngetadidi Joslain, qui était alors en service au poste de police Révolution.
C’est au cours de cette dispute que l’un des militaires aurait fait usage de son arme, tirant à bout portant sur le policier, qui s’est effondré grièvement blessé.
La peine capitale requise, verdict attendu
Au regard de la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de mort contre Kaseba Katembwe, ainsi que contre les membres présumés de son groupe, notamment Manituka Ditumene et Tambwe Kasongo.
L’audience ayant été renvoyée, le tribunal devra poursuivre l’examen du dossier afin d’établir les responsabilités dans ce drame qui a profondément choqué l’opinion à Kinshasa. La famille de la victime, quant à elle, continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du policier Me Bic Rouge.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
