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RDC : le FPI triplement victime des fake news

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Au moment où l’univers politico-judiciaire congolais est dominé par une vague d’interpellations de plusieurs acteurs impliqués dans le dossier « Travaux de 100 jours du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi », le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) est plutôt victime des rumeurs les plus farfelues liées à cette saga.

En effet, les réseaux sociaux imputent à cet établissement public, entre autres, d’avoir gratifié l’épouse de Vital Kamerhe, Hamida Shatur, d’un prêt de 3 millions USD, alors que lui-même le directeur de cabinet du Chef de l’Etat aurait perçu un montant de 10 millions USD. Quant au directeur provincial du FPI/Nord-Kivu, la toile affirme qu’il aurait été incarcéré dans le cadre d’un marché obscur de 100 jours.

Pour bon nombre d’observateurs, ces faux bruits répandus allègrement n’ont d’autres raisons que de discréditer l’ancien ministre délégué aux Finances, Patrick Kitebi, et le FPI.

Au sujet de 10 millions de dollars remis à Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Chef de l’État, cette nouvelle s’avère, d’après nos investigations, un montage essentiellement balancé et relayé dans des groupes whatsapp et sur Facebook, attribué à la Trésorerie du FPI mais qu’aucun média crédible n’a traité et, encore moins, confirmé. Au demeurant, des cadres du FPI se demandent « pour quelle raison ou quel projet public Kitebi offrirait une telle somme à Kamerhe » et font part « d’un bel exemple de désinformation ».

Au sujet d’un cadeau de 3 millions de dollars fait à Mme Kamerhe et sa sœur par le DG du FPI, il s’agit là encore d’une invention digne des spéculations répandues dans les réseaux sociaux. Comme la première rumeur n’a intéressé aucune source sérieuse ni média crédible.

Après vérification, « un tel don injustifié ne figure dans les livres du FPI et ne saurait être une quelconque œuvre du Fonds », y souligne-t-on.

Enfin, le troisième fake news concerne l’incarcération du directeur provincial du FPI/Nord-Kivu, le lundi 13 avril, dans le cadre d’un financement des travaux de 100 jours du Président de la République. Encore une infox !

À Goma, la Justice a bel et bien invité le responsable provincial du Fonds dans le Nord-Kivu. Non pas pour le placer en détention comme prétendu dans les réseaux sociaux parce qu’il est reparti libre après quelques instants d’entretien. Mais pour obtenir de lui d’amples détails sur la subvention que le FPI a accordée à Acogenoki, une association des éleveurs opérant à Sake, pour l’acquisition et l’implantation d’une unité modulaire de transformation de lait et le financement des besoins en fonds de roulement.

Acogenoki compte un cheptel de 140.000 vaches. Le FPI participe au Programme de 100 jours comme bailleur.

Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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