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RDC: les Kwangolais félicitent F. Tshisekedi et s’opposent à toutes velléités tribales ( message officiel)
La République Démocratique du Congo est engagée dans une dynamique de renouvellement de ses institutions à la suite du processus électoral en cours et qui a porté au sommet de l’Etat Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et aux assemblées provinciale et nationale, certains dignes fils du Kwango élus députés provinciaux ou nationaux.
En sa qualité de Société Civile indépendante et incolore, oeuvrant pour la bonne gouvernance et le développement du Kwango, ZIBULA MESO ASBL, saisit cette occasion pour présenter ses félicitations et exprimer son soutien :
– Au nouveau Président de la République Démocratique du Congo, Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO ;
– Aux députés nationaux et provinciaux élus du Kwango.
Tout en vous souhaitant un heureux et fructueux mandat, ZIBULA MESO ASBL se fait le devoir de vous rappeler l’impérieuse et urgente nécessité de travailler pour l’intérêt du peuple et de relever les défis auxquels se trouve confrontée notre nation.
– Monsieur le Président de la République,
La province du Kwango n’a pas de route pour relier ses cinq territoires (Popokabaka, Kasongo-Lunda, Kahemba, Feshi et Kenge), désenclaver ses populations, développer son activité agropastorale et combattre la malnutrition et la pauvreté.
C’est pourquoi nous vous convions de travailler sans relâche et en priorité pour doter le Kwango d’une route moderne afin de mériter la confiance et le soutien des Kwangolais de partout.
– Honorables élus du Kwango ;
Vous avez été élus par les Kwangolais pour le Kwango et la nation congolaise.
Vous êtes donc députés provinciaux et nationaux à part entière et non des sous-hommes ou encore de moins élus pour être à la traine des autres et recevoir les dictées de chefs de partis ou de vos mentors même quand elles sont aux antipodes des intérêts de vos électeurs.
Notre province vit dans l’oubli, sa population dans une misère indescriptible à cause de l’enclavement et du mutisme de ses leaders.
C’est pourquoi ZIBULA MESO ASBL vous invite à sortir de la vielle casserole politique qui n’a servi que des individus et leurs intérêts partisans, afin de redonner une nouvelle espérance au Peuple.
Au nom de la Société civile apolitique et incolore du Kwango et de toutes les forces vives qui partagent sa vision et son combat, ZIBULA MESO ASBL vous convie, Honorables Députés, à décliner toute tentation visant à sacrifier l’intérêt du peuple sur l’autel de vos intérêts partisans.
En outre, il est évident que sans la bonne gouvernance, ni le gouvernement provincial et national, ni le parlement provincial et national ne sauraient gagner le pari du développement.
ZIBULA MESO ASBL en appelle à votre sens élevé de dignité pour ne pas vous compromettre dans les actes de corruption à l’aube de l’élection des gouverneurs et des sénateurs.
Ce serait faire le lit de l’échec de votre mandat en portant le choix sur des candidats qui ne sauraient répondre aux attentes du Peuple et que vous ne sauraient sanctionner.
Nous vous encourageons de privilégier la compétence et bonne moralité dans le choix du futur Gouverneur afin de donner la chance de décollage à notre chère province.
ZIBULA MESO ASBL vous promet tout son soutien tant que vous militerez pour la promotion de la bonne gouvernance et l’intérêt supérieur de notre province et du pays.
Par cette même occasion, ZIBULA MESO ASBL qui regroupe en son sein tous les Kwangolais et tout citoyen ayant choisi le Kwango comme sa terre d’habitation et d’affaires, déplore et fustige la campagne de manipulation et d’intoxication dont le but est d’opposer quelques tribus de la RDC.
En effet, dans les réseaux sociaux foisonnent des messages vilipendant et stigmatisant le peuple Yaka sur fonds d’incitation à la haine tribale.
Nous, qui faisons partie de ce grand peuple du Kwango, sommes indignés de ce comportement injuste et de bas étage à l’égard du peuple Yaka bien connu pour son hospitalité, sa sociabilité, son humilité , sa serviabilité et son esprit d’ouverture au monde.
On en veut pour preuve, le Kwango, habitation naturelle de peuple Yaka, est aujourd’hui adoptée par des milliers de frères d’autres tribus et étrangers soit comme leur terre de résidence soit comme leur terre d’affaires.
Aussi, faut-il rappeler que le Yaka, par son humilité et son esprit ouverture, s’est fait serviteur de tout le monde à Kinshasa, croyant en la force qui réside dans le servir et non se servir.
Le peuple Yaka n’ignore rien de son histoire qui le lie à d’autres communautés de la RDC.
Nombreux sont les yakas qui militent et font des rois dans presque toutes les structures politiques du pays et sans discrimination tribale ou éthique.
Personne ne peut donc leur coller l’identité d’un peuple tribaliste et xénophobe .
Nous nous dénonçons avec la dernière énergie cette manipulation, oeuvre des politiciens véreux, qui cherchent à enflammer nos communautés qui vivent depuis des siècles paisiblement pour des agendas obscurs.
Prenant l’opinion nationale et internationale à témoin, ZIBULA MESO ASBL invite les acteurs politiques de mener une politique loyale et républicaine dans l’unité nationale et la diversité culturelle.
Que Dieu bénisse le Congo, son peuple et ses élus.
Nous vous remercions!
Fait à Kinshasa, le 8 fevrier 2019.
Pour ZIBULA MESO ASBL
Martinez NGYALUKA, Président du Conseil d’Administration
Philippe KUSUKAMA, Coordonnateur National
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La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
