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Médias : Émile Yimbu, « l’éveilleur du Kwango », célèbre ses 20 ans d’engagement journalistique
Le journaliste Émile Yimbu, correspondant de CONGOPROFOND.NET à Kenge (province du Kwango), célèbrera en mai vingt ans de carrière au service de l’information. Deux décennies marquées par une vocation passionnée, entre espoirs déçus et victoires silencieuses. Un anniversaire qu’il place sous le signe de l’abnégation.

Depuis son enfance, Émile Yimbu caresse le rêve d’informer. Grandissant dans un village isolé, il découvre le monde à travers quelques pages de magazines ou les voix lointaines des radios comme Africa Numéro 1, Radio Congo ou Radio Zaïre. Dès la troisième primaire, il impressionne par sa maîtrise des mots et sa facilité à lire à haute voix. À l’école, il devient l’élève modèle en lecture et en rédaction.
Son talent éclate au grand jour lors de ses études secondaires au Collège Saint Jean-Bosco de Kenge, notamment par un devoir sur la guerre de libération de 1997, salué par ses enseignants. Installé à Kinshasa la même année, il commence à consigner des manuscrits de ses souvenirs, affirmant son goût pour l’écriture.
Formé au CEFOJI, Émile Yimbu signe en mai 2005 son premier article dans Le Moniteur, consacré aux enfants de la rue de Kinshasa. Cet article, fruit d’une enquête risquée au Port Strabac, attire l’attention des autorités et révèle son talent au grand public.

Dès lors, Émile est envoyé sur le terrain et croise la route de figures emblématiques du journalisme telles que Teme-Teme, Tshieke Bukasa, et Daniel Nsafu. Il découvre aussi les réalités difficiles de la presse écrite, souvent délaissée par la jeunesse séduite par la radio et la télévision.
Pour diversifier son expérience, il rejoint Canal 5 Télévision, puis BRT Africa, Actu30 et Horeb Télé Sat. En 2018, il intègre CONGOPROFOND.NET, où il devient une voix essentielle du Kwango.
Attaché à sa terre natale ignorée des médias, Émile milite pour rendre visible le Kwango. Il crée Minzoto pour la paroisse Saint Barthélémy de Mapela, L’Agora du Cepromad pour l’Université du Cepromad, et tente même de lancer une école de journalisme, projet avorté faute de moyens.

Parallèlement, dès 2012, il transforme son compte Facebook en véritable plateforme d’information pour le Kwango, consultée par toute la communauté.
Cependant, son engagement dérange. En dénonçant des cas d’insécurité à Bukanga-Lonzo ou en relayant des revendications sociales, Émile subit plusieurs arrestations arbitraires, dont deux particulièrement marquantes en 2018 et 2020. À chaque épreuve, il ressort renforcé, jusqu’à recevoir le surnom de « Mandela du Kwango ».
Formateur au CEFOJI/Luozi, préfacier de l’ouvrage Enfant de la Loudi de Meran Mangungu, Émile Yimbu reste animé par son rêve d’écrire pour des médias internationaux comme Jeune Afrique ou RFI.
« Je déteste la platitude, dit-il. Un bon article n’est pas fait pour caresser… » Une conviction qui, depuis vingt ans, guide inlassablement sa plume.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
