Liberté de la Presse
RDC : Le journaliste Edmond Izuba menacé pour avoir révélé des scandales au sein de l’ARSP
Dans un contexte de tensions croissantes autour de la liberté de la presse, le journaliste Edmond Izuba est ciblé par une campagne de diffamation après avoir révélé des scandales financiers présumés au sein de l’ARSP (Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le secteur Privé). Accusé de désinformation, il a été convoqué par l’Agence nationale des Renseignements, où il a présenté des preuves substantielles. Cette situation a conduit à l’audition du directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal, impliqué dans ces accusations.
Membre du réseau SafeBox, qui protège les journalistes menacés, Izuba se joint à 188 autres reporters dans le monde entier qui font face à des intimidations similaires. Le réseau a pris des mesures pour partager ses documents avec FbdnStories, renforçant ainsi la sécurité des informations et la continuité de l’enquête. Cette solidarité internationale souligne l’importance de protéger les journalistes qui s’engagent à dénoncer des abus de pouvoir.
Le communiqué de Forbidden Stories met en avant les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans des environnements où la transparence est souvent compromise. La situation d’Edmond Izuba illustre la nécessité d’une vigilance accrue et d’un soutien collectif pour garantir la liberté d’expression. Alors que les pressions sur les journalistes augmentent, il est crucial que la communauté internationale se mobilise pour défendre leurs droits et assurer un espace où la vérité peut être révélée sans crainte de représailles.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
