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RDC : La relance de Mwant-Jet freinée par une décision controversée du parquet
Encore un nouvel épisode dans le feuilleton judiciaire qui entoure la compagnie aérienne Mwant-Jet. Dans une réquisition datée du 3 septembre dernier, le Procureur Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete a ordonné à l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC) d’immobiliser l’avion EMBRAER ERJ-145, immatriculé 9S-YE, actuellement basé à Bunia. Une décision qui surprend d’autant plus que l’appareil est exploité depuis la reprise officielle des vols commerciaux de la compagnie, le 16 août dernier.

La démarche du parquet repose sur une dénonciation introduite par Gueda Yav Wicht, associée de Mwant-Jet Sarl. Elle affirme que l’aéronef avait été saisi et remis en service de façon frauduleuse. À ses yeux, la démission de l’Administrateur provisoire de la société aurait dû entraîner l’arrêt immédiat des activités de la compagnie, en attendant la désignation d’un nouveau gérant.

Cependant, cette position est contestée par l’autre associé, Michaël Yav, qui assure avoir travaillé en collaboration avec l’AAC sur un plan de relance validé par les autorités. Selon lui, l’avion n’a jamais été saisi et les accusations de Gueda Yav ne reposent sur aucune base légale. Ses avocats rappellent d’ailleurs qu’un dossier similaire ouvert sous RMP 18620/PG 023.b/KKM avait déjà conduit à des poursuites contre plusieurs responsables, dont le Directeur Général de l’AAC et celui de la RVA. Ces poursuites avaient été classées sans suite pour absence d’infraction avérée.

De plus, les sources judiciaires indiquent que le dossier RI 2659/PG023.b, évoqué dans la réquisition actuelle, n’a aucun lien avec Mwant-Jet. Il opposait le Ministère public à un certain Liongo Bafola José, affaire clôturée dès juillet 2020. À cette époque, Mwant-Jet n’avait que deux ans d’existence.

En réalité, un seul dossier encore en instruction pourrait concerner la compagnie : le RI 8659/PG023.b. Dans cette affaire, Gueda Yav accuse le Guichet Unique de Création d’Entreprises et certains de ses agents d’« abstention coupable » pour avoir refusé d’enregistrer le procès-verbal d’une assemblée générale tenue dans des conditions jugées irrégulières à l’aéroport de N’djili. Mais même ce dossier, en contestation devant le Tribunal de commerce, ne saurait légalement justifier l’immobilisation d’un aéronef.

Dès lors, cette réquisition soulève de nombreuses interrogations : excès de zèle judiciaire ? Tentative d’ingérence dans la relance d’une compagnie privée ? Ou simple confusion de dossiers ? Une chose est certaine : à la lumière des faits, rien ne semble justifier l’immobilisation de l’avion de Mwant-Jet, ni les pressions exercées sur l’AAC pour bloquer ses activités.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
À la Une
HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
